Cette mobilisation traduit une colère profonde face à la dégradation continue des conditions de vie. Pour une partie de l’opinion publique, le mois de
La crise au Moyen-Orient et les hausses des prix des carburants aux Comores
Les Comores ne peuvent échapper à la crise qui frappe aujourd’hui une grande partie du monde. Cependant, le véritable problème réside dans le fait que les différentes crises internationales, notamment celle du Covid-19, n’ont servi d’aucune leçon aux dirigeants politiques comoriens pour préparer le pays à faire face aux chocs économiques et sociaux.
Durant la pandémie de Covid-19, les Comores, comme de nombreux autres pays, ont été coupées du reste du monde et ont subi de lourdes conséquences économiques. Mais tandis que certains États avaient développé des mécanismes leur permettant de répondre aux besoins alimentaires et financiers de leurs populations, les Comores se sont retrouvées contraintes de tendre la main à l’aide extérieure. Les autorités politiques ont alors multiplié les appels à l’assistance internationale auprès des pays partenaires et des institutions financières internationales. Pourtant, une partie importante des aides reçues n’a jamais réellement bénéficié au peuple, abandonné à la misère et aux difficultés quotidiennes, tandis qu’une minorité proche du pouvoir en profitait.
Depuis plusieurs années, chaque crise mondiale — qu’elle soit sanitaire, climatique ou géopolitique — semble devenir une opportunité d’enrichissement pour le régime du colonel Azali Assoumani et son entourage. Pendant que le peuple s’appauvrit davantage, les dirigeants affichent un train de vie luxueux, symbolisé notamment par des déplacements en jet privé et des dépenses jugées excessives.
Aujourd’hui encore, le gouvernement du colonel Azali Assoumani invoque la guerre en Ukraine ainsi que la crise au Moyen-Orient pour justifier une nouvelle hausse des prix des carburants. Le litre d’essence est passé de 750 à 1000 francs comoriens, le gasoil de 650 à 950 francs, tandis que le pétrole lampant est passé de 350 à 450 francs. Cette augmentation brutale affecte directement le coût de la vie des ménages déjà fragilisés par la pauvreté, le chômage et la faiblesse des revenus.
Conscient de l’impopularité de cette décision, le président Azali Assoumani a choisi de s’adresser à la nation tard dans la nuit, vers 21h30, à une heure où une grande partie de la population dort déjà. Ce choix de communication traduit, pour beaucoup de Comoriens, une volonté d’éviter un véritable débat public sur une mesure aux conséquences économiques et sociales dramatiques.
Le peuple comorien n’est cependant plus disposé à accepter des décisions perçues comme injustes et déconnectées des réalités économiques du pays. Les mouvements de contestation initiés par les syndicats des transporteurs, des pêcheurs et d’autres secteurs ont paralysé plusieurs activités économiques et administratives depuis le 11 mai 2026. Cette mobilisation traduit une colère profonde face à la dégradation continue des conditions de vie.
Pour une partie de l’opinion publique, le mois de mai possède également une forte portée symbolique dans l’histoire des luttes populaires contre les régimes autoritaires, notamment à travers certaines références historiques africaines comme les événements du 13 mai 1972 à Madagascar.
Aujourd’hui, de nombreux Comoriens réclament un changement politique profond et l’ouverture d’une transition capable de restaurer la confiance, de lutter contre la corruption et de reconstruire les institutions de l’État. Après plus d’une décennie de pouvoir concentré entre les mains du colonel Azali Assoumani, une partie croissante de la population estime que le système actuel ne répond plus aux aspirations démocratiques, économiques et sociales du pays.
M. Said Ahmed SAID ABDILLAH
Président du Parti Comores Alternatives(P.C.A)
Membre fondateur du Rassemblement de l'Opposition Comorienne( R.O.C)

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