La dictature du colonel Azali Assoumani joue aujourd’hui sa dernière carte de survie

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La dictature du colonel Azali Assoumani joue aujourd’hui sa dernière carte de survie. Les Comores, à l’instar du reste du monde musulman, célèbrent l’

La fête du sacrifice des musulmans


La dictature du colonel Azali Assoumani joue aujourd’hui sa dernière carte de survie

À l’occasion de l’Aïd al-Adha, fête du sacrifice et de la solidarité dans le monde musulman, les peuples aspirent à la paix, à la justice et à la dignité. Aux Comores également, le peuple traverse une période difficile, entre crise économique, répression politique et insécurité grandissante.

La fête du sacrifice des musulmans


Les Comores, à l’instar du reste du monde musulman, célèbrent l’Aïd al-Adha, la fête du sacrifice. Cette journée sacrée intervient dans un contexte mondial particulièrement marqué par les guerres et les souffrances qui frappent plusieurs pays musulmans, notamment le Moyen-Orient, le Liban, Gaza, le Soudan, la Libye et la Somalie. Plusieurs de ces conflits sont alimentés ou imposés par des interventions extérieures, comme c’est également le cas en Iran, à Gaza et au Liban. À cette occasion, nous adressons nos meilleurs vœux à l’ensemble de la communauté musulmane. Que cette fête de l’Aïd al-Adha soit porteuse de paix, de solidarité et de prospérité pour le monde entier, particulièrement pour le monde musulman.

Aux Comores, la situation socio-économique et politique demeure dramatique. La dictature du colonel Azali Assoumani joue aujourd’hui sa dernière carte de survie. Selon plusieurs observateurs internationaux et certaines ambassades accréditées, l’État comorien est devenu quasiment inexistant. Tous constatent, avec tristesse, la faillite d’un petit pays qui aurait pourtant dû être le paradis de l’océan Indien.

Après la faillite de l’Office national d’importation et de commercialisation du riz (ONICOR), qui doit encore plus de 800 millions de francs comoriens à des clients ayant payé leurs commandes sans jamais recevoir le moindre sac de riz, ainsi que d’importantes dettes auprès des banques locales, c’est désormais la Société comorienne des hydrocarbures (SCH) qui se retrouve au bord de l’effondrement.

Pour tenter de renflouer les caisses vidées par une gestion opaque et irresponsable, le colonel Azali Assoumani a voulu augmenter les prix des carburants de 35 % pour l’essence et de 46 % pour le gazole. Mais le peuple comorien, à travers les syndicats et la mobilisation populaire, l’a contraint à revoir sa copie, malgré une répression brutale qui a coûté la vie à deux personnes à Mpagé, à Mutsamudu, sur l’île d’Anjouan. Ce recul du gouvernement constitue un signe fort de la détermination du peuple comorien, qui ne veut plus rien concéder à ce régime, sinon son départ du pouvoir. Le régime tente encore de gagner du temps pour éviter sa chute, mais rien n’est perdu pour le peuple, qui demeure vigilant et conscient de la débâcle économique du pays, notamment de l’effondrement des sociétés d’État.

Cette faillite socio-économique est aggravée par l’assassinat atroce d’une jeune femme de 22 ans, Naicha Mmadi Abdou, originaire de Foumbouni, dans la région du Badjini. Violée, assassinée, brûlée puis enterrée dans un champ, elle est devenue le symbole d’un profond malaise sécuritaire et judiciaire. Ce drame a suscité une immense émotion populaire, poussant certains responsables politiques et religieux à réclamer le rétablissement de la peine de mort. Mais comment appliquer une peine aussi lourde dans un pays sans véritable État, sans justice indépendante et sans sécurité pour les citoyens ? Le premier devoir d’un État est pourtant de protéger son peuple et de garantir une justice équitable et indépendante.

C’est pourquoi nous affirmons que le principal combat de la population, des syndicats, des forces armées ainsi que des hommes et femmes politiques doit être de mettre fin à ce régime macabre et dictatorial.

En ce jour de fête du sacrifice, notre pensée va également à l’ancien président de l’Union des Comores, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, injustement emprisonné depuis plus de huit ans, alors que son état de santé s’est considérablement dégradé ces derniers mois. Son seul tort aura été d’avoir soutenu Azali Assoumani lors de l’élection présidentielle de 2016, soutien qui ne lui aura valu, en retour, que l’emprisonnement. Nous demandons sa libération immédiate et sans condition afin qu’il puisse recevoir les soins nécessaires. Nous ne reconnaissons pas ces mascarades judiciaires qui l’ont condamné à la prison à perpétuité. Ainsi, nous ne demandons pas une grâce présidentielle, mais bien sa libération.

Peuple comorien, ne vous laissez ni tromper ni terroriser. Ce régime joue ses dernières cartes de survie, et nous devons l’empêcher de retrouver la force nécessaire pour continuer à étouffer notre peuple. Nous appelons particulièrement notre vaillante jeunesse, dans nos îles, nos régions, nos villes, nos villages et nos quartiers, à poursuivre la mobilisation. Vous avez déjà démontré votre capacité à faire bouger les lignes. Aujourd’hui, il est temps d’aller jusqu’au bout du changement.

Mr Said Ahmed Said Abdillah
Président du Parti Comores Alternatives (P.C.A)
Membre fondateur du Rassemblement de l’Opposition Comorienne (R.O.C)

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