Suspension des trois journalistes à l'ORTC. Au-delà du simple fait disciplinaire, cet épisode interroge sur la place que nous accordons aux liberté et
Suspension des trois journalistes à l'ORTC
La suspension de trois journalistes de l’ORTC, à qui l’on reproche un « manquement dans leurs traitements rédactionnels", est un coup dur pour toute la famille médiatique nationale. Au-delà du simple fait disciplinaire, cet épisode interroge sur la place que nous accordons aux liberté et capacité rédactionnelles, à la confiance professionnelle et à la reconnaissance du travail accompli par ces jeunes femmes et hommes de terrain.
Depuis toujours, les journalistes de l’ORTC se distinguent par leur résilience. Ils exercent dans un environnement où les moyens sont parfois limités, les pressions souvent présentes, et le contrôle susceptible de surgir à tout moment. Pourtant, ils tiennent toujours bon. Leur courage et leur passion pour l’information sont devenus les piliers d’une institution qui, malgré les tempêtes, continue d’avancer.
L’ORTC d’aujourd’hui n’est plus celle d’hier. Sous l’impulsion d’une politique ambitieuse, calquée sur des politiques visionnaires, elle s’est engagée dans une voie de modernisation, d’autonomie énergétique et de transformation numérique. Ces progrès sont indéniables et méritent d’être salués. Mais toute modernisation doit s’accompagner d’un climat de confiance et de liberté intellectuelle, sans lesquelles aucune institution médiatique ne peut réellement prospérer.
Nos jeunes journalistes sont talentueux, dynamiques, profondément attachés à leur mission. Ils incarnent l’avenir du service public. Les sanctionner sans dialogue, c’est risquer de briser cet élan, cette foi dans le métier qui fait la fierté de l’ORTC. Car derrière leurs micros, leurs caméras, leurs reportages, leurs émissions et images diffusés, il y a un engagement personnel, souvent au détriment du confort, parfois au péril de la sérénité.
L’ORTC est la vitrine de notre nation. C’est à travers elle que nos partenaires internationaux perçoivent notre capacité à dialoguer, à débattre, à évoluer et parfois à challenger. Préserver cette vitrine, ce n’est pas la verrouiller. Au contraire, la renforcer, en y laissant respirer la pluralité, la confiance, la liberté de jugement sur la priorisation de l'information dans un esprit de professionnalisme.
Abdoulatuf Bacar

COMMENTAIRES