Crimes odieux aux Comores : pourquoi le débat sur la peine de mort ne doit plus être évité. Après cette période, les Comores ont connu pendant plus de
Crimes odieux aux Comores : pourquoi le débat sur la peine de mort ne doit plus être évité
Les Comores ont longtemps été considérées comme un pays paisible où les crimes les plus barbares étaient rares. Pourtant, ces dernières années, les drames se multiplient et l'émotion nationale est devenue récurrente. Derrière chaque tragédie, ce sont des familles détruites, des parents inconsolables et une population qui s'interroge sur la capacité de la justice à protéger les innocents.
Les noms de Faina Rahim, de la petite Echa, de Mounira à Mromagi, de Naïcha M'Madi Abdou ou encore de Hafifa Omar ont profondément marqué les consciences. Chacune de ces victimes rappelle la cruauté de certains actes commis au sein même de notre société.
L'histoire des Comores a déjà connu l'application de la peine capitale. En septembre 1996, Youssouf Ali fut exécuté après avoir été condamné pour le meurtre d'une femme enceinte. Quelques mois plus tard, en mai 1997, Saidali Mohamed, connu sous le surnom de « Robin », fut à son tour fusillé. Ces deux exécutions restent les dernières appliquées dans notre pays.
Après cette période, les Comores ont connu pendant plus de deux décennies une relative stabilité sur le plan des crimes les plus atroces. Beaucoup de citoyens estiment que la peur de subir le même sort que Youssouf Ali ou Robin a pu jouer un rôle dissuasif et contribuer à contenir certains actes de barbarie. D'autres contestent cette analyse. Mais une chose est certaine : les drames qui frappent aujourd'hui notre société ravivent ce débat.
À titre personnel, je considère qu'il est temps de réexaminer sans tabou la question de l'application de la peine de mort aux Comores. Je suis favorable à son rétablissement pour les crimes les plus graves, notamment les assassinats prémédités et les crimes commis contre les enfants, lorsque la culpabilité est établie de manière certaine et après un procès équitable garantissant tous les droits de la défense.
Cette position n'est pas un appel à la vengeance. Elle traduit une conviction : celle que la société a le devoir de protéger les innocents et de répondre avec la plus grande fermeté aux crimes qui portent atteinte à la dignité humaine.
Aucune décision de justice ne ramènera Faina, Echa, Mounira, Naïcha ou Hafifa auprès des leurs. Mais nous avons le devoir de ne pas nous habituer à l'horreur. Nous avons le devoir de réfléchir, avec courage et responsabilité, aux moyens de prévenir ces tragédies et de garantir que les générations futures grandissent dans un pays où la vie humaine est sacrée et protégée.
Le débat sur la peine de mort divise, mais il ne peut plus être ignoré. Car une nation qui oublie ses victimes risque de laisser s'installer l'inacceptable.
Ansoir Al Thani

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