Enseignement : une catastrophe nationale

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Enseignement : une catastrophe nationale. Quelle meilleure preuve que ce scandale honteux que chacun peut observer : des enfants nés et vivant aux Com

Enseignement : une catastrophe nationale

La rentrée scolaire, prévue la semaine prochaine aux Comores, intervient dans un contexte éducatif catastrophique. Ce qui se dessine c’est la perpétuation d’une crise qui plombe le devenir du pays.

La réussite au bac est le meilleur critère pour apprécier la situation et mesurer l’ampleur de la catastrophe. 31,8% de réussite au Bac, même si on doit noter une progression, ce chiffre aurait provoqué ailleurs un tsunami social L’enseignement public, qui joue un rôle central dans la scolarisation des Comoriens, fait face à des défis structurels majeurs sur lesquels il faut se pencher.

𝐃𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐟𝐫𝐚𝐬𝐭𝐫𝐮𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐬𝐜𝐨𝐥𝐚𝐢𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐫𝐮𝐢𝐧𝐞

La plupart des établissements publics sont dans un état de délabrement avancés. Des vieux bâtiments non entretenus tombés en ruine : murs fissurés, salles sans toit, plafonds suspendus dangereux, tables-bancs lamentables.

𝐃𝐞𝐬 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐜𝐢𝐭é𝐬 𝐝'𝐚𝐜𝐜𝐮𝐞𝐢𝐥 𝐥𝐢𝐦𝐢𝐭é

Les chiffres sont accablants : 286 collèges et seulement 63 publics ; 213 lycées et seulement 32 publics. Une offre publique est extrêmement limitée pour répondre à la demande. Conséquence logique à Ngazidja, 80% des élèves sont dans un privé non maîtrisé

𝐃𝐞𝐬 é𝐭𝐚𝐛𝐥𝐢𝐬𝐬𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐬𝐮𝐫𝐜𝐡𝐚𝐫𝐠é𝐬 𝐞𝐭 𝐝'𝐚𝐮𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐦𝐞𝐧𝐚𝐜é𝐬 𝐝𝐞 𝐟𝐞𝐫𝐦𝐞𝐭𝐮𝐫𝐞

Certains établissements affichent des effectifs pléthoriques, avec des classes surchargées tandis que d’autres établissements enregistrent des effectifs si faibles que leur fermeture est envisagée. A l’EPP de Bungweni à Sima, Ndzuani, un instituteur doit faire face à 124 élèves alors qu’au Collège de Mistamihuli le nombre de collégiens n’atteint pas 50.

𝐑𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐢𝐥𝐢𝐭é𝐬 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐚𝐠é𝐞𝐬 : É𝐭𝐚𝐭, 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐚𝐧𝐭𝐬, 𝐩𝐨𝐩𝐮𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧


𝑳'É𝒕𝒂𝒕 𝒆𝒏 𝒑𝒓𝒆𝒎𝒊è𝒓𝒆 𝒍𝒊𝒈𝒏𝒆 Le responsable principal de cette catastrophe est incontestablement l’État. C’est à lui d’assurer l’édification d’un système d’éducation rigoureux, cohérent et efficient aussi bien en terme d’infrastructures scolaires que de contenu de l’enseignement. Quelle éducation à nos enfants et dans quel environnement ?

𝑳𝒆𝒔 𝒆𝒏𝒔𝒆𝒊𝒈𝒏𝒂𝒏𝒕𝒔 : 𝒆𝒏𝒕𝒓𝒆 𝒍é𝒈𝒊𝒕𝒊𝒎𝒆𝒔 𝒓𝒆𝒗𝒆𝒏𝒅𝒊𝒄𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏𝒔 𝒆𝒕 𝒓𝒆𝒔𝒑𝒐𝒏𝒔𝒂𝒃𝒊𝒍𝒊𝒕é𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒇𝒆𝒔𝒔𝒊𝒐𝒏𝒏𝒆𝒍𝒍𝒆𝒔


Les enseignants comoriens ont des raisons légitimes de se mobiliser pour le paiement régulier de leurs salaires et l’amélioration de leurs conditions de travail. Cependant, limiter leur action syndicale aux seules questions salariales et d’avancement est problématique. Ils sont les premiers confrontés au système éducatif. Il leur revient de sensibiliser la population et de nous mobiliser pour trouver des réponses aux questions essentielles qui se posent

𝙇'𝙚𝙨𝙥𝙧𝙞𝙩 𝙫𝙞𝙡𝙡𝙖𝙜𝙚𝙤𝙞𝙨


La responsabilité de la population, et en particulier des notables, ne doit pas être occultée. Cette tendance à vouloir doter chaque village qui d’un lycée, d’un collège sabote la carte scolaire, empêche un usage rationnel des ressources en enseignants et en bâtiments. Par électoralisme et manque de détermination à servir la nation, les gouvernants se plient à des telles hérésies. 𝙇𝙚 𝙧ô𝙡𝙚 𝙥𝙚𝙧𝙙𝙪 𝙙𝙚𝙨 𝙖𝙨𝙨𝙤𝙘𝙞𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣𝙨 𝙙𝙚 𝙥𝙖𝙧𝙚𝙣𝙩𝙨 𝙙'é𝙡è𝙫𝙚𝙨 Par le passé, les associations de parents d’élèves (APE) par établissement jouaient un rôle dynamique essentiel Tout cela s’est perdu dans l’irresponsabilité ambiante induit par un système éducatif national branlant.

𝐔𝐧 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐜𝐨𝐮𝐩𝐞 𝐥'𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐫𝐚𝐜𝐢𝐧𝐞𝐬


La critique la plus profonde concerne le contenu même de l’enseignement. Damir Ben Ali, anthropologue et l’un des premiers enseignants du pays, estime que « l’enseignement aux Comores produit des étrangers », coupe l’enfant de ses racines culturelles et linguistiques.

Quelle meilleure preuve que ce scandale honteux que chacun peut observer : des enfants nés et vivant aux Comores, de parents comoriens, ne parlent pas le comorien. Certains parents, y compris parmi les hauts cadres, s’en glorifient, comme s’il s’agissait d’un signe de modernité ou de réussite sociale.

Il est urgent de changer cet état de fait. On ne peut pas continuer à singer l’éducation française. Se débarrasser de la tutelle française, faire valoir l’identité comorienne. Réfléchir sans ingérence française sur l’intégration de l’histoire, de la géographie, des langues et des valeurs comoriennes. Définir les acquisitions de chaque enfant aux divers stades de son évolution. Poser intelligemment la question de la langue comoriennes dans ses quatre parlers.

Cette refonte nécessiterait un débat national large, associant enseignants, parents, intellectuels et décideurs, pour repenser l’école comorienne non plus comme un lieu de reproduction de modèles étrangers, mais comme un creuset de l’identité comorienne et du développement économique et social du pays.. 

Idriss Mohamed Chanfi
04/09/2026

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