Ahmed Ali Amir, une rupture avec ses principes

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Ahmed Ali Amir, une rupture avec ses principes. Le parcours d’A. Ali Amir à Al-Watwan en dit long. À la tête d’un média d’État, il avait brièvement ou

A. Ali Amir, une rupture avec ses principes


Ahmed Ali Amir, une rupture avec ses principes

Il fut un temps où A. Ali Amir pouvait encore être perçu comme un homme de principes. Ce temps appartient désormais au passé. Depuis qu’il a choisi de travailler aux côtés du pouvoir le plus contesté de notre histoire récente, depuis qu’il s’est engagé à redorer l’image d’un président accusé de dérives autoritaires, il est devenu le visage communicant d’une injustice assumée.

Car il faut appeler les choses par leur nom. Assurer la communication d’un régime, ce n’est pas un exercice neutre. C’est choisir son camp. C’est donner de la visibilité à des pratiques que le peuple subit. C’est transformer la parole publique en outil de justification. À ce niveau de responsabilité, on ne peut plus se réfugier derrière la technique ou la loyauté professionnelle.

Le parcours d’A. Ali Amir à Al-Watwan en dit long. À la tête d’un média d’État, il avait brièvement ouvert une rubrique permettant à la population de s’exprimer. Une initiative vite étouffée. Il sera ensuite limogé, avant de réapparaître comme chef de la communication du même système qu’il prétendait, hier encore, laisser respirer. Cette trajectoire interroge. Elle révèle moins une constance qu’une adaptation opportuniste.

Les Comoriens ne sont pas dupes. Ils comprennent les manœuvres, les retournements, les silences calculés. Ils voient comment certains, après avoir contribué au détriment du peuple, finissent par s’en sortir personnellement, parlant aujourd’hui de mission accomplie, déjà tournés vers d’autres ambitions.

Dans ce jeu-là, il n’y a pas de différence de fond entre A. Ali Amir et Kiki. Même logique, mêmes méthodes, même mépris pour l’intelligence collective. Servir la communication de l’injustice, c’est en devenir complice, quelles que soient les pirouettes discursives.

Qu’on cesse donc de nous prendre pour ce que nous ne sommes pas. Le peuple comorien a de la mémoire. Et il sait reconnaître ceux qui ont choisi le confort du pouvoir plutôt que la fidélité aux principes.

Ali Abdallah Kassim

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