Comores-Madagascar : Des relations peu amicales et encore moins fraternelles. J'éprouve une une affection particulière pour Madagascar, un pays où j'a
Comores-Madagascar : Des relations peu amicales et encore moins fraternelles
Répondant à l'invitation de son homologue malgache, le Président Comorien Azali Assoumani a effectué une visite officielle à Madagascar, pour participer à la célébration du 66 ème anniversaire de l'indépendance de la grande Ile.
En marge de cette célébration, les deux Chefs d'Etat ont signé deux accords, à savoir, l'exemption de visa pour les titulaires de passeports diplomatiques et de service et un autre, qui consiste à harmoniser les positions des deux pays sur les questions régionales et internationales.
Cette initiative constitue sans doute un signal diplomatique positif. Mais est-elle réellement à la hauteur des relations que les deux pays dits frères revendiquent entretenir ? On peut légitimement en douter !
Cette réflexion n'est dictée ni par l'amertume ni par la polémique.
Bien au contraire.
J'éprouve une une affection particulière pour Madagascar, un pays où j'ai eu le privilège d'effectuer une partie de mes études supérieures. J'y ai découvert une société accueillante, une culture d'une grande richesse, et j'y ai noué des amitiés qui demeurent intactes.
C'est précisément parce que je suis profondément attaché à ce pays que je regrette de voir nos relations bilatérales rester en deçà de leur immense potentiel. L'Union des Comores et Madagascar sont deux voisins de l'Océan indien, liés par la géographie, une histoire commune et des liens humains anciens.
Des milliers de comoriens de Comoriens ont étudié ou étudient encore dans la Grande Ile, où ils acquittent des frais de séjour et des droits d'inscription très élevés.
Les échanges commerciaux entre les deux pays demeurent également importants et font vivre de nombreux acteurs économiques de part et d'autre. Comment comprendre, par exemple, qu'il n'existe toujours plus, depuis déjà plusieurs années, de vol direct entre Moroni et Antananarivo?
Alors que les deux villes ne sont séparées que par environ deux heures de vol, les voyageurs Comoriens sont contraints et vice- versa, de transiter par Adis-Abeba ou autre itinéraire, transformant un déplacement de proximité en un voyage long, coûteux et contraignant. Cette situation pénalise les étudiants, les malades qui s'y rendent pour des soins, les commerçants, les familles et tous ceux qui contribuent, au quotidien, à renforcer les liens entre les deux nations.
Elle constitue un frein au développement des échanges humains, universitaires, culturels et économiques.
C'est sur ces questions, me semble t-il, que cette visite officielle était attendue. Beaucoup espéraient des annonces concrètes : le rétablissement des vols directs, la facilitation de la circulation des étudiants, des opérateurs économiques et des citoyens, ainsi que des mesures susceptibles de renforcer les échanges entre les deux pays qui se présentent volontiers comme des peuples frères.
La diplomatie ne se mesure pas seulement au nombre de voyages effectués et d'accords signés. Elle s'apprécie surtout à la lumière de leurs effets sur la vie des populations.
Si l'Union des Comores et Madagascar veulent donner un véritable contenu à leur partenariat, ils doivent commencer, d'abord, par lever les obstacles qui entravent encore la mobilité de leurs citoyens et leurs échanges commerciaux.
S.Omar Badaoui
Ancien diplomate

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