Tournante 2029 : N'est-il pas temps de reconnaître le naturel? Les Wangazidja ne gouvernent pas. C'est un régime qui gouverne. Que sa gouvernance penc
N'EST-IL PAS TEMPS DE RECONNAÎTRE LE NATUREL ?
J'avoue que le débat en cours sur la Tournante 2029 réveille en moi une série de questions et ce, dans la forme comme dans le fond.
Dans la forme, il véhicule , à travers la communication du Collectif des cadres anjouanais pour la Tournante 2029 à Anjouan, un message d'un séparatisme à peine voilé. Des années durant, l'opposition comorienne, au-delà de sa diversité, a toujours inscrit dans l'agenda des ses actions le respect de la Tournante. Mais à présent, nos frères d'Anjouan axent l'essentiel de leur communication sur ANJOUAN FIRST, au point de sous-entendre que les Wangazidja n'ont qu'à terminer sans gemir LEUR MANDAT.
Mais c'est surtout dans le fond que le bas blesse. Quelle cohérence y a- t- il à fustiger toute idée de réforme constitutionnelle alors que des années durant nous avons combattu la centralisation excessive des pouvoirs entre les mains d'un seul homme : le chef de état ? N'y a-t- il là une volonté de reconduire cette présidence omniprésente ? D'ailleurs, ils ne s'en cachent pas. " Nous voulons gouverner comme l'ont fait les Wangazidja ", annoncent-ils en cœur.
Les Wangazidja ne gouvernent pas. C'est un régime qui gouverne. Que sa gouvernance penche davantage en faveur de ses partisans natifs de Ngazidja en terme de nomination, je n'en disconviens pas. Et d'ailleurs, je suis de ceux qui ne cessent de le dénoncer. Pire, je n'ai jamais entendu les partisans du statu quo de la Constitution s'engager, même par démagogie, à la revoir à posteriori. Tout porte à croire que les gouvernants de la Tournante d'Anjouan vont se camper derrière les dérives de la Constitution actuelle, comme ceux d'aujourd'hui le font en brandissant " l'arrêté Barwane " pour s'opposer à la liberté de manifester.
La préoccupation qui a guidé à la naissance de la Tournante entre les îles ne consiste pas à répondre au slogan
" Wangazidja " , " Wadzuani ", " Wamwali "
warume. Non. Il s'agit de faire honneur à chacune de nos îles en favorisant à un natif de celle-ci de présider aux destinés de notre pays. C'est une question d'honneur et non de gouvernance. La gouvernance est l'affaire de partis ou coalition politiques et ils l'exercent sur le plan national.
Durant les 50 années d'indépendance, nous avons connu des Constitutions à connotation fédérale sur le papier, exception faite de la période de feu le Président Ali Soilihi. Nous sensés avoir
appris bien de choses , positives comme négatives, de l'expérience de nos 50 années d'indépendance. Faudra- t- il attendre les 20 ans marquant la fin du cycle du round actuel de la Tournante pour recadrer nos institutions et les rendre fonctionnelles ? N'est-il pas temps de passer à des institutions VÉRITABLEMENT fédérales, mais d'un fédéralisme asymétrique, pour plus d'exigence en droits et devoirs et plus de souplesse garant d'une meilleure fonctionnalité ?
Soefo Aboudou

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