Le peuple mérite un vrai débat. Depuis près de dix ans, le pouvoir comorien a pris l’habitude d’éviter la confrontation publique des idées. On communi
Le peuple mérite un vrai débat
Depuis près de dix ans, le pouvoir comorien a pris l’habitude d’éviter la confrontation publique des idées. On communique depuis des bureaux, on répond à quelques questions choisies, on diffuse des vidéos sur les réseaux sociaux… mais on refuse toujours l’essentiel : "descendre dans l’arène et accepter le débat contradictoire"
Aujourd’hui, le secrétaire général du gouvernement prétend répondre aux questions des internautes. Très bien. Mais gouverner un pays ne consiste pas à s’adresser seul à une caméra, assis derrière un bureau, dans un cadre parfaitement maîtrisé. Gouverner, c’est aussi rendre des comptes, écouter les critiques, affronter les questions difficiles et défendre publiquement ses choix.
Les Comoriens n’attendent pas seulement des slogans, des publications ou des réponses en ligne. Ils attendent des "actes concrets sur le terrain", des résultats visibles et une véritable redevabilité. Les réseaux sociaux peuvent être un outil d’information, mais ils ne doivent pas devenir un refuge pour éviter la confrontation avec les citoyens et les contradicteurs.
Depuis trop longtemps, le débat public est réduit au silence. Les décisions qui engagent l’avenir du pays sont prises sans véritable espace de discussion, sans confrontation transparente et sans dialogue national à la hauteur des enjeux. Plusieurs critiques publiques récentes ont d’ailleurs relancé les interrogations sur le fonctionnement de l’État et sur la place accordée au débat démocratique aux Comores.
Alors, monsieur le Secrétaire général du gouvernement, le message est simple : soyez courageux.
Ne choisissez pas seulement les questions auxquelles vous souhaitez répondre. Acceptez les contradicteurs. Venez face aux journalistes, aux acteurs politiques, aux universitaires, à la société civile et aux citoyens. Défendez votre bilan devant le peuple, dans un débat ouvert, public et contradictoire. Nous ne demandons ni spectacle ni polémique stérile. Nous demandons le droit de comprendre, de questionner et de contester. Un pays ne se gouverne pas derrière un écran. Et la vérité ne se protège pas en évitant le débat.
Nous vous attendons dans l’arène.
Nous sommes prêts à débattre.
La question est désormais de savoir si vous, vous êtes prêts à répondre.
Mahafidh Eddine

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