Nyumakele-Anjouan, 11 vies brisées : Le Deuil d’Anjouan et la colère d’un peuple spolié de ses droits ! Onze vies fauchées sur une route que tout le m
Nyumakele-Anjouan, 11 vies brisées :
Le Deuil d’Anjouan et la colère d’un peuple spolié de ses droits !
L'air que nous respirons est saturé de l'amertume du deuil. Nos cœurs sont déchirés par la nouvelle tragédie qui a fauché onze vies innocentes sur les chemins dévastés de notre île, dans la région pourtant vitale du Nyumakele. Le Nyumakele, notre grenier, notre force démographique, avec près de 10% de notre peuple, est frappé ce 17 novembre 2025.
Onze vies fauchées sur une route que tout le monde savait dangereuse. Onze
familles plongées dans un chagrin insondable. Et une île entière qui retient
son souffle, une fois de plus, devant l’évidence : ce drame ne relève pas du
hasard, mais d’un abandon structurel qui dure depuis trop longtemps.
Avant toute analyse, avant toute indignation, une pensée s’impose. Une prière,
surtout.
Qu’Allah, le Tout-Miséricordieux, accueille les défunts dans Sa lumière.
Qu’Il leur accorde pardon, paix et repos éternel. Qu’Il console les
familles qui pleurent, et guérisse les blessés encore sous le choc.
Amin.
Ces vies perdues ne sont pas des chiffres. Elles sont des sourires, des
destins, des rôles dans leurs familles, des places dans leurs villages. Et
leur départ secoue jusqu’aux racines de notre peuple.
Cette saignée n'est pas une fatalité ! Elle n'est pas le fruit du hasard !
C'est le résultat direct, le fruit pourri et macabre d'un Système Malfaisant :
l'absolutisme du Centralisme d'État ethnocentrique, orchestré par un régime
hégémonique dont l'unique centre de gravité gravite autour de Ngazidja-Comore.
Notre drame n'est qu'un symptôme. Il est la manifestation visible de l'abandon
structurel et prémédité dont notre île, forte de ses 360 409 âmes, est victime
depuis des décennies. Nous sommes réduits à la condition de paria dans notre
propre Archipel !
Le Sabotage des Infrastructures vitales : L'État Comorien a transformé nos
infrastructures en champs de ruines. Nos hôpitaux sont des morgues
potentielles, des coquilles vides. Cette inertie criminelle nous condamne à un
exil médical forcé vers Mayotte, un périple précaire et indigne sur des
Kwasa-Kwasa de fortune. Combien d'Anjouanais ont payé de leur vie, en mer ou
sur nos routes délabrées, le prix de chercher le droit le plus fondamental :
le droit de vivre ?
Les victimes de Nyumakele crient vengeance contre cette négligence criminelle du sanguinaire Azali !
L'Hypocrisie du Tyran : Nous voyons l'usurpateur du pouvoir, le suprémaciste
ethnocentrique, le putschiste multirécidiviste, venir aujourd'hui 18 novembre,
verser ses larmes de crocodile sur notre terre meurtrie. Que valent ses
lamentations face à l'inaction systémique ? Que vaut sa présence face à
l'inexistence du COSEP (Centre des Opérations de Secours), cette structure
fantoche stationnée à Mutsamudu, incapable d'atteindre le cœur de nos régions
vitales en temps utile ?
L'état désastreux des routes du Nyumakele, l'axe nourricier qui fait la
jonction avec Domoni, n'est pas un simple oubli administratif. C'est un acte
de sabotage délibéré destiné à asphyxier notre économie, à empêcher nos
agriculteurs de vendre leur girofle et autres précieux produits du cru, notre
richesse, et à perpétuer la misère abyssale, qui pousse notre jeunesse à fuir
vers la proximité illusoire de Mayotte.
L'Appel à la Rupture et à la Souveraineté
Anjouanais ! Notre force est dans notre nombre ! Notre île, Ndzuwani,
représente à elle seule plus de 42% de la population de l'Union des Comores !
Ce simple fait devrait nous conférer une influence majeure. Pourtant,
l'injustice est double :
À l'échelle insulaire, nos cœurs démographiques, le Nyumakele et Mutsamudu,
concentrent la force vive de Ndzuwani, regroupant près de 10% et plus de 8% de
notre population respective.
À l'échelle nationale, cela signifie que la région du Nyumakele représente
plus de 4% de la population nationale et la ville de Mutsamudu plus de 3,5% !
Ces chiffres démontrent sans appel que le véritable cœur de l'Archipel bat ici
! Pourtant, nous sommes méprisés par un régime qui ne voit en nous qu'une mine
de matières premières à piller et des voix à extorquer.
Ce système est nuisible, il est archaïque, il doit être démantelé !
Nous refusons que nos compatriotes soient contraints à un choix macabre :
mourir sur nos routes par manque d'entretien ou mourir en mer par manque
de soins !
L'Heure du réveil a sonné ! Nous devons rompre avec ce Centralisme qui nous
dépossède de nos droits. Nous devons ériger un nouveau pacte archipélagique.
Nous devons exiger, non pas l'aumône, mais la Souveraineté : Le Droit à
l'Autonomie Sanitaire et Vitale : Des hôpitaux dignes, des moyens de secours
modernes et une répartition des structures d'urgence dans toutes nos régions.
Le Droit au développement maîtrisé : La réhabilitation immédiate et pérenne de
nos infrastructures, sous la responsabilité d'une autorité insulaire.
Le Droit de choisir : La fin du diktat de l'État central sur nos priorités
vitales, nos projets et nos financements internationaux !
Le drame de Nyumakele doit être le catalyseur de notre union sacrée pour un
système équitable et juste pour nos îles. Un pays archipélagique ne peut
survivre qu'en permettant à chaque île de choisir et de décider souverainement
de ses priorités vitales et de traiter librement avec des pays tiers.
Ceci s'appelle la Confédération des États souverains !
Anjouanais, Filles et Fils de Ndzuwani, le changement ne viendra pas des
pleurs, mais de la force indomptable de notre Peuple Uni !
Mobilisation Générale ! Joignons nos voix, nos cœurs, et nos forces. Brisons
les chaînes du régime hégémonique. Instaurons la Confédération !
Pour les onze martyrs de Nyumakele, pour nos enfants, pour l'honneur de
Ndzuwani, levons-nous et bâtissons notre propre destin souverain !
Qu’Allah protège Ndzuwani. Qu’Il nous donne la sagesse d’exiger ce qui
est juste. Et qu’Il nous accorde la force de bâtir des routes et des
infrastructures à la hauteur de notre peuple.
Anli Yachourtu JAFFAR
18 novembre 2025

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