«Si je n’étais pas Mohélien, on ne m’aurait pas poursuivi avec autant d’acharnement, de haine et détestation»

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Interview exclusive de Hamada Madi Boléro, Directeur du Cabinet du chef de l’État chargé de la Défense   www.lemohelien.com :   Voilà do...

Interview exclusive de Hamada Madi Boléro, Directeur du Cabinet du chef de l’État chargé de la Défense

 
www.lemohelien.com: Voilà donc Paul-Charles Delapeyre qui, avec un racisme qu’on lui connaît et qu’il assume bien et sans complexe, m’attribue la plus belle des vies privées, m’accuse de crime de sale gueule et vous accuse de vol de 3 millions de dollars sur le dos de l’État, faisant de vous un milliardaire en francs comoriens...

Hamada Madi Boléro: Qui, ça?

www.lemohelien.com: Paul-Charles Delapeyre, à ce qu’il paraît, car moi-même je ne suis pas intéressé à l’individu et à ses élucubrations racistes.

Hamada Madi Boléro: ARM, je vous ai toujours demandé de ne me parler que des gens honorables, respectables, honnêtes, sérieux et pas racistes.

www.lemohelien.com: Êtes-vous en train de me dire qu’il ne l’est pas?

Hamada Madi Boléro: Bof!

www.lemohelien.com: Vous semblez vous moquer du cri de haine lancé contre vous. Il vient d’où ce cri de haine et de détestation?

Hamada Madi Boléro: Le cri de haine contre moi est lancé contre la compétence, l’expertise et la maîtrise des enjeux majeurs de l’État moderne. En plus, si je n’étais pas Mohélien, on ne m’aurait pas poursuivi avec autant d’acharnement, de haine et détestation. C’est donc, avant tout, le Mohélien qu’on déteste, car justement il est Mohélien. Si je n’étais pas un homme d’État crédible, un républicain convaincu, un homme pétri des valeurs et idéaux de la démocratie et qui, en plus, refuse de se faire tout petit devant les bien-pensants et les passéistes qui ont ruiné les Comores avant nous, j’aurais été leur chouchou. Si j’étais un incompétent, j’aurais été leur chouchou. Si je tremblais devant eux, j’aurais été leur chouchou. Mais, il s’agit des affaires de l’État, et je continue à privilégier les qualités d’homme d’État au détriment d’une comédie burlesque de béni oui-oui.

www.lemohelien.com: Monsieur le Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, depuis votre sortie à la Fondation Jean-Jaurès, à Paris, le jeudi 17 juillet 2014, une véritable polémique est née entre vous, qui êtes le ministre comorien de la Défense, et le Général Salimou Mohamed Amiri, le seul Général de l’Armée nationale de Développement (AND), dont il était le chef d’État-major. Dites-nous déjà si vous suivez cela sur les blogs, car vos propos ont soulevé un tollé incroyable?

Hamada Madi Boléro: Oui, bien sûr. Et comment rater tout ça? Comme toutes les personnes normales de nos jours, je lis et relis les blogs qui traitent de l’actualité comorienne ainsi que d’autres, notamment ceux qui parlent de la situation à l’Est de l’Ukraine, ce pays qui est ma seconde patrie depuis que j’y ai passé toutes mes années d’études supérieures. Je m’intéresse également aux médias qui traitent de l’actualité de la Russie. Et donc effectivement, j’ai constaté cette polémique qui, en vérité, ne devrait pas avoir des raisons d’être puisque tout le monde aux Comores connaît l’histoire véritable de l’affaire dite «Affaire Combo Ayouba», qui a fini par devenir l’«Affaire Salimou Mohamed Amiri», compte tenu de la tournure qu’a prise son traitement dans les prétoires avant le dénouement final.

www.lemohelien.com: Je repose une question qu’on n’a pas cessé de vous poser, et je vous prie d’être le plus clair possible: pourquoi le Général Salimou Mohamed Amiri n’intègre pas l’Armée alors que la Justice l’a lavé de tout soupçon dans l’assassinat du Lieutenant-colonel Combo Ayouba, le 13 juin 2010?

Hamada Madi Boléro: Peut-être que cette fois-ci, dois-je dire: cette question est mal posée et en conséquence je refuse d’y répondre.

www.lemohelien.com: Je retrouve bien là le dialecticien que vous êtes, mais je vais vous demander, à titre strictement exceptionnel: «Posez vous-même la question à la manière qui vous semble la mieux indiquée, et nous verrons si c’est la même question que pour nous».

Hamada Madi Boléro: Il suffit de poser la question sans la proposition subordonnée qui la rend vicieuse: «Pourquoi le Général Salimou Mohamed Amiri n’intègre pas l’Armée»?

www.lemohelien.com: Incorrigible, vous êtes incorrigible! On va encore vous accuser de jouer avec la grammaire française, et vous savez que ça rend nerveux certains. Mais, je suis tellement impatient de connaître votre réponse que je ne vais pas faire le difficile. Alors, vous dites quoi à ceux qui, aux Comores et ailleurs, veulent en savoir plus sur ce drame?

