Le peuple a gagné une bataille, mais pas encore la guerre contre la dictature

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Le peuple a gagné une bataille, mais pas encore la guerre contre la dictature. Le peuple comorien a démontré avec force qu’il ne veut plus subir des d

Le peuple a gagné une bataille, mais pas encore la guerre contre la dictature

Depuis le retour au pouvoir du colonel Azali Assoumani en 2016, les Comores traversent une profonde crise politique, économique et sociale marquée par la destruction progressive des institutions, la répression des opposants et le pillage des ressources publiques..

Le peuple a gagné une bataille, mais pas encore la guerre contre la dictature du colonel Azali Assoumani


Le peuple comorien a démontré avec force qu’il ne veut plus subir des décisions arbitraires destinées à ruiner le pays et à écraser davantage les conditions de vie de la population. Depuis le retour du colonel Azali Assoumani au pouvoir le 26 mai 2016, à l’issue d’un controversé « troisième tour » de l’élection présidentielle, les Comores n’ont cessé de sombrer dans une crise économique, sociale et institutionnelle sans précédent.

Dès son installation à Beit Salam, le colonel Azali Assoumani semble avoir poursuivi trois objectifs majeurs :
  • Se maintenir au pouvoir indéfiniment ;
  • S’enrichir personnellement et enrichir son clan à travers le pillage systématique des ressources publiques ;
  • Empêcher toute alternance politique crédible afin de transformer progressivement le pays en régime dynastique ou, à défaut, plonger les Comores dans le chaos et la division.

Pour atteindre ces objectifs, il a méthodiquement détruit les institutions issues des Accords de Fomboni de 2001, pourtant garantes de la stabilité, de l’équilibre entre les îles et de l’unité nationale. Profitant de la complicité de certains responsables politiques guidés par leurs intérêts personnels, il a notamment supprimé la Cour constitutionnelle, pilier essentiel de la transparence électorale, pour la remplacer par une Cour suprême affaiblie, dépourvue d’indépendance et entièrement soumise au pouvoir exécutif.

Parallèlement à cette destruction institutionnelle, le régime a instauré un climat de peur et de terreur. Toute personnalité politique susceptible de représenter une alternative ou de contester son autorité a été neutralisée. L’ancien président Ahmed Abdallah Sambi, ainsi que l’ancien gouverneur Dr Salami Abdou, ont été emprisonnés. D’autres opposants ont subi intimidations, persécutions ou marginalisation politique.

À cette répression s’ajoutent plusieurs affaires d’assassinats non élucidés, rapidement classées ou enterrées par une justice largement instrumentalisée par le pouvoir. Aux Comores, la peur est devenue un mode de gouvernance.

Pendant ce temps, le régime a organisé le pillage systématique des sociétés d’État : l’ONICOR, Comores Télécom, puis aujourd’hui la Société des Hydrocarbures, véritable caisse financière du régime. Cette dernière, qui contribue notamment au financement du fonctionnement quotidien de l’armée et à certaines dépenses stratégiques du pouvoir, se retrouve désormais menacée de faillite à cause d’une gestion opaque et prédatrice.

Pour sauver un système économique en ruine, le gouvernement a voulu faire payer la facture au peuple à travers une augmentation brutale des prix des carburants. Mais cette fois-ci, le peuple a dit non.

Les organisations syndicales des transports, des commerçants, des pêcheurs ainsi que la jeunesse comorienne ont mené une mobilisation historique. Pendant sept jours consécutifs, les activités économiques, sociales et administratives ont été paralysées à travers le pays malgré une répression violente ayant causé la mort de deux jeunes à Anjouan et conduit à plusieurs arrestations.

Face à cette résistance populaire, le pouvoir a reculé. Acculé par la colère populaire, fragilisé par des divisions internes et incapable d’apporter une réponse crédible à la crise, le gouvernement a finalement annulé l’arrêté portant augmentation des prix des carburants. Cette victoire appartient avant tout au peuple comorien, aux syndicats et à une jeunesse courageuse, déterminée et incorruptible. Elle prouve qu’aucune dictature n’est invincible lorsque le peuple se lève dans l’unité. Mais il faut rester lucides : une bataille a été gagnée, pas encore la guerre. 

La véritable victoire viendra avec la chute du régime dictatoriale du colonel Azali Assoumani. Une chute qui mettra fin d'une manière définitive un système fondé sur la peur, l’injustice, la corruption et la confiscation de l’État au profit d’un clan. Le combat doit donc se poursuivre jusqu’à l’instauration d’un État démocratique, respectueux des libertés, des institutions et de la dignité du peuple comorien. Le peuple comorien a désormais compris sa force. Et lorsqu’un peuple cesse d’avoir peur, aucune dictature ne peut durablement survivre.

M. Said Ahmed Said Abdillah
Président du Parti Comores Alternatives (P.C.A) 
Membre fondateur du Rassemblement de l’Opposition Comorienne (R.O.C)

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