Polémique autour de la tribune de Houmed Msaidie : Remettons l'église au centre du village ! Cette controverse mérite, selon moi, d'être abordée avec.
Polémique autour de la tribune de Houmed Msaidie : Remettons l'église au centre du village !
Ceux qui sont en responsabilité agissent, tandis que l'opposition, les observateurs politiques et les citoyens interpellent et proposent.
La tribune réquisitoire publiée sur les réseaux sociaux par Houmed Msaidie, ancien Ministre et actuel Conseiller politique du Président Azali Assoumani, a suscité une vive polémique. En invitant ceux qui critiquent la gestion du pays à s'impliquer davantage dans les élections et dans la construction du pays, il a provoqué une levée de boucliers de la part de nombreuses personnes qui se sont senties visées par ses propos.
Cette controverse mérite, selon moi, d'être abordée avec sérénité, car elle soulève une question essentielle dans toute démocratie qui est celle de la liberté d'expression.
En effet, ce droit est reconnu à toute personne, qu'elle réside à l'intérieur ou à l'extérieur du pays.
En l'espèce, il s'agit notamment des Comoriens vivant hors du territoire national, c'est à dire de la diaspora.
Je considère qu'on ne peut, d'un côté, saluer leur contribution importante au développement économique du pays ainsi que leur rôle dans le maintien de la stabilité sociale, et, de l'autre leur dénier le droit de porter un regard critique sur la gestion des affaires publiques. A mes yeux, la participation au débat national et l'expression d'opinions sur la conduite du pays constituent des droits légitimes dont aucun citoyen ne saurait être privé en raison de son lieu de résidence.
En revanche, je suis entièrement d'accord avec mon ami Houmed Msaidie sur un point : il est inadmissible de jeter l'opprobre sur l'ensemble des fonctionnaires et cadres comoriens.
S'il est vrai que certains ont pu faillir à leurs missions, beaucoup ne ménagent aucun effort pour accomplir leur travail avec professionnalisme et dévouement, parfois dans des conditions particulièrement difficiles.
Il serait doc injuste de les condamner collectivement ou de remettre en cause leur engagement en raison des manquements de quelques-uns. On peut être d'accord ou non avec la personnalité et les positions politiques du responsable politique, mais je lui reconnais le mérite d'exprimer ouvertement son point de vue sur la gestion et le climat politique du pays.
Cette attitude, qui ne date pas d'aujourd'hui, témoigne d'un engagement assumé et d'une volonté de défendre avec conviction ses idées ainsi que le pouvoir qu'il soutient, malgré les critiques parfois acerbes et les risques auxquels il s'expose.
A l'inverse, certains préfèrent le silence, privilégiant leur sécurité personnelle et leur confort plutôt que de s'engager dans le débat public. Il faut rendre à César ce qui appartient à César ! Il va sans dire qu'à l'ère des réseaux sociaux, chacun dispose d'un espace pour exprimer librement ses opinions. Cette démocratisation de la parole constitue une avancée indéniable pour le débat public.
Toutefois, elle s'accompagne parfois de dérives regrettables. Je constate en effet que, sur ces plateformes, tout le monde semble devenir compétent dans tous les domaines, chacun se posant en expert, sans réelle maîtrise des sujets abordés. Les analyses rapides et les affirmations non vérifiées y prennent souvent le pas sur la réflexion et la nuance.
C'est là, selon moi, l'un des revers de la médaille de cette liberté d'expression élargie. Pour autant, ces dérives ne doivent pas occulter la valeur fondamentale de ce droit, mais plutôt nous inviter à davantage de responsabilité, de rigueur et d'humilité dans la prise de parole publique.
Au final, au-delà des controverses, je reste convaincu que l'enjeu essentiel demeure la préservation d'un espace de débat ouvert, respectueux et constructif.
S.Omar Badaoui

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