Quand la caméra prend la place des larmes Autrefois, dans nos traditions, les funérailles étaient un moment sacré, un temps de recueillement...
Quand la caméra prend la place des larmes
Autrefois, dans nos traditions, les funérailles étaient un moment sacré, un temps de recueillement et de partage de la douleur. Chacun venait avec son cœur, ses larmes, sa compassion. On ne cherchait pas à paraître, mais à accompagner la famille endeuillée dans la dignité.
Aujourd’hui, une étrange habitude s’installe : au lieu de s’unir dans le silence et la prière, certains sortent leur téléphone pour filmer la foule, capter des images, comme s’il s’agissait d’un spectacle. Le respect laisse parfois place à la curiosité, et la mémoire du défunt se transforme en contenu éphémère sur les réseaux sociaux.
Un enterrement n’est pas un ukumbi, ni une scène publique. C’est un moment intime, même s’il rassemble toute une communauté. C’est l’instant où l’on rend hommage à une vie qui s’éteint, où l’on implore la miséricorde divine pour celui qui s’en va.
N’oublions pas que la vraie trace laissée par un enterrement n’est pas dans une vidéo, mais dans les prières que nous offrons au défunt, dans les paroles de réconfort adressées aux proches, et dans le respect que nous montrons envers la douleur des familles.
Que nos caméras s’éteignent et que nos cœurs s’allument. Car celui qui est parti n’a plus besoin d’être filmé, mais d’être accompagné par nos invocations sincères.
Younoussa Hassani

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