Comores - l’Archipel de la dignité : Contre le Centralisme des marchands de patrie…

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  Comores : l ’Archipel de la  d ignité : Contre le Centralisme des  m archands de  p atrie…   On m’accuse, par une rhétorique de l’effroi e...

 Comores : l’Archipel de la dignité :

Contre le Centralisme des marchands de patrie…

 


On m’accuse, par une rhétorique de l’effroi et une sémantique de la suspicion, de vouloir fragmenter l’unité de notre archipel. On jette le voile de l’infamie sur ma pensée en la nommant « division » ou « 
séparatisme », alors que mon dessein est de la cimenter sur le roc inébranlable de la justice et de la vérité.

 

Quelle amère ironie ! On feint d’ignorer que notre archipel, aux mains d'un État pseudo-indépendant et lâchement vassalisé, a déjà été mis à l'encan par ceux-là mêmes qui m'accusent : ces zélateurs du centralisme d’État, étrangers aux sacrifices de notre île et sourds aux battements du cœur d'Anjouan. Le véritable séparatisme, le séparatisme de la honte, porte une signature et une date : celle du 11 septembre 2005, lorsque par la lettre n°05-356/MIREX, le régime d'Azali Assoumani sollicitait l’effacement de Mayotte des débats de l'ONU, brisant d'un trait de plume trente ans de résistance diplomatique pour complaire à l'ancienne puissance coloniale.

 

Mais la félonie ne s'est pas arrêtée à ce renoncement historique. Elle s'est muée en un commerce indécent des âmes et des corps le 22 juillet 2019, lors de la signature à l'Élysée de l’ACPR (Accord-Cadre de Partenariat Renforcé). Ce texte, véritable pacte léonin, a troqué la dignité de nos frères Anjouanais contre la promesse d'une enveloppe de 150 millions d’euros, un montant dont les clauses de sécurité conditionnaient l'octroi à la logistique des déportations. Ce trésor de papier n'était destiné qu'à huiler les rouages d'une répression baptisée « Wuambushu » ; une manne dont les peuples de notre archipel n'ont jamais vu la couleur, ni même senti l'odeur, évaporée dans les méandres d'un clan mafieux.

 

Ce centralisme n’est pas une théoriec’est le trône d’une usurpation qui a transformé, dès le putsch constitutionnel de 2018, notre loi fondamentale en un acte de propriété privée. Sous ce règne où le droit est devenu un butin de guerre, la Tournante présidentielle, ce poumon de notre stabilité, a été cyniquement arrachée à Anjouan en 2021, avant d'être aujourd’hui, en cette année 2026, sacrifiée au détriment de Mohélisur l’autel d’une ambition sans fin. Ce système ne gouverne plus : il dévore le destin de nos îles pour nourrir l’appétit d’un clan.

 

Qui est donc le séparatiste ? Celui qui veut rendre à chaque île sa souveraineté pour protéger l'ensemble, ou celui qui vend des morceaux de notre patrie et livre les Anjouanais à l'expulsion pour les deniers d'une vassalité dorée ?

 

Mon « séparatisme » est une architecture de la dignité ; leur « unité » n'est que la vitrine d'une liquidation nationale. Je ne divise pas la patrie, je tente de sauver ce qu'il reste de son honneur des griffes des marchands de souveraineté.

 

Mon parcours ne m’a pas appris la trahison, mais la structure. Ma formation de technicien agricole m'a enseigné la patience des cycles et la biologie de la liberté : l’unité d’une forêt ne réside jamais dans l’effacement des racines, mais dans la vigueur singulière de chaque arbre. Ma formation de fiscaliste, elle, m’a légué la science de l’équilibre : l’équité ne naît jamais de l’opacité d'un chaudron commun, mais de la clarté souveraine des comptes et de la dignité des flux.

 

Le centralisme monolithique que l’on nous impose sous les traits d’une unité sacrée n'est, en réalité, qu’un vampirisme institutionnel. Dans notre géographie archipélagique, où chaque île est un monde, ce système agit comme un poison lent.

 

Il a transformé l’État comorien en un entonnoir inversé : les richesses, les décisions et les espoirs de nos enfants convergent vers un point unique, une seule île qui s’hypertrophie tandis que les autres s'étiolent dans l'atrophie socioéconomique. Mais le péril dépasse la simple injustice comptable.

 

Ce centralisme est le portail béant de la tyrannie. En concentrant tous les leviers du destin national en une seule main, il offre une perche dorée aux autocrates et aux clans aux appétits mafieux. Il leur suffit de capturer ce « centre » pour paralyser l’archipel tout entier, tel un parasite s'emparant du cerveau pour asservir le corps. Ce n’est plus un État, c’est une capture de souveraineté au profit d’une oligarchie qui se drape dans le drapeau pour mieux piller.

 

Proposer une Confédération des États Souverains, ce n’est pas défaire les Comores ; c’est briser une idole de plâtre, fragile et mensongère, pour ériger une Arche de Pierre monumentale.

 

Dans cette architecture nouvelle :

 

• Chaque île se dresse tel un monolithe de granit : une entité indivisible et souveraine, seule maître de son histoire et de sa culture, gardienne de son folklore et de son sol. Elle est l'unique architecte de son économie, la main nourricière de son génie agricole, et le seul moteur de son progrès comme de son destin.

 

• Le Pacte Confédéral est le mortier : Il ne lie pas par la contrainte, mais par le consentement. Il ne fusionne pas les identités, il les harmonise.

 

C’est précisément parce que chaque île s’érige en un monolithe inébranlable, ancré sur le socle de sa propre dignité, qu’elle peut porter, de concert avec ses pairs, le poids majestueux d’une destinée commune.

 

En choisissant la souveraineté de chacun, nous bâtissons bien plus qu’une alliance : nous forgeons une citadelle de liberté. Cette structure confédérale devient alors une barrière infranchissable, un rempart d'airain contre lequel viendront se briser les ambitions des tyrans et les dérives des clans autocrates. 

 

L’unité que je prône n’est pas celle des chaînes qui asservissent dans l'ombre du centralisme, mais celle des mains qui se serrent au grand jour, librement, fièrement et dignement, pour faire face, d'un seul front, aux tempêtes du siècle.

 

Aux détracteurs qui craignent le vide, je réponds par la rigueur du chiffre : la transparence économique est le seul rempart contre la corruption systémique.

 

Nous ne cherchons pas la séparation, nous cherchons la respiration. Nous voulons passer d’une unité de façade prête à s'effondrer au premier souffle de révolte à une Unité de Structure, où la force du tout est la somme des libertés de chacun.

 

Conclusion : 

 

Il est temps de rendre aux îles leur âme et aux peuples leur dignité. Je reste, devant l'histoire, l'artisan d'une nation qui n'a plus peur de sa diversité. Car aux Comores, la lumière ne viendra pas d'un phare unique qui aveugle, mais de quatre flambeaux souverains qui, ensemble, illumineront enfin l'Océan Indien.

 

Vive Anjouan souveraine, maîtresse de sa terre et de son destin !

 

Vive la Confédération des États souverains des Comores !

 

Anli Yachourtu JAFFAR

19 février 2026

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