Pour la Tournante, évitons le jeu à la roulette russe

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Pour la Tournante, évitons le jeu à la roulette russe. Avec ce bilan si élogieux, auréolé de plusieurs chantiers ouverts à travers le pays doit-on res

Pour la Tournante, évitons le jeu à la roulette russe


Pour la Tournante, évitons le jeu à la roulette russe

L'union des Comores a célébré le 6 juillet dernier le cinquantenaire de son indépendance.
Un moment crucial qui a permis de revisiter le passé, apprécier le présent pour mieux aborder l'avenir.

C'était donc lors de son adresse à la nation, à l'occasion de l'Eid El Fitr le mois de mars, que le président de la république, chef de l'Etat et chef du gouvernement AZALI Assoumani a décrété la célébration du cinquantenaire à l'orée du 6 juillet marquant la fête de l'indépendance et ce, avec l'objectif de tracer tracer la voie devant permettre d'aller encore l'avant pour consolider la paix, la sécurité, promouvoir les domaines de la santé, l'éducation, la justice, l'économie et les finances. Un exercice que le chef de l'Etat a voulu placer dans la la durée précisément jusqu'à novembre, constituant en toile de fond des débats, parfois contradictoires, en vue de mieux cerner les réussites et les échecs de notre histoire commune.

Et pourtant, à la résonance de cette intervention présidentielle, beaucoup d'eau a coulé sur le pont, déroutant les écuries politiques qui prêtaient au Chef de l'Etat encore des intentions machiavéliques visant à convoquer d'autres assises nationales.

Cette conclusion alambiquée manquant de constance et de clarté, a pris tout autre dimension plus que fantaisiste, après la sortie médiatique du président de la république, au cours d'une réunion organisée au gouvernorat de Ndzouani le 25 juillet, au cours de laquelle il a fait état d'une évaluation de la réconciliation nationale qui est une des thématiques retenues dans le cadre des programmes du cinquantenaire et ce, avant la deuxième réunion qui, cette fois-ci se tiendra à Mohéli courant novembre, avec l'objectif précis d'élever la journée du 17 février, date de l'accord de Fomboni, au rang des fêtes nationales.

N'ayant pas pris la peine de décrypter la pensée du chef de l'Etat, les activistes de l'Agora fFcebook et l'opposition pusillanime se sont jetés dans une ambiance irascible, décortiquant le discours présidentiel d'une manière caustique et avec point d'orgue l'avenir de la tournante. Autant dire que ça n'a surpris personne connaissant la posture de l'opposition qui en a fait de la manipulation et la désinformation un modèle de lutte, l'insulte et l'avanie un fonds de commerce politique.

Certes, la tournante a apporté de la sérénité mais à quel prix sachant qu'elle constitue un quiproquo aux antipodes de l'unité nationale et la cohésion nationale. Il va sans dire que chaque génération a eu à affronter ses défis. La précédente a posé les garrots en 2001 pour stopper l'implosion que le séparatisme a voulu imposer à la nation. Celle d'aujourd'hui, à la lourde mission de mesurer le parcours que le pays a traversé pendant ces vingt cinq dernières années.

Aujourd'hui, sous la direction d'un homme visionnaire, Azali Assoumani le pays s'est résolument ancré dans la stabilité avec des institutions fortes et des infrastructures modernes offrant la possibilité d'impulser un environnement social et constitutionnel propice à un Etat unitaire solide dans lequel le citoyen se sentirait comorien plus que jamais.

Rappelons qu'à son élection en 2016 marquant son retour au pouvoir, le président Azali élu sur la base d'un programme politique ambitieux l'émergence à l'horizon 2030, a mis les bouchées doubles en engageant le pays sur la voie des réformes profondes à tous les niveaux, infrastructures, réformes institutionnelles et politiques, cohésion sociale et amélioration du développement de l'indice du capital humain, pour enclencher les mutations favorables à l'émergence.

Ainsi sur le plan économique, le pays a retrouvé sa stabilité forçant l'admiration de nos partenaires bi-multilaterales. Convaincues que notre pays est sur la voie de l'expansion économique avec un Pib évalué à 2000$/h les institutions de Bretten wood n'ont pas tardé à classé l'Union des Comores au rang des pays à revenu intermédiaire supérieur en 2024. Notre pays créé une dynamique de croissance positive estimée à 3,3% pouvant atteindre 7,5% en 2030.

Selon Trading Ecomics, le taux de chômage aux Comores est en baisse considérable en 2025 grâce à l'agriculture, les services et les micros-finances. Autant dire que désormais l'Union des Comores s'est inscrite dans une dynamique irréversible de progrès, de stabilité et de prospérité.

Avec ce bilan si élogieux, auréolé de plusieurs chantiers ouverts à travers le pays doit-on rester rustre sur une situation reflétant à un jeu à la roulette russe.

De peur qu'on me traite de ratiocineur, il est temps que le parti CRC d'une part les comoriens d'autre part se ressaisissent pour prendre les bonnes décisions qui s'imposent en osant faire le bilan de l'expérience constitutionnelle de l'après séparatisme.

Dans cette optique, il est plus que nécessaire de jeter un regard sur le passé, en se rappelant de ce qu'il a fait le parti Udzima. C'était en 1987, les deux mandats constitutionnels du président Ahmed Abdallah Abderemane couraient à termes. Le parti commença à compter les dauphins qui se bousculent au portillon. Ils étaient tous futés et charismatiques. Mais aucun ne pouvait remplacer l'homme du 13 mai 1978, le libérateur, le père de la nation, le garant de l'unité nationale.

Ainsi fut-il lancé un grand mouvement populaire depuis Moroni qui a pris fait et cause pour le troisième mandat du père l'indépendance. Une exigence populaire qui a abouti par l'organisation d'un référendum qui engendra l'adoption du sésame qui ouvrira la voie du fameux troisième mandat. C'est ça la force d'une formation politique. Il faut des actions coordonnées, concrètes de démonstration de force et afficher en rang serré une détermination inébranlable et irréfragable.

Face à l'exigence constitutionnelle contre laquelle notre pays va bientôt affronter qu'attendons-nous pour agir? S'il s'agit d'attendre des ordres venant d'en haut, on s'en mordra les doigts. Le président Azali est un républicain convaincu, un homme Coruscant et conventionnel, respectant la parole donnée. Il l'as si bien démontré en 2006 déjouant les pronostics des uns et les démarches des autres. Osons emboîter le pas du parti Udzima pour déclencher le grand mouvement populaire porteur d'espoir à partir de Mutsamudu, en donnant au Père de la réconciliation nationale, le parrain de l'émergence, le bâtisseur infatigable des Comores modernes, la possibilité d'achever l'œuvre de la construction nationale et la cohésion sociale pour mieux préparer une relève responsable dans la paix et la stabilité.

Et ce, dans un mandat de transition au cours duquel un réajustement constitutionnel semblerait nécessaire pour introduire la primature, poste auquel devrait échoir l'Anjou anais ou le mohelien qui, au côté de notre mentor le président Azali, non seulement qu'il apprendra beaucoup d'expérience politique mais aussi incarnera une certaine notion plutôt qu'à l'insularité avant qu'on le remette le bâton du relais qui rassure. Seulement avant d'en arriver à ce stade, il faudrait plus qu'un mouvement pour réussir à convaincre le président Azali le garant de nos institutions.

Ali Djaé, ancien journaliste et directeur général de l'Ortc de 2001 à 2006

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