Affaire d'escroquerie : l'homme d'affaires Doudou Tainamor au coeur de la tourmente

PARTAGER:

Affaire d'escroquerie : l'homme d'affaires Doudou Tainamor au coeur de la tourmente. À Moroni, le cas du bâtiment Abbas Djoussouf, situé à Bacha (SAGC

Affaire d'escroquerie : l'homme d'affaires Doudou Tainamor au coeur de la tourmente


Affaire d'escroquerie : l'homme d'affaires Doudou Tainamor au coeur de la tourmente

À mesure que les témoignages et les procédures judiciaires s’accumulent, un nom revient avec insistance dans les couloirs des tribunaux, dans les banques et au sein des familles comoriennes meurtries : celui de Doudou Tainamor. Figure connue du milieu des affaires, il se retrouve aujourd’hui au centre d’une série d’affaires qui dessinent le portrait troublant d’un système où se mêlent spoliations foncières, impayés massifs et dettes bancaires non honorées, plongeant victimes et partenaires économiques dans une profonde incertitude.


Selon les éléments exposés dans plusieurs dossiers, l’homme d’affaires est accusé par différentes familles comoriennes d’avoir acquis illégalement des terrains et des biens immobiliers. À Malouzini notamment, des familles comme celles d’Ali Mohamed Soudja ou de Mohamed Abdallah affirment avoir été dépossédées de leurs terres, parfois ensuite hypothéquées pour garantir des prêts bancaires. Pour ces familles, le sentiment dominant est celui d’une injustice silencieuse, nourrie par la lenteur des procédures judiciaires et l’absence, jusqu’ici, de restitution effective de leurs biens.

À Moroni, le cas du bâtiment Abbas Djoussouf, situé à Bacha (SAGC), illustre la gravité de la situation. Loué depuis 2010 pour abriter le supermarché Komocash, le local est aujourd’hui fermé, tandis que les loyers restent impayés depuis 2023, pour un montant dépassant les 70 millions de francs comoriens. Et ce, malgré un arrêt de la Chambre commerciale de la Cour d’appel de Moroni rendu en juin 2025 fixant clairement le montant du loyer dû. Le propriétaire, impuissant, voit son patrimoine immobilisé et en dégradation, son revenu suspendu et son droit bafoué.

Mais l’affaire dépasse largement la sphère privée. Sur le plan international, la société française d’import-export Evia Foods a obtenu une condamnation contre les entreprises liées à Doudou Tainamor (Kom Baridi, Komocash et Maison Doudou Tainamor), pour un montant de 923 535 euros, soit environ 454 millions de francs comoriens. Une décision rendue par le Tribunal de commerce de Paris qui jette une lumière crue sur l’ampleur des impayés et sur la fragilité des engagements contractuels pris par l’homme d’affaires.

Les banques locales ne sont pas épargnées. La BIC Comores, la SNPSF et la BFC figurent parmi les établissements créanciers. Des montants vertigineux sont évoqués :

  • 597 millions de FC dus à la BIC en 2021,
  • 290,6 millions de FC réclamés par la BFC en 2024,
  • 231,2 millions de FC dus à la SNPSF, selon des publications de la presse nationale.

Autant de dettes restées en souffrance qui fragilisent la confiance entre les banques et les grands acteurs économiques du pays.

Face à cette accumulation de litiges, Doudou Tainamor apparaît moins comme un simple entrepreneur en difficulté que comme le symbole d’un mode de gestion opaque, où l’expansion économique se serait faite au détriment du respect des règles, des contrats et des droits de propriété. Les poursuites judiciaires, aussi bien aux Comores qu’à l’international, confirment la gravité des accusations, même si aucune condamnation définitive n’a encore été prononcée au niveau national.

Dans les rues de Moroni comme dans les villages concernés, le nom de Doudou Tainamor est désormais associé à une même réalité : des familles ruinées, des commerçants floués, des banques exposées et une justice attendue au tournant. L’homme qui incarnait jadis la réussite entrepreneuriale est aujourd’hui perçu par beaucoup comme le visage d’un capitalisme prédateur, où l’enrichissement personnel se fait sur la détresse des autres.

Plus grave encore, ces affaires nuisent profondément à l’image des Comores. Dans un pays en quête d’investissements étrangers et de crédibilité économique, la répétition des scandales d’escroquerie et d’impayés fragilise la réputation nationale et alimente la méfiance des partenaires internationaux.

Au-delà du cas Doudou Tainamor, c’est tout un système qui est interpellé : celui de la protection des biens fonciers, de l’efficacité de la justice commerciale, de la transparence dans les affaires et du respect des engagements financiers. Les Comoriens n’attendent plus seulement des procédures ; ils réclament des actes forts, capables de restaurer la confiance et de rappeler une vérité simple : nul n’est au-dessus de la loi, pas même ceux qui se présentent comme les grands bâtisseurs de l’économie nationale.

M’madi Hassane, membre des familles des victimes

COMMENTAIRES

Chargé tous les articles Aucun article trouvé VOIR TOUT Lire la suite Répondre Annuler la réponse Supprimer Par Accueil PAGES ARTICLES Voir tout RECOMMANDÉ POUR VOUS CATÉGORIE ARCHIVE RECHERCHER TOUS LES ARTICLES Aucun article trouvé avec votre recherche Retour à l'Accueil Dimanche Lundi Mardi Mercredi Jeudi Vendredi Samedi Dim Lun Mar Mer Jeu Ven Sam Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Jan Fév Mar Avr Mai Jun Jul Aoû Sep Oct Nov Déc juste maintenant il y a 1 minute $$1$$ minutes ago Il ya 1 heure $$1$$ hours ago Hier $$1$$ days ago $$1$$ weeks ago il y a plus de 5 semaines Followers Follow CE CONTENU PREMIUM EST VERROUILLÉ ÉTAPE 1: Partager sur un réseau social ÉTAPE 2: Cliquez sur le lien sur votre réseau social Copier tout le code Sélectionner tout le code Tous les codes ont été copiés dans votre presse-papiers Impossible de copier les codes / textes, appuyez sur les touches [CTRL] + [C] (ou CMD + C avec Mac) pour les copier. Table des matières