Maître Ahmed Mbapandza Mlimengou plaide pour l’abolition de la peine de mort aux Comores. L’avocat invoque aussi les enseignements de l’islam. S’appuy
Maître Ahmed Mbapandza Mlimengou plaide pour l’abolition de la peine de mort aux Comores
« La justice qui tue cesse d’être juste. » C’est le message porté par Maître Ahmed Mbapandza Mlimengou dans son plaidoyer en faveur de l’abolition définitive de la peine de mort aux Comores.
L’avocat rappelle d’abord qu’aucune justice n’est infaillible. Dans un pays où les moyens d’enquête scientifique restent limités, une erreur judiciaire demeure possible. Or, une exécution est irréversible : un innocent exécuté ne peut être réhabilité. Pour lui, ce risque à lui seul justifie l’abandon de la peine capitale.
Maître Mbapandza estime également que cette sanction est contraire aux valeurs comoriennes, historiquement fondées sur la réconciliation, le pardon et la réparation du lien social. Selon lui, un État moderne ne doit pas se venger mais protéger, juger et réinsérer. La peine de mort ne met pas fin à la souffrance : elle ajoute à la douleur de la famille de la victime celle de la famille du condamné.
Sur le plan juridique, il souligne que la peine de mort n’a jamais démontré son efficacité comme moyen de dissuasion. Les Comores n’ont procédé à aucune exécution depuis 1997 sans connaître d’explosion de la criminalité. Ce qui décourage les criminels, affirme-t-il, n’est pas la sévérité de la peine mais la certitude d’être arrêtés et jugés. Il rappelle également que l’Union des Comores a ratifié le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et soutient régulièrement le moratoire mondial sur les exécutions aux Nations unies.
L’avocat invoque aussi les enseignements de l’islam. S’appuyant sur les versets coraniques relatifs au talion, il rappelle que le pardon, la miséricorde et la compensation sont privilégiés. « Ne tuez point la vie qu’Allah a rendue sacrée », cite-t-il, estimant que nul homme ne devrait porter la responsabilité de retirer une vie lorsque l’erreur reste possible.
Enfin, Maître Mbapandza considère la peine de mort comme un héritage du droit colonial inspiré du Code Napoléon de 1810. Pour lui, son abolition constituerait un acte de souveraineté juridique et un pas supplémentaire vers une justice plus moderne et plus humaine.
« La grandeur des Comores ne se mesurera jamais au nombre d’exécutions, mais à sa capacité à rendre une justice équitable et digne », conclut-il. « Depuis 1997, les Comores ont aboli la peine de mort dans les faits. Il est temps de l’abolir dans nos lois. »
Ansoir Al Thani

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