Hommage à Chamsouddine Ahmed, Président de l’Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat des Comores (UCCIA). Titulaire d’une maîtrise.
HOMMAGE À Chamsouddine Ahmed, Président de l’Union des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Artisanat des Comores (UCCIA)
Par AHMED ALI AMIR
Entrepreneur aguerri et dirigeant respecté, il a contribué à faire de l’UCCIA une institution crédible, structurée et tournée vers l’avenir.
Son parcours, de la reprise d’activités familiales à la modernisation d’entreprises organisées, témoigne d’un esprit d’initiative affirmé et d’une capacité constante à transformer les contraintes en opportunités.
Titulaire d’une maîtrise en économie obtenue à l’Institut National de la Planification et de la Statistique en Algérie, il dispose d’une solide formation analytique et d’une compréhension fine des dynamiques économiques. Ces compétences nourrissent aujourd’hui son action à la tête de la Chambre de commerce des Comores.
C’est toutefois dans son rôle consulaire que sa dimension nationale s’est pleinement révélée.
Faut il rappeler que la fin du monopole du riz, après plus de dix années d’inertie, est le fruit d’échanges décisifs que Chamsoudine a eu avec le Président de la République. Ces discussions ont permis d’initier un processus de libéralisation courageuse, mettant un terme à une situation de monopole qui entravait la concurrence et pesait sur le pouvoir d’achat.
À plusieurs reprises, Chamou (pour les intimes) a accompagné le Président de l’Union des Comores lors de déplacements officiels à l’étranger. Non pas en simple observateur, mais en acteur économique engagé. Pendant que la diplomatie politique ouvrait des perspectives institutionnelles, il consolidait des réseaux d’affaires.
Pendant que les accords se négociaient, il promouvait les entrepreneurs comoriens.
Il a rencontré investisseurs, chambres consulaires partenaires, opérateurs régionaux et institutions financières afin de défendre les intérêts du secteur privé comorien, attirer des partenariats structurants et encourager les échanges régionaux dans l’océan Indien.
Je l’ai vu en Égypte défendre avec conviction le dossier Galawa, avec une connaissance précise de la complexité de cet hôtel emblématique et des enjeux économiques majeurs qu’il a engendrés pour la région de Mitsamiouli et au-delà. Il en parlait avec maîtrise, lucidité et responsabilité, allant jusqu’à proposer de reprendre le dossier pour lui redonner une dynamique, convaincu que ce projet dépasse le simple cadre hôtelier et touche à l’image, à l’emploi et à l’attractivité nationale. Sa démarche, bien que restée sans suite, témoignait d’un engagement sincère au service de l’économie comorienne.
Son objectif est clair : positionner les Comores comme une terre d’opportunités.
Ceux qui le côtoient décrivent un homme respectueux dans le débat, ferme dans ses convictions, mesuré dans ses propos et déterminé dans l’action. Son style n’est ni conflictuel ni spectaculaire. Il privilégie la méthode, le dialogue et la concertation.
Dans un contexte économique exigeant, il a soutenu la structuration des PME, le renforcement du dialogue public-privé, la modernisation des chambres consulaires et l’intégration économique régionale. Il défend l’idée que le développement ne se décrète pas : il se construit avec les entrepreneurs.
À Anjouan, lorsque les négociations autour de la signature du Dialogue public-privé semblaient sur le point d’échouer, il s’est personnellement investi pour rapprocher les positions, restaurer la confiance entre les parties et dégager les compromis nécessaires. Par son sens de la médiation et sa détermination, il a contribué à transformer une impasse annoncée en accord constructif, démontrant que le leadership économique repose avant tout sur l’écoute et la capacité à fédérer.
À travers les réseaux consulaires régionaux, notamment Cap Business Océan Indien, il œuvre à l’insertion des Comores dans une dynamique économique régionale plus ambitieuse. Il sait que l’avenir d’un petit État insulaire repose sur la mobilité des compétences, la confiance entre partenaires et la capacité à créer des synergies durables.
Dans cette perspective, Moroni accueillera en avril 2026 la 15ᵉ édition du Forum économique des îles de l’océan Indien (FEIOI), placée sous le thème :
« Renforcer les synergies régionales ».
Coorganisé par Cap Business Océan Indien, l’UCCIA et la Nouvelle OPACO, avec l’appui de partenaires régionaux et internationaux, dont l’AFD, ce forum ambitionne de renforcer la coopération économique inter-insulaire et de favoriser l’émergence de projets structurants.
À travers cet hommage, je salue un dirigeant clairvoyant, un entrepreneur déterminé et un président consulaire engagé.
Chamsouddine Ahmed incarne une génération de responsables pour qui le développement n’est pas un slogan, mais une mission.
Il a compris de bonne heure que la prospérité d’un pays repose sur la vitalité de son secteur privé, et il a choisi d’y consacrer toute son énergie.
3A

COMMENTAIRES