Depuis que le plus habile des hâbleurs a réussi à endormir la communauté par des petits bouts de carottes tenus dans la main gauche et un n...
Depuis que le plus habile des hâbleurs a réussi à endormir la communauté par des petits bouts de carottes tenus dans la main gauche et un nerf de bœuf cachés derrière son dos courbé par la main droite, un calme apparent se délecte sous les cocotiers.
Mnamadi passe de places publiques en places publiques pour faire montrer son sourire forcé. Il ne donne plus la main à personne pour ne pas laisser tomber sa cravache longtemps confectionnée pour bastonner ceux qui ne vont pas répondre à ses grimaces qu’il prend, à tort, pour des jolis sourires. Il faudrait, pourtant, qu’il se donne le plaisir de faire usage de son outil de pénitence pour assouvir sa soif de grandeur.
Un de ses fidèles courtisans vient de lui apprendre qu’un jeune crieur n’arrête pas de médire du grand farceur de tous les temps. Il répète que Mnamadi porte des habits qui ne sont pas cousus pour lui, qu’il se prépare à voler encore et encore les biens publics, qu’il va affamer la communauté pour se payer des voyages avec des suites faramineuses, qu’il va finir par être banni par la communauté. Mnamadi voit son imagination ressurgir soudainement. Il fait une tape sur les épaules de son courtisan afin de le remercier d’avoir ressourcé sa force. Le courtisan a reçu une douleur profonde car la tape était tout sauf amicale, une vraie décharge, un coup de massue. Mais, il est contraint de forcer le sourire pour faire plaisir à Mnamadi qui n’aime pas qu’on n’apprécie pas ses gestes même les plus abrutissants. Il convoque son conseil conspiratoire pour laver l’affront causé par le petit crieur qui a osé dénigrer le grand Mnamadi.
La décision prise par Mnamadi est sans appel et sa mise en exécution est imminente. Le crieur identifié répondant au nom de Ebwaaa doit être pourchassé, neutralisé, molesté et déballé. Il faut tout d’abord incendier sa cabane, confisquer son cor et terroriser tout son quartier. En apprenant la nouvelle de sa mise en pâture, Ebwaaa décide de continuer sa croisade contre celui qui coule sa communauté et s’enorgueillit à merveille. Il est monté sur le sommet de la montagne, souffle son cor à tout poumon et crie son défi à Mnamadi. Les neurones de celui-ci se gonflent, l’adrénaline lui monte à tout piment et la fureur de châtier lui possède à tout césarisme.
Il lâche ses sbires à la recherche d’Ebwaaa qui prend le malin plaisir de se cacher dans les buissons et de tendre des orties à ses poursuivants. La vie de la communauté est en suspension. Ebwaaa devient le centre d’intérêt public, le bouc émissaire à abattre, l’agitateur le plus redouté par les uns, le brave crieur pour les autres, en fait, le héros de l’épisode en cours. D’imminents crieurs mandatés lui dénient tout insigne de crieur car il n’a jamais été en apprentissage de cri public. D’aucuns le traitent d’usurpateur d’agitation et demandent qu’on le capture contre rançon.
Mnamadi s’agite de plus en plus et demande la tête d’Ebwaaa. Celui-ci décide de protéger les siens, eux aussi persécutés. Il se rend devant le conseil conspiratoire et demande à être jugé équitablement. Le CC après examen approfondi de la pleurnicherie de Mnamadi a donné un verdict inattendu. Ebwaaa est relaxé avec interdiction d’exercer publiquement le métier de crieur. Son matériel confisqué doit lui être rendu mais, il n’a pas le droit de s’en servir sauf s’il fait les louanges de Mnamadi.
Le Conseil Conspiratoire s’est rendu chez notre monarque autoproclamé pour lui faire le compte rendu du procès. Le grand farceur en force hérisse sa belle barbe, tape des poings son siège royal, tourne le dos à ses visiteurs et appelle sa femme à témoins.
- Cers dégénérés viennent de sacraliser Ebwaaa, me voici face à des ahuris qui ne comprennent pas que la justice, c’est pour soumettre les justiciables aux justiciers, et qui veulent ignorer que je suis le justicier de cette communauté.
Ebwaaa sera pourchassé incessamment et son matériel sera brulé pour qu’il ne lui soit jamais restitué.
Bande d’incompétents, votre procès sonne le glas pour votre carrière et votre stupide conseil sera bientôt une histoire ancienne.
Et tous les membre du Conseil n’ont eu qu’à entonner :
yemfa Mnamadi tsi yariwuwa
hariwuwa sontsi bonanyawe.
Par DINI Nassur
A mes amis (es) virtuels et réels qui aiment lire les aventures de Mnamadi sur facebook, j’ai le plaisir de vous informer que ce 10e épisode est le dernier à paraitre sur ma page. Une maison d’édition parisienne se propose de publier tous les 20 épisodes dans un livre à paraitre le jour de l’Aid
A mes amis (es) virtuels et réels qui aiment lire les aventures de Mnamadi sur facebook, j’ai le plaisir de vous informer que ce 10e épisode est le dernier à paraitre sur ma page. Une maison d’édition parisienne se propose de publier tous les 20 épisodes dans un livre à paraitre le jour de l’Aid