Diaspora comorienne : une fracture entretenue et un potentiel négligé

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Diaspora comorienne : une fracture entretenue et un potentiel négligé


Diaspora comorienne : une fracture entretenue et un potentiel négligé

Les Comores font partie des dix pays ayant une forte communauté en France, occupant la huitième ou neuvième place en termes de diaspora. Une diaspora profondément attachée à son pays d’origine, mais qui, au fil des années, se sent de plus en plus marginalisée, voire humiliée, par les gouvernements successifs, et particulièrement depuis le retour au pouvoir d’Azali en 2016.

Un fossé voulu et entretenu


La relation entre la diaspora comorienne et ceux restés au pays s’est considérablement détériorée. Ce fossé n’est pas une conséquence involontaire, il est voulu et entretenu. Pourquoi ? Parce que la diaspora dérange. Elle apporte avec elle une culture différente, un mode de fonctionnement fondé sur la rigueur, la transparence et la méritocratie, des valeurs qui entrent en conflit avec certaines pratiques locales : le clientélisme, le favoritisme et le “villagisme”.

Combien de Comoriens de la diaspora ont tenté d’investir dans leur pays et sont repartis bredouilles ? Plutôt que de les accompagner, de leur offrir des mécanismes clairs et efficaces pour développer leurs projets (comme la mise en place d’un guichet unique dédié aux investisseurs de la diaspora), on les balade d’un ministre à l’autre, leur extorquant des “enveloppes” en euros. Résultat : beaucoup abandonnent, écœurés.

Un patriotisme à géométrie variable


Un discours récurrent oppose ceux qui vivent aux Comores et ceux qui sont à l’étranger. Au moindre reproche venant de la diaspora, on leur oppose l’argument du “patriotisme”. “Nous, nous sommes restés au pays, nous sommes les vrais patriotes.” Mais suffit-il de résider sur place pour être patriote ?

Que signifie réellement le patriotisme ? Servir son pays, contribuer à son développement, défendre ses intérêts. Or, combien de ceux qui se targuent d’être des patriotes n’ont, en réalité, contribué qu’à leur propre enrichissement ou au maintien d’un système défaillant ?

L’exemple de Nour El Fatihou Azali est frappant : depuis huit ans, cette personne est rentrée “servir le pays”, mais quel bilan pour le pays en retour ? Un salaire sans réelle contribution. Est-ce cela, le patriotisme ? Devrait-on rougir de ne pas vouloir rentrer pour servir un homme, une famille ou un parti, plutôt que la nation ?

Le cas du frère Msa Ali Djamal et l’exemple du football


Que sont devenus ceux qui formaient la “bande à Msa” ? Des figures qui, au départ, semblaient incarner un changement, une nouvelle dynamique, mais qui, au final, ont été englouties par le système.

À l’inverse, le football comorien est aujourd’hui l’un des seuls secteurs qui fonctionnent bien, et cela grâce aux enfants de la diaspora. Ce sont eux qui, en brillant sur les terrains internationaux, portent haut le drapeau comorien. Pourquoi cet exemple ne pourrait-il pas être généralisé à d’autres domaines ? Si l’on donnait à la diaspora les moyens d’apporter sa pierre au développement du pays, les Comores pourraient avancer bien plus vite.

Un choix gouvernemental regrettable


D’autres pays cherchent à renforcer leurs liens avec leur diaspora, conscients de son potentiel. Mais aux Comores, le gouvernement a fait un choix inverse. Plutôt que de construire des ponts, il a préféré creuser un fossé. Plutôt que d’instaurer un dialogue, il s’est muré dans le mépris et l’exclusion.


Pire encore, lorsqu’ils sont en France, nos dirigeants se cachent, évitent les Comoriens de l’extérieur au lieu de chercher un terrain d’entente. Pourtant, le respect de la diaspora est une nécessité. Respecter ses droits, reconnaître son rôle de partenaire potentiel du développement, c’est non seulement une obligation morale, mais aussi une opportunité pour le pays.

Repenser la place de la diaspora


Le patriotisme ne se résume pas au lieu de résidence. Il ne suffit pas d’être aux Comores pour être patriote, tout comme il ne suffit pas d’être à l’étranger pour ne pas l’être. Il est temps d’abandonner ces arguments simplistes et d’ouvrir enfin les yeux : la diaspora comorienne est une force, un atout pour le pays. La marginaliser est une erreur stratégique. La considérer, la respecter et lui donner les moyens d’agir pourrait être l’une des clés du développement des Comores.

IBRAHIM Mahafidh Eddine

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