Hamada Madi Boléro: Que valons-nous sans nos idéaux et principes? Alors, pour répondre à votre question je dois dire, tout d’abord, que cette réintégration n’a pas été faite parce que cela est rarissime et donc devrait constituer une exception mais cela est pour des pays «normaux». Ensuite, il faudrait que l’intéressé en fasse la demande et que celle-ci soit examinée. Mais encore, savez-vous que des cas pareils existent dans notre Armée, et jusqu’alors nous n’arrivons pas à en apporter une solution? Je citerai le cas de l’ancien chef d’État-major, le Colonel Soilihi Mohamed. Tout le monde connaît sa bravoure, son esprit militaire conforme aux us et coutumes qui régissent l’Armée. Ce fut aussi et sans même un «faux Conseil» qu’il fut rayé de la liste des militaires actifs et placé à la retraite, sans raison aucune. Il ne demande que le rétablissement de ses droits, mais apparemment la presse ne veut pas en parler! Remarquez bien: il ne fut accusé d’aucun crime, même par mensonge! Et si l’on rajoutait tous les autres cas des militaires de rang, sous-officiers ou officiers, la liste serait longue. En plus, de janvier à avril 2002, alors que j’assumais les responsabilités de Président de la République par intérim, j’ai imposé la retraite forcée au Colonel Azali Assoumani, qui était candidat à l’élection présidentielle et que la Loi obligeait à présenter la démission de l’Armée.

www.lemohelien.com: Oui, mais aujourd’hui, c’est vous le Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense, donc le ministre comorien de la Défense. Vous assumez d’importantes responsabilités tout de même au sein de l’appareil de Défense…

Hamada Madi Boléro: Et rassurez-vous. Je ne m’en dérobe aucunement. Mais, reconnaissez tout de même que, pour avoir assumé ces mêmes responsabilités deux fois et maintenant la troisième fois, je ne suis tout de même pas celui qui aurait été à l’origine de ces cas, même si je dois les régler maintenant. Surtout que certains des prétendants furent pour quelque chose dans justement beaucoup desdits cas. Que l’on m’attribue les cas où je suis pour quelque chose, cela est légitime! Mais qu’ai-je fait dans l’affaire du Général Salimou Mohamed Amiri? Je ne m’en sens pas lié, ni de près, ni de loin! Que les protagonistes règlent entre eux leurs comptes et qu’ils ne comptent pas sur moi pour payer leurs erreurs et fautes à leur place. En tant que Chargé de la Défense, j’y travaille et j’ose espérer que des cas similaires puissent être résolus pendant que je suis encore à cette place. Je ne me sens pas obligé de crier sur les toits ce que je fais, les propositions que je soumets aux autorités ou les échanges que j’ai chaque jour avec les autorités militaires du pays! Sachez tout simplement que l’Armée a un chef d’État-major, et tous les corps ont un Commandant à la hauteur des missions assignées à chaque corps de l’AND.

www.lemohelien.com: Pourquoi ai-je l’impression que vous voulez me dire que le dossier du Général Salimou Mohamed Amiri évolue quand même, mais par prétérition, puisque vous ne voulez pas le dire ouvertement?

Hamada Madi Boléro: Petit curieux, ne me faites pas dire ce que je ne vous ai pas dit! Faites attention à ce vous dites, car depuis notre enfance, je connais vos horribles manies!

www.lemohelien.com: Et moi qui comptais annoncer un scoop! Dites-nous donc si est fondée la rumeur selon laquelle vous refusez l’intégration du Général Salimou Mohamed Amiri au sein de l’Armée. Est-ce faux ou juste?

Hamada Madi Boléro: Me prononcer pour et sur une éventuelle «réintégration» dans l’Armée du Colonel Soilihi Mohamed, du Capitaine Rachad Abdallah, du Général Salimou Mohamed Amiri et d’autres, n’a aucun sens puisque aux yeux de la Loi, ma «volonté» n’est nullement prise en compte. Pour le moment, en tant que Chargé de la Défense, et là je ne pense pas que l’on puisse me reprocher quoi que ça soit, je suis dans l’obligation d’appliquer les textes législatifs et réglementaires qui régissent la Défense nationale. Parmi ces actes, les décrets du Président de la République: pour le Capitaine Rachad Abdallah, ce fut un décret signé par le Chef Suprême des Armées de l’époque, Azali Assoumani, pour le Colonel Soilihi Mohamed et pour le Général Salimou Mohamed Amiri, il s’agit de décrets signés par le Chef Suprême des Armées de l’époque, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi. Les avant-derniers articles des décrets en question stipulent: «Le Directeur du Cabinet du Président chargé de la Défense et le ministre des Finances, chacun en ce qu’il le concerne, sont chargés de l’application du présent décret»! Voilà mon devoir et je ne crois pas qu’avant d’exécuter un décret, je dois regarder d’abord qui est le chef suprême des Armées qui a signé! Si c’est cela ma faute, alors je l’assume pleinement et sans aucun état d’âme!

www.lemohelien.com: Vous avez dit que si le Général Salimou Mohamed Amiri veut se présenter aux élections, il doit démissionner 5 ans avant alors que vous nous dites qu’il n’est plus sur la liste des militaires actifs?

