Lettre ouverte à Madame la Diva Samra. Chère Diva, il y a des combats que la justice tranche, et d’autres que la sagesse anticipe. En attendant que la
Lettre ouverte à Madame la Diva Samra
Madame Diva Samdra,
Je vous écris avec le cœur lourd, mais animé par un profond respect pour la femme, l’artiste et la sœur comorienne que vous êtes. Vous êtes aujourd’hui l’une des chanteuses les plus suivies de notre pays, une voix qui porte notre culture, nos valeurs et l’image de la femme comorienne bien au-delà de nos frontières.
Justement parce que vous êtes cette figure publique, cette référence pour tant de jeunes filles, cette situation qui fait débat autour de la somme de 30 000 euros dépasse désormais le simple cadre d’un différend. Elle a pris une tournure malsaine. Elle blesse, elle divise, et surtout, elle porte atteinte à votre nom et à votre dignité. Et cela, en tant que frère, me brise le cœur.
Chère Diva, il y a des combats que la justice tranche, et d’autres que la sagesse anticipe. En attendant que la justice fasse son travail, votre nom, lui, est déjà exposé, déjà jugé dans l’opinion. Or, le respect et la dignité n’ont pas de prix. Parfois, il faut faire le nécessaire non pas parce qu’on est coupable, mais parce que l’honneur vaut plus que toute somme d’argent.
Je vous recommande vivement, avec sincérité et affection fraternelle, de faire l’effort de régler cette somme, sans tenir compte des procédures judiciaires en cours. Non par faiblesse, mais par grandeur. Non par peur, mais par amour de votre image, de votre parcours et de ce que vous représentez pour les Comores.
J’en appelle solennellement à toutes les personnes de bonne foi : au village, à la famille, aux amis, aux proches, ne laissons pas ce dossier s’enliser davantage. Ne forçons pas un débat qui salit inutilement. Samdra est une femme comorienne qui hisse notre culture, qui porte notre identité. Sa dignité est aujourd’hui en péril, et c’est toute la société qui en est affectée.
J’interpelle également son avocat : regardons la société dans laquelle nous vivons, regardons la violence des réseaux sociaux, la rapidité avec laquelle on détruit une réputation. Parfois, prévenir vaut mieux que gagner un procès.
MKOMORI YEWUDJIPVIWA YEKA MOINAGNA HAHUNDROI NIMBI.
BAHI KAMTOWA YEMAPESSA YANU.
Enfin, un message clair à tous ceux qui se réjouissent de ce débat : souvenez-vous que nous avons des sœurs, des femmes, des nièces. Quelles que soient leurs erreurs, réelles ou supposées, elles méritent du respect. On ne construit pas une société en humiliant ses femmes.
Chère Diva, cette lettre n’est ni une accusation ni un jugement. C’est un cri du cœur, un appel à la sagesse, à la solidarité et à la protection de la dignité d’une femme comorienne.
Avec respect et considération fraternelle.
Un de vos frères
Ali Abdallah Kassim

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