Quand Koimbani montre la voie là où la solidarité l’emporte sur la contrainte. Les résultats parlent d’eux-mêmes. Grâce aux efforts consentis par les.
Quand Koimbani montre la voie là où la solidarité l’emporte sur la contrainte
Des fois si ce n'est souvent, certaines décisions communautaires ont une portée qui dépasse largement leur simple application. Elles traduisent efficacement une vision, un état d’esprit et une conception du vivre-ensemble. À Koimbani, les réformes engagées ces dernières années relèvent précisément de cette catégorie. Elles témoignent d’une volonté collective affirmée de moderniser la gouvernance communautaire, de renforcer la gestion des ressources collectives et de préparer l’avenir sur des bases plus solides, plus transparentes et plus justes.
Au cœur de cette dynamique nouvelle se trouve une ambition claire consistant à mieux organiser les finances communautaires afin de garantir la pérennité des projets de développement local. C’est dans cet esprit qu’est né le désormais célèbre slogan « Dans la caisse », devenu bien plus qu’une formule. Ce slogan que reprennent certains comme un refrain résume à lui seul une philosophie de responsabilité collective, d’épargne communautaire et de gestion rigoureuse des fonds issus du Enda na Mila à Koimbani. Derrière ces mots se cache une conviction forte selon quoi toute contribution doit servir l’intérêt général et permettre à la communauté de disposer des moyens nécessaires pour construire son avenir.
Les résultats parlent d’eux-mêmes. Grâce aux efforts consentis par les Koimbaniennes et les Koimbaniens, des projets d’envergure voient aujourd’hui le jour, certains atteignant ou dépassant même les cent millions de francs comoriens. Une telle capacité de mobilisation démontre qu’une communauté organisée, unie autour d’objectifs communs et d’une gestion saine de ses ressources, peut accomplir des réalisations remarquables.
Mais au-delà des chiffres et des investissements, c’est sans doute dans le domaine humain que Koimbani vient de poser l’un de ses actes les plus forts : il a aboli le fait de taxer des familles en deuil.
L’abolition de la taxation des familles endeuillées constitue en effet une réforme majeure, à la fois morale, sociale et profondément moderne. Pendant longtemps, les familles frappées par la perte d’un proche devaient s’acquitter d’une contribution financière importante au profit de la caisse affiliée à la grande mosquée. Une pratique devenue coutume, mais dont la pertinence méritait d’être réinterrogée à la lumière des réalités actuelles.
En mettant fin à cette obligation, Koimbani fait le choix de la compassion plutôt que de la contrainte, de l’accompagnement plutôt que de la charge supplémentaire. Car le deuil est déjà, en lui-même, une épreuve immense. Lui ajouter une pression financière revient souvent à alourdir une souffrance qui n’a nul besoin de fardeau supplémentaire.
Cette décision courageuse ouvre ainsi un débat national essentiel sur notre rapport collectif au deuil, à la solidarité et aux responsabilités communautaires. Elle rappelle qu’une tradition n’est véritablement forte que lorsqu’elle sait évoluer pour préserver l’essentiel, c'est-à-dire la dignité humaine. Moderniser ne signifie pas renoncer à ses valeurs ; cela signifie au contraire les adapter pour mieux répondre aux besoins de son temps.
À travers cette réforme, Koimbani envoie un message fort : une communauté peut être exigeante dans sa gestion financière tout en restant profondément humaine dans ses choix. Elle peut bâtir des caisses solides sans oublier les personnes. Elle peut financer de grands projets tout en protégeant les plus vulnérables.
Dans une époque où les communautés sont souvent confrontées à des défis complexes (catastrophes naturelles, délinquance des jeunes, violence accrue...etc.), Koimbani démontre qu’il est possible de concilier rigueur, solidarité et progrès. Cette capacité à réformer avec courage, à écouter les attentes de la population et à placer l’intérêt collectif au-dessus des habitudes mérite d’être saluée.
Koimbani avance. Koimbani innove. Koimbani montre qu’une gouvernance locale ambitieuse peut produire des résultats concrets tout en restant fidèle aux valeurs de solidarité qui fondent notre société.
Abdoulatuf Bacar

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