2029 : Une tournante présidentielle, pas une division insulaire. Ce qui aurait pu être un débat national devient un terrain de tension, alimenté par u
2029 : Une tournante présidentielle, pas une division insulaire
À l’horizon 2029, les Comoriens se préparent à une nouvelle élection présidentielle, marquée par le respect du principe de la tournante. Cette fois, le tour revient à l’île d’Anjouan. Ces derniers temps, certains jeunes et cadres de cette île multiplient des prises de parole au nom de la « tournante », mais leurs discours glissent parfois dangereusement vers une rhétorique insulaire et communautariste. Ce qui aurait pu être un débat national devient un terrain de tension, alimenté par une suspicion infondée à l’égard de la volonté du gouvernement. Pourtant, les autorités ont maintes fois affirmé clairement : 2029, c’est bien le tour d’Anjouan.
Il est bon de rappeler qu’en 2008, le pays a connu une situation presque similaire. Le mouvement Convergence 2010 est né pour réclamer le respect de la tournante en faveur de Mohéli, face aux craintes que le président de l’époque, Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, tente de modifier l’ordre établi. Ce mouvement a été soutenu par des cadres de la Grande-Comore et a rencontré l’indifférence, voire l’opposition, de la majorité des politiciens d’Anjouan, alors alignés avec le régime en place. Où étaient donc ces défenseurs acharnés du principe tournant quand Mohéli en avait besoin ?
Enfin, il faut noter qu’il y a à peine une semaine, l’opposition a essuyé un revers cuisant à Anjouan, malgré ses appels au rassemblement et à la mobilisation. Le peuple anjouanais a démontré une maturité politique remarquable : Anjouan croit à l’unité nationale, pas à la division régionaliste. Ceux qui prétendent aujourd’hui parler au nom d’Anjouan n’ont pas reçu le mandat de ses habitants. Le vrai combat doit être pour la stabilité, la justice et la démocratie pas pour instrumentaliser une île à des fins politiques personnelle.
Abbasse Mhadjou

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