Les pratiques islamiques des Comores sont-elles universelles ? Au contraire, après la mort de Jaʿfar, le Prophète ﷺ a demandé de préparer de la nourri
Les pratiques islamiques des Comores sont-elles universelles ?
Prenons les ENVELOPPES d’argent, omniprésentes dans nos cérémonies :
mariages, naissances, deuils et autres événements. Donner de l’argent ou faire une ṣadaqa est bien encouragé en islam (Coran 2:261), mais le Coran ni la Sunna n’imposent ces enveloppes ni leur distribution lors de cérémonies précises.
Autre exemple : lors des deuils, notamment aux 3e, 9e et 40e jours, les familles endeuillées préparent et distribuent de la nourriture. Existe-t-il une prescription coranique ou une Sunna authentique imposant ces repas à ces dates ? NON.
Au contraire, après la mort de Jaʿfar, le Prophète ﷺ a demandé de préparer de la nourriture pour la famille endeuillée (Sunan Abû Dâwûd 3132 ; Jamiʿ at-Tirmidhi 998). La Sunna établit donc le principe de soutenir la famille endeuillée, sans instituer de repas aux 3e, 9e ou 40e jours.
Alors pourquoi sommes-nous si prompts à juger les pratiques des autres musulmans ?
Prenons le cas de la présidente de Tanzanie devenue veuve, critiquée par certains Comoriens parce qu’elle reçoit les condoléances d’hommes. Comme si une veuve devait être cloîtrée, ne pas sortir, parler aux hommes ou même élever la voix.
"Un jour, une femme avait posé la question à la radio à fundi Djelane alors Cadi de Moroni , "
"pouvait-elle aller travailler après la mort de son mari, pour subvenir aux besoins de sa famille ( elle avait deux enfants à charge et elle travaillait dans une institution internationale, au risque de perdre son travail ? "
La réponse a été OUI ( La réponse a été donnée lors d 'un darasa à Moroni )
Le Coran prescrit à la veuve une période d’attente de quatre mois et dix jours (Coran 2:234). La Sunna précise certaines règles du deuil et rapporte également le cas d’une veuve à qui le Prophète ﷺ demanda de rester dans son domicile pendant sa ʿidda (Sunan Abû Dâwûd 2300).
Mais où est-il dit qu’une veuve ne doit parler à aucun homme, ne pas sortir ou ne pas élever la voix ?
Nous ne sommes pas les seuls à savoir lire et interpréter le Coran. Il y a des oulémas en Tanzanie et d'ailleurs al habib Omar et Mouigni Baraka ont étudié l'islam dans ce pays.
Avant de condamner les pratiques d’autres musulmans, demandons-nous : est-ce une prescription du Coran, une Sunna authentique, une interprétation juridique ( fiqh (الفقه désigne la jurisprudence islamique) ou une tradition culturelle comorienne ?
Être attaché à nos traditions est une chose. Les présenter comme des prescriptions islamiques universelles en est une autre.
Mohamed Ali Chami

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