Aide au développement : Pourquoi l’Union des Comores reste à la marge

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Aide au développement : Pourquoi l’Union des Comores reste à la marge. L’expérience d’autres pays africains montre que l’aide n’est jamais automatique

Aide au développement : Pourquoi l’Union des Comores reste à la marge


Transformer les relations diplomatiques en développement concret

Aide au développement : Pourquoi l’Union des Comores reste à la marge

Le développement de notre pays dépend avant tout de nos propres efforts. En valorisant nos ressources et en travaillant ensemble, nous pouvons construire un avenir prospère et autonome.

Mais, une fois qu’on a dit ça, force est de constater que le faible niveau d’aide au développement dont bénéficie l’Union des Comores continue de susciter incompréhension et frustration. Pourtant, cette situation ne peut s’expliquer uniquement par un désintérêt des partenaires internationaux.

L’expérience d’autres pays africains montre que l’aide n’est jamais automatique. Elle est le fruit d’une diplomatie active, crédible et fondée sur des projets concrets. Le Mali en offre une illustration parlante. Grâce à une coopération structurée avec l’Arabie saoudite, le pays a pu bénéficier d’investissements majeurs, notamment la construction du pont du Roi-Fahd, sur le fleuve Niger à Bamako, reliant les vieux quartiers de la capitale malienne à sa vaste banlieue, sur la rive sud. Cette infrastructure a profondément transformé la vie économique et urbaine, par une fluidification du trafic, dynamisation du commerce et meilleure circulation des biens et des personnes. Ce projet n’était pas un geste symbolique, mais le fruit d’une négociation ciblée autour d’un besoin clair et prioritaire.

En Union des Comores où l’administration coloniale a surtout développé quelques infrastructures pour l’exploitation agricole et peu sur le développement global du pays, où les Îles ont une population limitée et dispersée, réduisant les économies d'échelle mais aussi les capacités de développer des marchés intérieurs dynamiques, une oeuvre pareille serait plus que bénéfique pour l’épanouissement du pays.

Le Burundi constitue un autre exemple significatif, puisque sous le régime de Jean-Baptiste Bagaza, la coopération avec la Libye de Mouammar Kadhafi a permis la réalisation d’infrastructures durables, dont la grande bibliothèque de l’Université de Bujumbura, accompagnée d’une grande mosquée et d’équipement sportifs, tels que des terrains de tennis et de basket-ball. Ces réalisations témoignent d’une coopération qui a su s’inscrire dans le long terme, en soutenant à la fois l’éducation, la culture et la vie sociale.

A l’inverse, le cas des Comores illustre les limites d’un rapprochement diplomatique qui ne se traduit pas par des résultats concrets.

Malgré, les relations personnelles étroites entre l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi et le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, le pays n’a pas su tirer des bénéfices à la hauteur de cette proximité politique. Là où d’autres Etats ont obtenu des infrastructures majeures et durables, les Comores n’ont récolté que des retombées limitées, sans impact structurant sur le développement national. Ce constat met en lumière une réalité essentielle, à savoir, que l’amitié politique ne remplace ni la préparation des projets ni le sérieux dans les négociations.

Cette comparaison avec le Mali et le Burundi est saisissante : ce ne sont pas les relations personnelles ou idéologiques qui font la différence, mais la capacité à transformer un rapprochement politique en projets concrets et utiles pour la population. L’expérience montre qu’une diplomatie efficace repose sur la capacité à proposer des projets solides et crédibles, et non sur les relations personnelles.

Revoir la diplomatie comorienne devient donc une urgence stratégique. Il s’agit de passer d’une diplomatie de la demande à une diplomatie du projet où chaque partenariat s’appuie sur des propositions concrètes, crédibles et suivies dans le temps. C’est à ce prix seulement, que notre pays pourra espérer sortir de la marginalisation et inscrire sa coopération internationale dans une dynamique réelle de développement.

Aujourd’hui, le Président Azali Assoumani se trouve dans une position stratégique, en forte proximité avec les Emirats Arabes Unis, un partenaire aux moyens considérables. Il est crucial que cette relation privilégiée se traduise en réalisations tangibles pour la population, à travers des investissements dans les infrastructures, soutien à l’éducation et à la santé, projets créateurs d’emploi.

Said Omar Badaoui
Diplomate (Ambassades U.C: Bruxelles et Paris)

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