L'ancien ministre Abbas Mohamed El-had recadre Soilih Mohamed Soilih. Il me semble, Monsieur l’Ex-Ambassadeur, qu’il y a une limite que l’exercice de.
À l’attention de Monsieur Soilih Mohamed Soilih,
Ex-Ambassadeur de l'Union des Comores permanent auprès de l'ONU,
En ma qualité de Conseiller Technique au sein du Ministère de l’Intérieur, j’ai toujours fait le choix, par déontologie et par respect pour les institutions que je sers, de m’extraire des débats socio-politiques enflammés.
Ce choix n'est pas une abdication de ma pensée, mais une volonté de préserver la neutralité nécessaire à ma mission, conscient que la confusion entre une libre opinion personnelle et une ligne gouvernementale est vite établie comme j’en ai fait l’amère expérience par le passé lors de mes prises de position sur la tournante.
J’ai, depuis, appris à observer une réserve scrupuleuse, dans l’attente d’une maturité politique qui semble, hélas, faire défaut à certains.
Toutefois, votre récente intervention publique concernant les codifications protocolaires liées à la Première Dame épouse du Président Azali m’impose, cette fois, de rompre ce silence.
Il me semble, Monsieur l’Ex-Ambassadeur, qu’il y a une limite que l’exercice de la diplomatie ne devrait jamais franchir : celle de l’élégance et de la retenue. En exposant ainsi, sur la place publique, les arcanes et les règles protocolaires qui entourent la Première Dame, vous avez fait preuve d’un manque de hauteur qui, de la part d'un diplomate en exercice, interroge.
Le protocole n’est pas un spectacle destiné à la consommation médiatique ; c’est le langage silencieux des institutions. Votre rôle, en tant que représentant diplomatique, est de veiller à ce que ces usages soient respectés, non de les déballer en place publique sous forme de leçons, et moins encore de manière ostentatoire.
Ce « tapage » médiatique n'apporte aucune valeur ajoutée à la fonction que vous avez occupé; il en diminue, au contraire, la portée.
Plus grave encore est la question de la confiance. La diplomatie, à haut niveau, repose sur le secret et la discrétion. Si un homme d’État, un ambassadeur, estime nécessaire d’étaler les détails techniques et protocolaires d’un cadre pourtant confidentiel devant le grand public, quelle garantie avons-nous quant à la tenue de vos entretiens plus sensibles ?
Les confidences, Monsieur l’Ex-Ambassadeur, restent des confidences. Lorsqu’elles sont trahies au nom d'un argument politique, c’est tout le crédit de votre parole qui s'en trouve affaibli.
Je tenais à vous exprimer cette opinion avec la franchise qui sied à des serviteurs de l’État. La respectabilité de nos fonctions ne se mesure pas à notre capacité à faire du bruit, mais à la sagesse avec laquelle nous savons garder le silence sur ce qui doit l'être.
Je vous prie de recevoir, Monsieur l’Ex-Ambassadeur, mes salutations distinguées.
MOHAMED EL-HAD Abbas
Conseiller Technique au Ministère de l’Intérieur

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