Les Sentinelles de l’Archipel. Et du nord de cette benjamine, lorsque l’aube rougit, Chaque île étant et tendant un regard vers l’autre projeté. Le so
Les Sentinelles de l’Archipel
Quatre îles se répondent comme un ancien empire.
Telles des étoiles posées sur un miroir,
Elles se regardent au seuil du jour et du soir.
Au nord de la plus ancienne, quand le ciel est de verre,
Le sud de la plus proche surgit, flottant sur la mer.
Comme une sœur lointaine tendant sa douce main,
Elle veille sur sa soeur du soir jusqu’au matin.
Sur la corne de la seconde, battue par les alizés,
La plus petite apparaît dans les reflets irisés.
Tel un rubis posé sur un écrin d’argent,
Son rivage aux tortues murmure des secrets au vent.
Et du nord de cette benjamine, lorsque l’aube rougit,
La plus grande se dessine là où l’horizon frémit.
Comme un géant paisible endormi sur les flots,
Elle enlace la mer de ses volcaniques mots.
Ainsi l’archipel danse en un cercle enchanté,
Chaque île étant et tendant un regard vers l’autre projeté.
Telles quatre perles cousues sur un collier bleu,
Elles unissent leurs âmes sous le regard des cieux.
La mer est leur chemin, le vent leur messager,
Le soleil leur poète, la lune leur berger.
Et l’on croit voir parfois, quand le couchant rougeoie,
Les îles se sourire dans un silence de joie.
Ô Comores, jardin semé sur l’océan profond,
Où les terres se cherchent sans jamais rompre le pont,
Vous êtes un poème que les vagues ont écrit,
Une chaîne de lumière où chaque île est un cri.
Abdoulatuf Bacar, in «Mon archipel»

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