Azali recule, le peuple résiste : la bataille du changement est engagée. Le colonel Azali Assoumani est un militaire qui agit selon une stratégie prog
Le recul du gouvernement sur l’augmentation des prix des carburants a été perçu par des Comoriens comme une victoire populaire. Pourtant, derrière ce succès apparent, les difficultés économiques et sociales qui frappent le pays demeurent entières. Entre la hausse du coût de la vie, l’affaiblissement du pouvoir d’achat et les tensions politiques persistantes, la crise est loin d’être terminée.
Azali recule, le peuple résiste : la bataille du changement est engagée
La récente mobilisation des syndicats des transporteurs, des pêcheurs et des commerçants, soutenue par une grande partie de la population comorienne, a permis d’obtenir ce qui ressemble à une victoire populaire. Face à la colère générale, le gouvernement a finalement renoncé à son projet d’augmentation brutale des prix des carburants. Cependant, cette victoire demeure fragile et pourrait n’être qu’un simple répit dans une crise économique et politique qui continue de menacer le pays.
Le colonel Azali Assoumani est un militaire qui agit selon une stratégie progressive- stratégie de la souris- consistant à tester les réactions de ses adversaires avant d'aller plus loin dans ses décisions. Il avance, recule parfois, puis revient à la charge lorsque les conditions lui semblent favorables. Sa méthode repose sur l'observation attentive des réactions du camp opposé afin d'évaluer sa capacité de résistance.
Cette stratégie s’est illustrée dans sa rupture avec le parti Juwa. Lorsqu’il a estimé que ce parti et son leader, l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, représentaient une menace politique grandissante, il a progressivement mis fin à leur collaboration. Les ministres issus du parti Juwa ont été écartés du gouvernement. La réaction du camp adverse fut relativement limitée et marquée par une certaine résignation.
Par la suite, durant le mois sacré de Ramadan, l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, également théologien et prédicateur reconnu, s’est vu interdire d’animer ses traditionnelles conférences religieuses. Cette décision a suscité quelques protestations, mais la mobilisation est restée limitée.
Constatant cette faible réaction, le pouvoir est allé plus loin en plaçant l’ancien chef de l’État sous résidence surveillée. Là encore, les réactions sont demeurées modestes. Encouragé par cette absence de résistance significative, le régime a poursuivi son offensive politique jusqu’à l’organisation d’un procès largement contesté par ses opposants, aboutissant à la condamnation de l’ancien président à la réclusion à perpétuité.
Que l’on partage ou non les positions politiques d’Ahmed Abdallah Sambi, nombreux sont ceux qui considèrent que son procès et sa condamnation soulèvent de sérieuses interrogations sur l’indépendance de la justice et le respect des garanties fondamentales de l’État de droit.
L’expérience récente montre que le pouvoir recule uniquement lorsqu’il se trouve confronté à une mobilisation populaire massive. Les manifestations contre la hausse du prix des carburants ont démontré que lorsque les citoyens, les syndicats et les acteurs économiques parlent d’une seule voix, le gouvernement est contraint de revoir ses décisions.
Cette mobilisation a d’ailleurs révélé l’ampleur du mécontentement populaire. Bien au-delà de la seule question du carburant, c’est l’ensemble de la gestion économique et sociale du pays qui est aujourd’hui remis en cause. Le coût de la vie ne cesse d’augmenter, le chômage progresse, les entreprises souffrent et de nombreux ménages peinent à satisfaire leurs besoins essentiels.
Le recul du gouvernement sur le prix des carburants ne signifie pas pour autant un changement de cap. Les difficultés budgétaires de l’État demeurent importantes. La Société Comorienne des Hydrocarbures traverse une situation financière délicate et les finances publiques restent sous pression.
Dans ce contexte, il est probable que le pouvoir cherche à nouveau à augmenter certaines taxes ou certains prix, mais de manière plus progressive afin d’éviter une nouvelle explosion sociale. Une hausse moins importante du carburant pourrait ainsi être présentée comme un compromis acceptable, alors qu’elle continuerait malgré tout à peser sur le pouvoir d’achat des citoyens.
C’est pourquoi les syndicats des transporteurs, des pêcheurs, des commerçants ainsi que l’ensemble de la population doivent rester vigilants. La mobilisation qui a permis de faire reculer le gouvernement démontre que les citoyens disposent d’une force capable d’influencer les décisions publiques lorsqu’ils agissent collectivement.
Aujourd’hui, la crise socio-économique n’est pas derrière nous ; elle est encore devant nous. Les causes profondes de la pauvreté, du chômage, de la vie chère et de la crise politique n’ont pas disparu. Elles continuent de fragiliser la société comorienne et d’alimenter le mécontentement populaire.
Plus que jamais, la jeunesse, les travailleurs, les entrepreneurs et les forces vives de la nation sont appelés à défendre leurs droits, à préserver leurs acquis sociaux et à participer à la construction d’une alternative politique capable de répondre aux aspirations du peuple comorien.
Le recul du gouvernement sur les carburants constitue une victoire d’étape. Mais la bataille pour la justice sociale, la démocratie et le développement des Comores ne fait que commencer. Il doit être mené jusqu’à la chute du régime du colonel Azali Assoumani.
Mr Said Ahmed SAID ABDILLAH
Président du Parti Comores Alternatives (P.C.A)
Membre Fondateur du Rassemblement de l’Opposition Comorienne (R.O.C)

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