Le Grand Mariage de DAOUD Halifa : une leçon de vie et non un reniement. Daoud Halifa n'organise donc pas cette cérémonie pour obtenir une place dans
Le Grand Mariage de DAOUD Halifa : une leçon de vie, et non un reniement
Depuis quelques jours, de nombreuses discussions animent les réseaux sociaux et les places publiques à Ngazidja autour du Grand Mariage de Monsieur Daoud Halifa. Certains affirment qu'il aurait fini par « céder » ou qu'il aurait renoncé à ses convictions en organisant finalement son Grand Mariage. Cette lecture me paraît pourtant erronée.
À mes yeux, Daoud Halifa n'a jamais rejeté le Grand Mariage. Il a simplement défendu une idée essentielle : chaque chose en son temps.
Au lieu de se précipiter pour satisfaire une pression sociale, il a choisi de bâtir d'abord les fondations de sa vie. Il a investi dans son avenir, construit une maison pour sa famille, éduqué ses enfants, soutenu ses neveux et ses nièces, créé des entreprises, généré des emplois et s'est imposé comme l'un des entrepreneurs les plus influents des Comores, avec une reconnaissance qui dépasse aujourd'hui les frontières du pays.
Cette réussite n'est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d'une vision, de la patience, du travail et d'un sens aigu des priorités.
Si aujourd'hui ses enfants, ses neveux, ses nièces, ses petits-enfants et l'ensemble de sa famille lui demandent de célébrer son Grand Mariage, ce n'est pas parce qu'il devait prouver quelque chose à la société. C'est parce qu'il a déjà beaucoup donné à sa famille et à sa communauté. Son Grand Mariage intervient comme l'aboutissement d'un parcours exemplaire, et non comme un objectif qui aurait précédé sa réussite.
Daoud Halifa n'organise donc pas cette cérémonie pour obtenir une place dans la société. Cette place, il l'a acquise depuis longtemps par son travail, son engagement et ses réalisations. Il célèbre aujourd'hui le Grand Mariage parce qu'il estime que le moment est venu, après avoir assuré l'essentiel.
Son parcours transmet un message fort : il est possible de respecter les traditions sans sacrifier son avenir.
Pendant longtemps, de nombreux jeunes Comoriens ont cru qu'il fallait absolument réaliser le Grand Mariage avant toute autre ambition. Cette logique a parfois conduit certaines familles à s'endetter, à retarder des projets de logement, d'investissement ou d'éducation, voire à compromettre leur avenir économique.
L'exemple de Daoud Halifa montre une autre voie. Il nous rappelle qu'il existe un ordre des priorités : construire sa vie, assurer l'éducation de ses enfants, développer ses activités économiques, créer un patrimoine et contribuer au développement de sa famille et de son pays. Le Grand Mariage peut ensuite être célébré dans la dignité, lorsque les conditions sont réunies.
En réalité, le temps pour entreprendre est limité. Les meilleures années pour créer une entreprise, investir, prendre des risques et bâtir un patrimoine ne durent pas toute une vie. En revanche, le Grand Mariage peut être célébré plus tard, lorsque les responsabilités familiales et économiques sont mieux assurées.
C'est précisément cette hiérarchie des priorités que Daoud Halifa illustre aujourd'hui. Il ne renie pas la tradition ; il lui redonne son véritable sens. Il démontre que les coutumes doivent accompagner la réussite, et non l'empêcher.
J'invite donc la jeunesse comorienne à s'inspirer de cet exemple. Construisons d'abord notre avenir. Investissons dans notre éducation, nos entreprises, nos maisons, nos familles et notre indépendance financière. Lorsque ces bases seront solides, nous pourrons célébrer nos traditions avec sérénité, fierté et sans compromettre notre avenir.
Le Grand Mariage est une tradition honorable de notre culture. Mais il ne devrait jamais devenir un obstacle à la réussite. L'héritage le plus précieux que nous pouvons transmettre à nos enfants n'est pas une cérémonie, mais une éducation de qualité, un patrimoine solide, des valeurs et des opportunités.
L'exemple de Daoud Halifa nous enseigne qu'on ne renonce pas à une tradition en choisissant le bon moment pour l'accomplir. Au contraire, on lui donne davantage de valeur en faisant en sorte qu'elle couronne une vie déjà construite.
Abdouroihamane Moussa

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