Comores : quand l’action publique change le pays sans changer les regards. Dans notre pays, les communautés ont toujours contribué au bien commun. Mai
Comores, quand l’action publique change le pays sans changer les regards
Il y a quelque chose de paradoxal dans le débat public comorien lorsqu’on s’aperçoit que certains répètent que rien ne change alors que le pays se transforme sous leurs propres yeux. La polémique suscitée par la déclaration du ministre de l’Éducation nationale, Bacari Mvoulana, sur la possibilité de réquisitionner des foyers communautaires pour faire face au sureffectif de l’Université des Comores m’a mis la puce à l’oreille car elle souligne une vraie question selon laquelle l’État ne peut pas tout faire seul. Oui, c’est vrai et ça les Comoriennes et Comoriens l’ont bien compris depuis.
Dans notre pays, les communautés ont toujours contribué au bien commun. Mais on ne peut décider à la place de ceux qui donnent. Un foyer communautaire est le fruit de cotisations, de sacrifices et d’engagements collectifs. L’État peut solliciter, négocier et contractualiser, mais il doit d’abord dialoguer avec ceux qui ont construit. Cette exigence de dialogue ne doit cependant pas nous faire oublier les transformations en cours.
Depuis 2018, d’importants chantiers ont été engagés. Les exemples les plus frappants restent le nouvel hôpital El-Maarouf, les routes et opérations de désenclavement, les infrastructures énergétiques, les forages et réseaux d’eau dans les régions reculées. Dans le domaine de l’électricité, le développement du solaire constitue une évolution majeure. Le 6 septembre 2026, la centrale photovoltaïque de Washili comme une autre à Anjouan a été inaugurée avec une capacité annoncée de plus de 18 mégawatts. L’électricité n’est pas seulement une infrastructure mais une condition du développement.
Les Jeux des îles de l’océan Indien de 2027 constituent une autre occasion d’accélérer cette transformation. Des infrastructures sportives et logistiques sont déjà engagées. Mais le COJI doit améliorer considérablement sa communication. L’acte de construire ne suffit pas. Il faut informer, montrer les avancées, expliquer aussi les difficultés et rendre compte. Dans un contexte où certains annoncent déjà l’échec des Jeux, tout silence institutionnel laisse trop de place aux rumeurs.
Le problème est aussi politique. Depuis 2016, l’action publique demeure trop fragmentée entre ministères et responsables. Chacun veut être celui qui a fait. Il manque un récit national capable de présenter ces chantiers comme les éléments d’un même projet de pays.
Abdoulatuf Bacar

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