Le suicide est-t-il envisageable en politique ?

Au XIXème siècle, devant la montée en puissance du surréalisme, Appolinaire, poète surréaliste français, icône du mouvement en vogue, fut i...

Au XIXème siècle, devant la montée en puissance du surréalisme, Appolinaire, poète surréaliste français, icône du mouvement en vogue, fut indexé et attaqué par les réactionnaires, animateurs et défenseurs du romantisme, autre mouvement puissant jusque là, mais qui perdait de plus en plus de sa superbe et qui le désignaient comme un poète suicidaire, ennemi de l'art.

Il est vrai que par sa forme comme par son fond, le surréalisme a constitué à l'époque uneveritable révolution de l'art. Ses promoteurs ont saccagé et la forme et le fond de la poésie romantique jusqu'à là dominée par l'impérialisme poétique de Victor Hugo ou le symbolisme du voltigeur, prince des nuées, Charles Baudelaire, buveur du ''feu clair des espaces limpides''. 

Mais en politique, après les excès de la Révolution des Robespierre, des Camille Desmoulin et des Daton, pourvoyeurs des échafauds de la guillotine au temps de la terreur, après les purges de Pol-Pot au Kampuchéa, relayées par les exactions des régimes féroces de l'Afrique post coloniale dont nous avons eu notre dose d'atrocités sous le règne du pouvoir féodal et mercenaire d'Ahmed ABDALLAH Abderemane, nous étions nombreux à croire depuis l'avènement du pouvoir ''démocratique'' de Mohamed Djohar, qu'on avait enfin fini des régimes dictatoriaux, confectionneurs d'oppression et usurpateurs de nos droits et de nos libertés constitutionnels et institutionnels. Oui, je croyais que mon pays avait fini avec les dictatures féroces jusqu'au jour que j'ai appris que mon parti, Juwa, allait offrir sur un plateau d'or le pouvoir au Colonnel Azali Assoumani et que j'ai alors pressentis le retour à la férocité et aux atrocités gouvernementales.

En connaisseur de l'homme avoir servi loyalement son pouvoir pendant plus de sept comme cadre et dirigeant politique de la CRC et comme député dans un parlement où son régime fut minoritaire ayant observé attentivement sa gestion calamiteuse du pays, je ne me suis pas tu, bien au contraire, je me suis battu d'abord contre des responsables de mon parti Juwa qui défendaient âprement l'alliance avec lui et contre son élection chez moi et partout.

Beaucoup d'entre vous ont entendu, je crois, mon cri allié aux autres voix averties pour alerter les miens d'abord et les autres citoyens de ne pas commettre l'irréparable. Malheureusement, nous n'étions ni entendus ni écoutés et ce qui nous avions prédit de danger est arrivé et on s'en mord les doigts maintenant.

Aujourd'hui, j'écris non pas pour reprocher qui que ce soit de ce choix calamiteux. Non. J'écris seulement pour dénoncer ce que j'ai personnellement vécu à Tsoundjini, où j'ai accompagné Dr Salami Abdou, le gouverneur de l'île de Ndzuwani et qui fait parti de notre vecu politique quotidien, nous parti et militants de parti de l'opposition. 

Les faits alors : Dr Salami a été invité dimanche 1er avril pour une conference-débat par les jeunes de la ville aux remparts, Ntsoudjini.

Je l'ai accompagné pour malheureuses ement vivre ceci :

En effet, à Tsoudjini, ce dimanche là, j'ai vécu de visu la violence militaire à l'état pur, lancée contre des jeunes épris de liberté et de soif pour savoir ce qui se passe dans leur pays et qui veulent nos choix et nos actes, connaître nos visions pour leur avenir proche en nous questionnant, nous responsables politiques gérant aujourd'hui leurs vies collectives.

Oui, le dimanche 1er avril, j'ai vu des gendarmes s'en prendre à coups de matraques à des jeunes qui défendaient le droit de Salami de venir à Ntsoudjini et surtout, de rentrer dans la salle privée, préparée pour l'accueillir dans son adresse à la jeunesse de cette ville. J'ai aussi assisté à la force repoussoire de ces jeunes qui, inspirés par les remparts défensifs historiques de leur cité, ont opposé par des haies humaines le peloton de gendarmerie renvoyé par le ministre de l'intérieur qu'ils ont repoussé avec une énergie inouïe.

Pris dans en sandwich dans cette mêlée de violence , Dr Salami avec l'ancien gouverneur, Mouigni Baraka, moi-même et les autres accompagnateurs, nous avons pu rentrer difficilement dans la salle où nous attendaient une dense assistance et des député dont celui d'Itsandra, le bouillonnant et téméraire, honorable Tocha Djohar.

