Hommage au Professeur Ahamada...

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Hommage au Professeur Ahamada...à sa femme Nadjatte pour son courage Indomptable et leur petit garçon, son frère Ali, sa mère et toute la famille, le.

Hommage au Professeur Ahamada, à sa femme Nadjatte pour son courage Indomptable et leur petit garçon, son frère Ali, sa mère et toute la famille, le village de Bibavu


Hommage au Professeur Ahamada...

La mort de Ahamada Mohamed, ce matin du 15 fév dans un hôpital parisien a secoué la communauté en France et rendu douloureux le réveil de de sa famille, de ses élèves, ses nombreux amis et tout le village de Bibavu auquel toute sa vie il est resté attaché. Pour tous ceux qui le connaissaient, cet homme forçait l'admiration. Simple, courtois, déterminé, il incarnait le rêve de toute une génération. Acquérir des diplômes, être autonome et fonder une famille, assurer la transmission. Après plusieurs années en France, je redécouvre les Comores en 82. Le pays vit un immense retard.

En 84, revenu d'Anjouan, je retrouve avec frissons le lycée de Moroni, la maison commune où j'ai vécu sept ans d'internat. Dans ce lieu mythique , j'ai passé les meilleurs moments de ma jeunesse. Endroit unique dans le pays, le petit gamin du sud que j'étais, j'ai commencé à ouvrir les yeux sur le pays et anticipé la diversité du monde. Lieu de convergence, carrefour des générations et occasion unique d'émancipation intellectuelle et sociale. On me donne les classes terminales avec un collègue belge qui était en même temps consul honoraire dans un magnifique immeuble au nord de la capitale.

Au lycée de Moroni, je découvre une incroyable génération avide de connaissances, aimant les idées, la discussion. Parmi eux, il y avait Ahamada. Je m'aperçois très vite que malgré ses origines paysannes, le jeune de Bibavu, calme, très gentil et bosseur était devenu le chouchou des jeunes urbains de sa promotion.

Ahamada décroche son baccalauréat sans difficultés en 86. A Bibavu ce fut l'euphorie, la fierté pour ce 1e bachelier du village et peut être de la région.

Le jeune homme, son bac en poche arrive à Paris. Dans cette belle ville grouillante d'énergie, le jeune homme ambitieux déterminé veut être julien Sorel. A nous deux Paris. Les horizons, le monde du possible s'ouvrent à lui. Mais le jeune étudiant a peu de moyens, ce qui à Paris, ville de l'argent peut mettre fin à tous les rêves et ouvrir cette fois,les portes de l'enfer. Ceux qui auront lu Balzac ou Zola ou vécu un jour sans argent dans une capitale européenne comprennent ce que je suggère ici.

Mais, le jeune comorien ne lâche pas. Il tient bon. Il avance. Il réussit à ses examens, engrange peu à peu les diplômes, licence, masters 1et 2. Il veut tenter le CAPES prestigieux concours de l'éducation nationale. C'est un travail de sisyphe à désarmer les plus acharnés. Il s'engage , multiplie les tentatives. C'est l'admission au concours. Le marathonien arrive au bout. Plutôt au milieu du voyage. Il pense à enchaîner avec le concours de l'agrégation. Cette fois c'est la conquête de l'Himalaya. Le plus prestigieux des diplômes français.

Tout de suite il est recruté à l'éducation nationale comme professeur de géographie. Un métier qui le passionne. Un autre chapitre de cette belle histoire s'ouvre. Il rencontre Nadjatte, une jeune et belle femme comorienne. Il se décide au mariage, les enfants et l'incontournable fête du mariage traditionnel au village. Je peux parler sans hésiter dans ce cas de bonheur si on convient que le bonheur est la réalisation d'un objectif longtemps désiré.

Au fil de sa vie sa femme Nadjatte , d'un courage Indomptable, toujours là, éveillée à ses côtés.
L'inexorable s'est produit dans la nuit du samedi au dimanche 15 février 2026 mettant fin au parcours du rêveur qui a voulu conquérir le monde par son intelligences, sa deuxième patrie. La mort a interrompu la vie de cet homme qui arrivait à sa maturité et voulait nous donner le meilleur de lui même.

Paul Claudel remarque : « De moment à un autre, un homme redresse la tête, renifle, écoute, considère, reconnaît sa position. Il pense, soupire, et, tirant sa montre de sa poche logée contre sa côte, regarde l'heure - où suis je? Et quelle heure est il?. Telle est pour nous la question inépuisable », conclue-t-il (Claudel).

Adieu Ahamada
Ton ami, ton frère Ismaël Ibouroi

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