Lettre ouverte à Fatihou Azali : La cuisine est fermée. endant des années, ton père nous a servi un menu composé d'autoritarisme, de promesses non ten
Lettre ouverte à Fatihou Azali : La cuisine est fermée
Fatihou,
Il est temps que les choses soient dites, d'homme à homme, de citoyen à prétendant. Dans les couloirs du palais, certains s'imaginent sans doute que le pouvoir est une recette qui se transmet de père en fils, comme un secret de famille. Mais il y a une réalité que tu sembles ignorer : nous avons fait une indigestion.
Pendant des années, ton père nous a servi un menu composé d'autoritarisme, de promesses non tenues et d'une gestion qui a laissé un goût amer à toute une nation. Ce repas, nous l'avons subi. Nous l'avons avalé par la force des choses, mais ne fais pas l'erreur de croire que nous avons encore de l'appétit.
Le réchauffé ne passera pas
Si tu penses pouvoir revenir à la table avec les mêmes ingrédients, sous un nouveau dressage plus "moderne" ou plus "jeune", tu te trompes lourdement.
Le népotisme n'est pas une politique de développement.
Le nom de famille n'est pas un diplôme de compétence.
L'héritage politique n'est pas un droit acquis.
On ne veut pas de ton "réchauffé".
Le peuple comorien n'est pas ton client, et le pays n'est pas l'auberge de ton père. Nous aspirons à une nouvelle carte, à de nouveaux visages et surtout, à une cuisine qui ne soit pas empoisonnée par les erreurs du passé.
Comprends bien ceci : le temps où l'on nous servait des plats dégueulasses en nous demandant de dire "merci" est révolu. Prépare-toi à l'idée que la succession que tu espères n'est qu'un mirage. Et le jour où tu voudras être candidat saches que je serais ton pire opposant.
Ali Wadaane

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