La vie de l'ancien président Sambi mise en danger. Les faits sont clairs. Il y a plus d’un an son médecin avait sollicité son déplacement à l’étranger
La vie de l'ancien président Sambi mise en danger
Emprisonné depuis plus de 8 ans, le cas Sambi prend un tournant inquiétant qui en dit long sur la gestion du pouvoir dans l’archipel. Ce n’est plus seulement l’histoire d’un homme malade qu’on empêche de se soigner. C’est un film sur la gouvernance autoritaire, agressive. Un pouvoir qui ne respecte rien, y compris ses propres lois.
L’état de santé de Sambi
Les faits sont clairs. Il y a plus d’un an son médecin avait sollicité son déplacement à l’étranger, le juge d’instruction l’avait accepté. Cela ne s’est pas fait ! Interférence du pouvoir.
Ces derniers temps, sa situation s’est aggravée. La demande de transfert à l’étranger a été précisée : des examens coronariens, procédures médicales spécialisées indisponibles aux Comores. Le parquet, dans une démarche qui se voulait apparemment régulière, a mandaté un collège d’experts médicaux pour statuer sur cette demande.
Mais voilà que le collège d’experts confirme, sans équivoque, les préconisations du médecin traitant. La nécessité médicale du déplacement était établie. Mais cette conclusion ne convenait pas. Plutôt que de respecter l’avis des experts qu’il avait lui-même désignés, le parquet s’est trouvé un médecin pour infirmer les préconisations du collège d’experts.
Un système qui gouverne par la force
Pour faire avaler la pilule, le procureur de la République a tenu une conférence de presse dilatoire. Au lieu de s’expliquer sur les raisons du rejet des conclusions du collège d’experts, il s’est livré à un éloge appuyé des conditions d’emprisonnement de M. Sambi. Une diversion qui ne trompe personne. Une arrogante face à l’opinion publique insupportable.
Ces genres de subterfuges qui ne reposent sur rien, qui affiche un mépris insolent envers les citoyens ne peuvent pas cacher une gouvernance basée sur la force des militaires. Cette affaire dépasse donc largement le cas personnel de l’ancien président. Elle illustre une méthode de gouvernement où le pouvoir agit à sa guise, sans respect pour les lois ni pour les citoyens, un pouvoir qui s’impose par la repressions.
La question que tout un chacun se pose : les Comoriens vont-ils attendre passivement ce qu’il faut bien appeler un « assassinat à petit feu » comme l’a souligné une fille de Sambi ? Ou bien dans un sursaut salutaire, le président Azali, qui se pose en Imam, fera preuve de compassion et clémence. C’est l’avenir qui nous le dira.
Idriss Mohamed Chanfi

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