Le Crépuscule des idoles aux Comores : Entre fief insulaire et trahison géopolitique. Depuis trop longtemps, le Mouftorat a cessé d’être le cœur batta
Le Crépuscule des idoles aux Comores : Entre fief insulaire et trahison géopolitique
Il est des silences qui deviennent des complicités et des paroles qui signent des déchéances. Lorsqu’une institution, censée être le phare de la sagesse et le gardien de l’unité spirituelle de notre archipel, se transforme en un tribunal de l’exclusion, ce n’est plus de religion qu’il s’agit, mais de politique de bas étage et d’hégémonie de clocher.
Aujourd'hui, ce Muftorat, corrompu jusqu’à la moelle épinière, ose jeter l'anathème sur nos frères Chiites. Mais de quoi ce bannissement est-il le nom ? Ce n’est pas l’expression d’une piété retrouvée, c’est l’acte de soumission d’un clerc aux ordres. En déclarant "non-musulmans" ceux qui, en Iran et ailleurs, font face avec une dignité héroïque à l'agression systématique non provoquée de la coalition américano-sioniste, ce Mufti choisit son camp : celui des puissances qui ont transformé les terres arabes du Golfe en bases de lancement pour leurs bombes.
Depuis trop longtemps, le Mouftorat a cessé d’être le cœur battant de l’érudition comorienne pour devenir une propriété privée, une médiocre rente de situation géographique. En confisquant ce titre comme un vestige de l'ère coloniale au profit exclusif d'un clan insulaire, on a sacrifié le génie de notre peuple sur l’autel d’un chauvinisme rance.
Mais voyez où mène cet aveuglement : à force de vouloir verrouiller le trône par pur ethnocentrisme, vous avez fini par y installer l’inculture. Voilà le naufrage de votre hégémonie : avoir préféré le privilège du sang à la noblesse de l'esprit. Préférer un ignorant issu de vos rangs à un savant venu d’Anjouan, de Mohéli ou de Mayotte est un suicide intellectuel.
En bâillonnant les lumières de nos autres îles pour ne laisser place qu’à une parole monochrome et stérile, vous avez transformé une magistrature morale en un bureau de propagande incapable de dialoguer avec la complexité du siècle. Votre suprémacisme est devenu votre propre prison : à force de mépriser les érudits de l'archipel, vous avez réduit le Mouftorat à l'état de coquille vide, où l'on ne compense l'absence de savoir que par l'arrogance de l'exclusion.
Une interrogation brutale s’impose alors : qui est le véritable musulman ?
Est-ce celui qui se dresse, seul sous un déluge de feu, contre les bombes sionistes et les réseaux d'influence de ces lobbies dont l'ignominie n'a d'égale que celle d'un Jeffrey Epstein ?
Ou est-ce ce fonctionnaire du culte, confortablement installé dans son hégémonie insulaire, qui valide par ses fatwas les agendas de ceux qui humilient l'Islam chaque jour ?
L’heure n’est plus aux demi-mesures. Nous ne pouvons plus tolérer que la foi de nos pères soit instrumentalisée pour huiler les rouages d'une domination insulaire moribonde ou pour complaire à des maîtres lointains. Ce "Muftorat de clan" est une anomalie historique qu'il faut déconstruire.
Je refuse de voir ce pays sombrer dans l'obscurantisme d'une pensée unique dictée par des intérêts de clocher et des allégeances étrangères.
La grandeur des Comores réside dans la pluralité de ses îles et la force de ses convictions, pas dans la servilité. Car au final, celui qui exclut son frère résistant pour plaire au tyran n'est pas un défenseur du dogme ; il est le fossoyeur de la nation et un déserteur du champ d'honneur de la foi.
La Confédération ou l'Extinction : Pour que le mérite d'Anjouan, de Mohéli et de Mayotte ne soit plus jamais l'otage d'un monopole insulaire !
Seul le système Confédéral garantit l'équité : pour un archipel où la souveraineté de chaque île est le rempart ultime contre l'ethno-suprémacisme et l'imposture religieuse !
Anli Yachourtu JAFFAR
23 mars 2026


COMMENTAIRES