Sécurité routière aux Comores : Quand la route réclame ses vivants

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Sécurité routière aux Comores : Quand la route réclame ses vivants. Depuis quelques années, nos îles se parent de routes réhabilitées, de rubans d’asp

SÉCURITÉ ROUTIERE AUX COMORES : QUAND LA ROUTE RÉCLAME SES VIVANTS

Sécurité routière aux Comores : Quand la route réclame ses vivants

La nouvelle est tombée comme une lame froide, traversant les foyers et les villages du Nyumakélé. Un minibus, lancé dans une pente familière, aurait perdu ses freins avant d’être englouti par une falaise abruptement silencieuse. Onze vies, arrachées en un souffle. Plusieurs autres, brisées et suspendues à un fil.

En ces heures où les mots peinent à contenir la douleur, j’adresse aux familles éprouvées, à leurs proches, et à tout notre peuple meurtri, mes condoléances les plus profondes. Que la paix accompagne les disparus, et que la force soutienne les survivants. Mais ce drame, comme tant d’autres, ne se dissout pas dans les larmes. Il nous parle. Il nous interpelle toutes et tous. Il nous oblige.

Des routes neuves, et pourtant...


Depuis quelques années, nos îles se parent de routes réhabilitées, de rubans d’asphalte lisses qui, traversant les collines et les plaines, donnent enfin à voir le visage d’un pays en mouvement. Mais voilà : ces voies neuves séduisent. Elles invitent trop souvent à appuyer sur l’accélérateur, à confondre modernité, connaissance, expérience et vitesse, confort et imprudence. Le progrès devient paradoxalement un piège lorsqu’il n’est pas accompagné d’une conscience plus vive, d’une prudence renouvelée.
La vitesse, grisée par la fluidité de l’asphalte, devient un animal indompté.

La route, est un miroir de nos comportements


Nous le savons tous que la sécurité routière ne réside pas seulement dans l’état des chemins, mais dans la sagesse de ceux qui les empruntent. Certains chauffeurs — souvent les plus jeunes — se laissent gagner par une fougue qui fait trembler les passagers avec leur manque de politesse, d’écoute, refus des conseils, défi du danger comme un jeu auquel la vie sert de mise.
Pourtant, le klaxon, tout coup d'accélération est une promesse que l’on fait ou que l’on trahit. La route ne pardonne ni l’arrogance, ni l’insouciance.

L’État, la police, la gendarmerie, ces gardiens attendus de nos chemins

Nos forces de l’ordre, notre administration, nos institutions ont elles aussi un rôle crucial, presque sacré. Il ne s’agit plus seulement de vérifier des assurances ou de mener des opérations ponctuelles, mais d’adopter une politique exigeante, humaine, ferme, par exemple pour :

  • - contrôler la vitesse avec régularité ;
  • - veiller aux zones dangereuses, qu’elles soient en pleine ville ou dans les campagnes ;
  • - installer des panneaux, des signaux, des avertissements ;
  • - sanctionner les comportements à risque avec la rigueur qu’impose la protection de la vie humaine. Les routes comoriennes doivent cesser d’être des lieux abandonnés à la chance.

Les véhicules sont ces compagnons qu’il faut surveiller


Un bus mal entretenu, un taxi ou véhicule aux freins fatigués, un minibus qui descend une pente sans certitude mécanique — tout cela tient du drame annoncé. C’est pourquoi l’absence de véritables centres de contrôle technique, fiables, sérieux, impartiaux, est l’un des maillons les plus fragiles de notre chaîne de sécurité dans le pays. Un pays qui contrôle ses véhicules est un pays qui protège ses habitants, synonyme de grandeur en matière de politique de sécurité publique.

Ouvrir des voies nouvelles


L’État ne peut tout assumer seul. Mais il peut ouvrir la voie. Encourager les initiatives privées, soutenir les métiers de la mécanique, former des jeunes qui auront entre leurs mains la santé technique des véhicules qui sillonnent nos routes. Créer des centres de contrôle technique, des ateliers, des espaces d’apprentissage, c’est non seulement bâtir une sécurité durable, mais aussi ouvrir des emplois, offrir des vocations, permettre à une jeunesse de devenir gardienne de vies.

Que le Nymakélé ne soit pas un écho de trop


Le drame de Ndzuani, au-delà qu'il soit une tragédie, il est un rappel. C'est une injonction presque poétique, bien que douloureuse. Cette poésie nous dicte des mots, des phrases : la route n’est pas une évidence, elle est un pacte. Un pacte entre l’État et les citoyens, entre les conducteurs et leurs passagers, entre le progrès et la prudence.

Que la mémoire des victimes puisse, à défaut de nous consoler, nous éclairer.
Que leurs noms résonnent en nous comme un appel à la responsabilité.
Et qu’aucune falaise, aucune pente, aucune route réhabilitée ne devienne le théâtre d’un nouveau rendez-vous manqué entre la vie et la vigilance.

Abdoulatuf Bacar

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