"Dedans sans être dedans » : quand la fidélité à un parti se heurte à la question des valeurs. L'une de ses déclarations a particulièrement retenu l'a
"Dedans sans être dedans » : quand la fidélité à un parti se heurte à la question des valeurs
Les déclarations récentes de Hamada Madi Bolero, ancien membre fondateur de la CRC, relancent le débat sur la fidélité à un parti politique lorsque celui-ci, selon ses propres fondateurs, s'éloigne de ses principes d'origine.
Dans sa confession publique, Hamada Mmadi Bolero affirme que la CRC d'aujourd'hui « n'a plus rien à voir » avec le parti qu'il avait contribué à créer avec plusieurs compagnons. Certains, rappelle-t-il, ont quitté définitivement la formation politique, tandis que d'autres sont revenus au fil des années.
L'une de ses déclarations a particulièrement retenu l'attention : il affirme être « dedans sans être dedans ». Une formule qui soulève une interrogation de fond. Peut-on réellement appartenir à un parti tout en estimant que les valeurs qui ont présidé à sa création ont disparu ?
L'ancien fondateur critique notamment le fonctionnement interne de la CRC. Selon lui, les dirigeants ne seraient plus élus par les militants mais désignés par une seule personne. Il dénonce également les exclusions visant, selon ses propos, les membres qui expriment leur désaccord avec les décisions de la direction.
Ces constats conduisent à une question légitime : si un responsable politique considère que les valeurs fondatrices d'un parti ne sont plus respectées, pourquoi choisir d'y rester ? L'explication du « dedans sans être dedans » paraît difficile à concilier avec une telle analyse.
Certains y verront un choix personnel ou stratégique. D'autres pourront s'interroger sur les motivations qui poussent à demeurer dans une organisation dont on critique publiquement le fonctionnement. Le débat est ouvert, mais la cohérence entre les convictions affichées et les actes demeure une exigence essentielle en politique.
Hamada Mmadi Bolero affirme également qu'il ne quitte pas la CRC parce qu'aucun autre parti ne respecterait les valeurs qui avaient inspiré la création de cette formation. Cette affirmation mérite toutefois d'être discutée.
À titre d'exemple, le parti Naribarikishe Yi Komori met en avant un fonctionnement fondé sur l'élection de ses dirigeants par les militants lors d'un congrès organisé tous les trois ans. Son prochain congrès est prévu le 8 août à Mutsamudu, sur l'île d'Anjouan. À cette occasion, le parti prévoit de présenter la déclinaison en programme de gouvernement de son projet de société, « Mradi wa Ntsi », élaboré à l'issue d'un long travail associant militants et experts issus de différents horizons.
Cette réflexion dépasse d'ailleurs le seul cas de la CRC. Le nom de Me Fahami Said Ibrahim revient régulièrement dans les discussions autour du parti Juwa, où des rumeurs persistantes évoquent un possible départ. Là encore, une question se pose : lorsqu'un responsable politique estime ne plus trouver sa place au sein d'une formation ou considère que ses valeurs fondamentales ne sont plus respectées, la responsabilité politique consiste-t-elle à rester en affirmant être « dedans sans être dedans », ou à assumer clairement son choix ?
En démocratie, les partis politiques vivent de leurs idées, de leurs règles internes et de la confiance de leurs militants. Lorsqu'un écart est constaté entre les valeurs fondatrices et la réalité du fonctionnement, le débat est légitime. Mais il appartient également à chaque responsable politique de faire des choix cohérents avec les convictions qu'il défend publiquement.

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