Les Comores, un dépotoir alimentaire. Ce que l'on consomme c'est surtout du gras ,avec à peine 5% de chair. Quant aux boissons importées, elles sont s
Les Comores, un dépotoir alimentaire
Aux Comores, la santé alimentaire est sérieusement menacée par l'entrée massive des produits alimentaires de piètre qualité, en particulier des viandes et des boissons transformées.
Ces produits souvent exemptés de contrôle, mettent en danger non seulement la santé de nos citoyens, mais aussi l'équilibre de notre système de santé déjà fragile. La viande vendue dans nos marchés, n'est viande que de nom.
Ce que l'on consomme c'est surtout du gras ,avec à peine 5% de chair. Quant aux boissons importées, elles sont saturées de sucre. Ces produits, loin de nourrir la population, l'empoisonnement lentement.
Les conséquences sont graves et visibles : explosion des cas de diabète, recrudescence des maladies cardio-vasculaires, augmentation de l'obésité et d'autres pathologies liées à une mauvaise alimentation.
Ces maladies dites non transmissibles deviennent aujourd'hui les causes de décès et d'invalidité dans notre pays. Mais ne devrais-je pas évoquer également la situation en France de notre diaspora, puisque là-bas, y règne le même constat.
Au plan financier, la situation est tout aussi dramatique
Le budget de la santé représente le premier poste de dépense publique. Mais, faute d'infrastructures adaptées et de prévention efficace, une grande partie de ces fonds finit par être dépensée dans les pays voisins. L'ambassadeur de la Tanzanie aux Comores avançait il y a peu, le chiffre de 80 millions d'euros, dépensés dans son pays.
Sans oublier Madagascar , Maurice et d'autres, Inde par exemple, pays où nos compatriotes vont se faire soigner à des coûts exorbitants. En d'autres termes, non seulement, nous ruinons notre santé, mais nous exportons aussi nos ressources financières. Il est donc urgent que les ministères concernés, en l'occurrence , santé et finances, agriculture définissent un seuil minimum de qualité nutritionnel exigé pour l'entrée de la viande et des boissons.
Interdire ou fortement limiter les produits à fort teneur en sucre et gras
Encourager la production locale, plus saine et bénéfique à notre économie. Protéger la santé de la population, c'est aussi protéger notre économie et de l'avenir du pays. Ne laissons pas les Comores dans ce dépotoir alimentaire, il en va de la responsabilité collective, mais avant tout celle des autorités de veiller à ce que nos assiettes ne soient pas un poison, mais une source de vie.
Daoud Halifa

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