L’enfant de Mutsamudu a montré tout au long de son parcours l’excellence diplomatique...

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L’enfant de Mutsamudu a montré tout au long de son parcours l’excellence diplomatique...Il fut le premier Comorien à occuper la fonction de secrétaire

CONVAINCU QU’IL ÉTAIT L’UN DES MEILLEURS COMMIS DE L’ÉTAT QUE LES COMORES ONT RATÉS EN NE LE CHOISISSANT PAS COMME PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE


L’enfant de Mutsamudu a montré tout au long de son parcours l’excellence diplomatique...

Caabi Elyachurru vient de tirer sa révérence en demandant la fin de ses fonctions d’ambassadeur à Madagascar. Il avait demandé son remplacement il y a déjà deux ans, mais le président Azali, ne trouvant pas de remplaçant, avait préféré le faire patienter. Mais pour Caabi, deux années d’attente lui étaient vraiment difficiles.

Quel homme politique comorien aurait été ambassadeur et aurait voulu quitter son poste ? Rare, très rare.

Voilà Caabi Elyachurru, l’homme d’une longue carrière administrative, politique et diplomatique au service de son pays, avec zéro corruption ni franc volé.

L’HOMME DE LA PROBITÉ ET DE LA TRANSPARENCE


Caabi Elyachurru, c’est aussi l’homme au sommet des fonctions. Quand il voyageait et qu’il lui restait des perdiems, il était capable de les ramener au Trésor public.

Il fut le premier Comorien à occuper la fonction de secrétaire général de la Commission de l’océan Indien, avec compétence et transparence. Une attitude à la fois appréciée par ses homologues et qui, en même temps, avait choqué par la probité du personnage, compte tenu de la corruption qui gangrène son pays d’où il venait.

Sa gestion honnête a créé la confiance et, par la suite, a permis à d’autres Comoriens, quelques années après lui, d’avoir la confiance de leurs homologues de l’océan Indien pour diriger ce secrétariat.

L’enfant de Mutsamoudou a montré tout au long de son parcours l’excellence diplomatique vis-à-vis de ses homologues étrangers, la transparence dans la gestion de la chose publique, la proximité avec le peuple d’en bas, l’humilité auprès de ses administrés et de ses collaborateurs directs, ainsi qu’une conscience indubitable dans l’exercice de ses responsabilités d’État.

Jamais, malgré son long parcours, son nom n’a été associé à des malversations. De ministre des Finances à la primature, en passant par la présidence intérimaire du pays, Mze Caabi Elyachurtu, Kassina Ntrotro. On cherchera d’autres critiques, mais en matière de probité financière, il a été et il est encore irréprochable.

Président par intérim en 1995-1996, il a, pour la première fois, organisé une élection présidentielle considérée comme l’une des plus transparentes jamais organisées dans le pays. Taki l’a emporté haut la main et son adversaire a reconnu sa défaite.

C’est également sous son intérim qu’une passation de pouvoir entre deux présidents en vie a été réalisée pour la première fois entre Djohar et Mohamed Taki.

UN HOMME POLITIQUE QUI A TOUJOURS PRIVILÉGIÉ LA SAGESSE


Vice-président d’Azali, tout le monde sait que Caabi Elyachurru n’était pas souvent sur la même longueur d’onde que le président Azali. Mais, en tant qu’homme d’expérience et d’intelligence politique, tout s’est réglé dans la sagesse. Par ailleurs, c’est aussi l’une des raisons pour lesquelles Azali n’avait pas pris la force ni volé l’élection de 2006 pour imposer Caabi. Caabi Elyachurtu et Azali ne se supportaient pas toujours, mais ils se respectaient.

Caabi n’aime pas l’emploi de la force, contrairement à Azali. M. Elyachurtu, c’est aussi l’homme qui soutenait les causes des étudiants et leurs grèves, alors même qu’il était vice-président. Il nous comprenait et nous écoutait.

Leader, acteur important du militantisme étudiant et des coopératives scolaires que j’étais entre ( 2000-2005) je peux en témoigner. Quand nos camarades élèves étaient arrêtés lors des manifestations ou des grèves, nous passions par lui pour les faire libérer. Il prenait lui-même le téléphone pour appeler la gendarmerie et demander leur libération.

Il aimait également l’unité des étudiants de l’Université des Comores et a soutenu la création de cette structure.

En achevant sa carrière, je voulais m’associer, comme beaucoup de Comoriens, à l’hommage qui lui est rendu et dire ceci : c’est dommage que Caabi Elyachurtu n’ait pas été président de la République.
Peut-être que, s’il l’avait été, le pays aurait connu un autre destin.

Ibrahim Abdou Said

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