Dr Salami fut accueilli en triomphe à la tribune dressée en son honneur par l'ancien locataire de Mrodjou, Mouigni Baraka, sous un déluge d'applaudissements et de ''Zigueleguele'' des femmes , venues nombreuses à sa rencontre. Tout un symbole marquant d'une part, la ''victoire'' sur les forces de l'ordre et d'autre part, la joie de toute une communauté d'accueillir la principale autorité politique élu et en exercice qui ose dire et dénoncer haut et fort les dérives constitutionnelles et institutionnelles du Président Azali, sa confiscation des droits et des libertés d'expression et son entêtement à régner indéfiniment par la terreur policière et son projet en étude de ''traficotage'' de notre Constitution.

J'ai pensé un instant que s'en était terminé avec la violence, lorsque dans le calme, la sérénité dans la salle, le gouverneur Salami commença à parler, mais que n'eut été ma grande surprise lorsqu'à peine dix minutes d'intervention, deux gendarmes firent irruption dans la salle et montèrent au pas de charge sur la tribune pour tenter d'arracher le micro à Salami ! J'ai alors été interloqué, sidéré voire offusqué par cette provocation guerrière. Non, s'en était trop.

Mais pendant que les jeunes du service d'ordre se sont emparés de deux gendarmes qu'ils ont expulsés manu militari de la salle, sous les ''you-toi'' de l'assistance, Dr Salami a exhorté les jeunes à plus de retenue, appelé les forces de l'ordre à se conformer à leur mission de veilleurs de paix, de défenseurs de l'ordre et de la cohésion sociale et non en provocateurs de désordres et en ''fouteurs'' de troubles. En homme de sagesse et en responsable d'Etat, il demandé à l'assistance et à tout Ntsoudjini d'accepter de reporter la rencontre dans un contexte apaisé et serein. Ce que tout le monde a accepté et salué.

À notre sortie de la salle, une foule immense, tout Ntsoudjini : notables, cadres, hommes, femmes, jeunes et personnes âgées ont escorté le gouverneur Salami et ses compagnons dans les rues de la ville, scandant les belles chansons épiques du grand artiste national, enfant de la ville, chanteur-compositeur, Abdou Mhadji jusqu'au cimetière central et à la tombe où repose Dr Mouigni Baraka. Nous nous y sommes recueillis et à l'unisson, nous avons fait une prière à Allah pour cet éminent homme, homme de paix et de savoir immense mondialement honoré.

C'est dans le calme et l'humilité éprouvée que nous avons la tombe de cet sommité et accompagné Dr Salami à sa voiture pour ensuite nous disperser, chacun méditatif sur ce qu'il vient de vivre passant de l'ivresse de la violence à sérénité du grand sage au repos éternel, Mouigni Baraka.

Voici mes réflexions inspirées par ce que j'ai vécu alors :

- Le pouvoir Azali s'auto-détruit doucement et sûrement un peu plus chaque jour dans sa stratégie répressive et oppressive de toute âme qui ne lui fait pas la cour à Beit-Salam ou à Hahaya ou à Mitsoudjé.

- Le régime joue au suicide en voulant contrôler tout ce qui se dit pour ou contre lui car il crée une profonde animosité et un dégoût populaire sans précédant dans le pays et au sein de notre jeunesse, meurtries de souffrances ouvertes, béantes et d'un ras-le-bol généralisé, lisible et audible à tout coin de rue urbaine ou rurale.

- Le pouvoir s'élimine par lui même à vouloir faire s'entrechoquer par la violence les citoyens et les forces armées pour un oui ou pour un non exprimé n'importe où par l'opposition.

- Le pouvoir s'auto-flagelle à vouloir se faire aimer sans raison et sans arguments d'actions positives.

- Et en fin, deux événements marquant constituent sa fosse d'engloutissement : 

Les ''assises d'Azali '' fossoyeurs'' d'espérance-bue et la question de Mayotte que le régime veut traiter tout seul sans consultation de l'opposition et des forces vives de la nation alors que c'est le plus consensuel problème du pays.

Je pense que de la manière de gérer ces deux événements sauvera ou anéantira à jamais ce pouvoir.

Je réponds à ma question-titre. Oui, un pouvoir peut s'auto détruire, se suicider. Le nôtre a l'instinct vif et mais la raison ''flanchant''. Alors ...

Bon appétit cousins !

Mhoumadi Sidi IBRAHIMA
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