En finir avec la pratique des «séminaires gouvernementaux» . Le régime politique des séminaires improductifs et du gaspillage. Manque d...
En finir avec la pratique des «séminaires gouvernementaux» .Le régime politique des séminaires improductifs et du gaspillage.
Manque d'imagination politique congénitale et «gouvernance» de la réunionite.
C'est Samir, un ami algérien qui raconte cette vanne qui a beaucoup circulé dans son pays natal, et qui résume tous les maux dont souffre aujourd'hui l'Union des Comores: «Il n'y a plus d'ufs en Algérie car même les poules enchaînent les réunions et n'ont pas le temps de pondre des ufs». Aux Comores, aujourd'hui, le gouvernement est tellement emberlificoté dans les réunions, congrès, symposiums, journées d'études, séminaires gouvernementaux, accueils du chef de l'État à Hahaya quand il vient de ses pérégrinations et pèlerinages à l'étranger à raison de 2 millions de francs comoriens par jour passé à l'étranger et participation aux mariages et funérailles aux quatre coins du pays qu'on se demande quand ces gens du gouvernement ont le temps de travailler pour le bien commun. Ces «occupations» ne prennent pas en compte les séances de sieste que le chef de l'État fait dans les mosquées pour suivre les conférences religieuses du Mufti de la République pendant le mois de Ramadan. Ajoutons-en l'inclusion de nombreux «diplomates» parasites qu'on va chercher en Gagaousie dans les délégations présidentielles, dans lesquelles personne n'a quelque chose à faire. On peut y ajouter le franchissement de frontières interétatiques dans des véhicules de l'État par tel «diplomate» qui va rendre visite à sa copine, pardon, à ses copines. Ah! Le bon père de famille, l'admirable et excellent père de famille! C'est ça, la lutte contre la corruption?
On apprend même que Mohamed Ali Saïd, Gouverneur de Mohéli, est parti à Mayotte, en direction de Madagascar, où il doit récupérer une vedette de plus pour son commerce privé. Il a commandé cette vedette de Scandinavie. Même son Directeur de Cabinet n'est pas au courant de l'itinéraire de son chef à l'étranger. Ce qui est «joli» dans tout ça, c'est que les voyages d'affaires de l'Excellence mohélienne sont financés sur fonds publics, puisque chaque déplacement du Grand Homme est classé à la rubrique «Voyages officiels».
Revenons à nos fameux séminaires gouvernementaux, la grandiose uvre du non moins grandiose Saïd Mohamed Ali Saïd, secrétaire général du gouvernement, grand «séminariste» dans le sens non religieux du terme, Premier ministre putatif, chantre de la stratégie de la bouche constamment ouverte pour raconter des blablas dans des cérémonies pompeusement baptisées «Séminaires gouvernementaux». Quand on est un bon gestionnaire, on fait des bilans d'étape. Le bilan qui s'impose aujourd'hui est celui des «Séminaires gouvernementaux» de Saïd Mohamed Ali Saïd, qui doit dire aux Comores ce que ses blagues ont apporté à ce pauvre pays. À quoi servent tous ces séminaires? À rien. Qu'est-ce qu'ils ont apporté aux Comores? Toujours rien. Et pourquoi on maintient cette immense foutaise? Mais, pardi, parce qu'il faut donner au peuple l'impression que les autorités font quelque chose, surtout quand elles ne font rien puisqu'elles ne peuvent rien faire, rien de bien, en tout cas.
Même quand ces séminaires sont financés sur fonds internationaux, ce financement n'est pas gratuit et est considéré comme une aide octroyée aux Comores, et qu'il faut parfois rembourser. Les partenaires du pays se donneront bonne conscience en disant avoir débloqué de l'argent pour permettre à Saïd Mohamed Ali Saïd d'aller parader et plastronner dans une salle de conférences remplie d'autorités venues à la recherche du «Tahalili». Mais, qu'est-ce que le «Tahalili»? C'est un mot que les plus sarcastiques des Mohéliens ont introduit dans le vocabulaire politique des Comores. À l'origine, il s'agit d'une somme d'argent qu'on remet aux personnes assistant à la lecture du Coran pour le salut de l'âme d'un mort. Comme les Mohéliens sont les spécialistes du glissement sémantique, «Tahalili» est donc entré dans la terminologie politique des Comores. Et tout le monde sait que les «séminaires gouvernementaux» ne sont jamais organisés dans les ministères, mais dans les salles de conférences des hôtels, qu'il faut obligatoirement louer, pour des pique-assiettes qui mangent comme des ogres, et qu'il faut nourrir donc. Cette nourriture est également payante. Or, à ce jour, on ne dit pas aux Comoriens ce que les séminaires en cause ont rapporté à leur pays. On se contente de perpétuer l'immense «industrie» nationale de gaspillage et on s'interdit toute introspection et toute investigation.
La dernière plaisanterie du moment porte sur le «Développement durable» et est financée par l'Institut francophone de Développement durable (IFDD), connu pour être un organe subsidiaire de l'Organisation internationale de la francophonie (OIF). Comme il a un agenda désespérément vide, le chef de l'État a assisté à la chose. De toute façon, aux Comores, le chef de l'État assiste même à la ponte des ufs de poules et de tortues, quand ces dernières ne sont pas trop occupées à organiser des réunions inutiles comme les autorités comoriennes.
Le Président de la République est investi de sa charge de magistrat suprême depuis le 26 mai 2011. Il est temps pour lui non pas de faire des séminaires à l'utilité douteuse, mais de faire en sorte qu'il applique déjà le programme qu'il a proposé aux Comoriens et pour lequel ceux-ci, l'argent de l'État et la fraude organisée par Ahmed Sambi ont eu le malheur de le placer à la tête de ce beau pays.
En tout cas, en ce jour d'attribution du Prix Nobel de la Paix, j'ai une pensée attendrie et émue pour les deux «diplomates» comoriens les plus mobiles de leur État d'accréditation vers les autres pays pour ne rien faire, d'ailleurs. Pour leur acharnement à menacer de porter plainte contre moi, en raison de mes articles, je crois qu'ils méritaient mieux le Prix Nobel de la Paix 2013 que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).
Par ARM
© www.lemohelien.com - Vendredi 11 octobre 2013.