Hamada Madi Boléro: Là aussi, je pense qu’il y a mauvaise foi et manipulation, car ce n’est pas moi qui le dis, mais la Loi électorale, que je n’ai pas écrite de mes mains! Et lorsque j’en fais allusion, c’est pour répondre à ceux qui, à la fois me disent que le Général Salimou Mohamed Amiri est toujours militaire, estimant que le décret du Président Ahmed Mohamed Abdallah Sambi serait caduc, mais qui, simultanément me disent qu’il sera candidat à l’élection présidentielle de 2016! Alors je leur dis ceci: ou bien il est toujours militaire actif et dans ce cas, il ne pourra plus se présenter, ou bien il a accepté son sort et comptons les années à partir desquelles il aurait accepté justement cette situation pour savoir s’il pourra être candidat à l’élection présidentielle. J’ai même averti certains que tous les écrits peuvent être utilisés demain par des adversaires politiques dès qu’il s’agira d’en décider et je vous en prie de me croire que quand je dis cela, ça ne sera pas moi.

www.lemohelien.com: Encore plus clairement, est-ce que, par son jugement du 2 novembre 2012 acquittant le Général Salimou Mohamed Amiri, la Justice comorienne a, ne serait-ce que de manière implicite, décidé de son intégration dans l’Armée?

Hamada Madi Boléro: Quelle grossièreté dans une République! Que le pouvoir judiciaire décide pour le pouvoir exécutif! Comment un esprit sain peut-il imaginer la Justice signer un décret d’intégration d’un militaire dans l’Armée! La Justice juge et c’est ce qu’elle a fait. Elle ne gère ni le pouvoir législatif, détenu par les élus nationaux, ni le pouvoir exécutif détenu par le gouvernement, placé sous l’autorité du Président de la République. Je ne comprends toujours pas pourquoi des esprits si brillantissimes arrivent-t-ils à mélanger tout cela dans un même panier! Mais bon, c’est la vie!

www.lemohelien.com: Vous savez bien qu’en ma qualité de juriste, je comprends les principes de la séparation des pouvoirs, mais je suis tout de même dans l’obligation de me faire le porte-parole d’une population qui souhaiterait voir son héros national reprendre du service. Une dernière question: quelle est votre réaction par rapport aux accusations faites contre vous par le Général Salimou Mohamed Amiri, justement?

Hamada Madi Boléro: Je n’oserai pas vous faire lire ce qu’il m’a écrit! Lorsqu’on est un homme public, il faut être prêt à tout assumer et donc cela ne m’affecte nullement! Je suis un grand habitué à ces «trucs»! Toutefois, je voudrais rappeler aux autres qui profitent de cette polémique que lors de la prorogation du mandat du Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi contre le droit constitutionnel de l’Île de Mohéli à organiser les élections primaires quatre ans après Anjouan, j’ai été en première ligne alors que certains qui «aiment» bien le «Droit» et la «Justice» ont été de l’autre côté et ont même ordonné des tirs contre des hommes et des femmes pacifiques de Mohéli, parce que ce sont des Mohéliens, donc des Comoriens de la basse-cour, des Comoriens de seconde zone!

L’Histoire est têtue, et à tout moment nous la rappellerons à ceux-là pour qu’ils comprennent enfin que l’opportunisme n’est pas une vertu mais une faiblesse de l’homme! À ceux qui me rappellent que j’ai été l’un des rares à m’opposer au débarquement militaire à Anjouan, le 25 mars 2008, je dois aussi rappeler ce que fut ma position qui d’ailleurs reste intacte: je suis toujours contre la guerre, quelle que soit la raison pour laquelle on la fait, et c’est tout ce que j’ai appris à l’Université: «Faire la paix». Je fus contre le débarquement militaire à Anjouan le 25 mars 2008, car je savais que les raisons étaient pour certains pour mieux asseoir leur autorité et non pour combattre le séparatisme! Pour moi, le séparatisme n’a pas de visage, ni d’identité et pourtant, il voyage et rend visite aux gens! Le séparatisme est un état d’esprit qui consiste à prôner l’unité lorsqu’on a le pouvoir pour être tranquille, mais à marcher dessus sans scrupules lorsqu’on perd le pouvoir, et certains en ont fait un sport olympique individuel!

J’ai été contre la réforme constitutionnelle de 2009, et cela, non pas parce que je considérais que la Constitution de 2001 dans sa version originale, serait la meilleure, mais parce que tout simplement je n’étais pas sûr que les Comoriens de Ndzouani, Mwali et Ngazidja ont vraiment décidé de revenir dans la situation d’avant la crise séparatiste, mais j’ai été battu! Alors, aujourd’hui, où en sommes-nous? Tant que j’aurai toujours mes forces physiques et morales, je combattrai partout où je serai la guerre et n’accorderai aucun crédit à une guerre, même déclarée «légitime», «juste» ou «légale», à partir du moment où on met en danger la vie de simples citoyens, qui ne demandent juste qu’à vivre leur vie dans la sérénité!

Propos recueillis par ARM
© www.lemohelien.com – Dimanche 10 août 2014.
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