L'opposition Comorienne : Entre désunion chronique et rendez-vous manqués. Aujourd'hui, le camp Azali , en apparence soudé autour de lui, prépare ser.
L'opposition Comorienne : Entre désunion chronique et rendez-vous manqués
Dans toute démocratie digne de ce nom, l'opposition politique constitue un piller fondamental de l'alternance , de la transparence et du progrès.
Elle est censée incarner la voix des sans voix, canaliser les revendications citoyennes, et proposer une alternative crédible à l'exercice du pouvoir.
Pourtant, force est de constater que dans notre pays, cette noble mission continuellement compromise par les divisions internes, les égos démesurés et l'absence d'un projet collectif structuré .
En témoignent les scrutins présidentiels de 2019 et 2024 , où l'opposition, pourtant portée par un contexte politique favorable, a échoué à traduire, l'espoir populaire en victoire électorale.
En effet, si l'on peut reprocher le régime en place ses pratiques autoritaires, son verrouillage institutionnel ou sa gestion contestable des deniers publics , l'opposition n'est pas moins responsable de son propre échec.
L'incapacité a se fédérer autour d'un candidat unique, l'inertie stratégique et l'obsession pour la dénonciation au détriment de la construction d'un projet programmatique ont creusé sa tombe politique.
En 2024, alors que le pouvoir semblait chanceler sous la pression populaire et des contradictions internes du pouvoir, l'opposition avait une fenêtre historique. Mais, à défaut de construire une dynamique d'unité, elle a offert à Azali un boulevard pour sa réélection pourtant contestée, mais facilitée par la mésentente dans l'opposition.
Plus grave encore, l'opposition continue de se réfugier dans une rhétorique victimaire, arguant que les élections n'auront pas lieu ou seront volées, au lieu de se structurer en force d'action et de proposition. Ce refus d'anticiper, de planifier constitue une faute politique majeure.
Il ne suffit pas de dénoncer un système pour le faire tomber, encore faut-il proposer, une alternative crédible, incarnée par des femmes et des hommes crédibles capables de dépasser leurs intérêts personnels pour incarner une ambition nationale.
Aujourd'hui, le camp Azali , en apparence soudé autour de lui , prépare sereinement l'échéance anjouanaise de 2029 , avec les moyens de l'Etat et les ressources financières à disposition , l'opposition se perd dans les commentaires, les invectives et les divisions intestines.
Plutôt que de bâtir une caisse de solidarité pour faire face aux moyens illimités du régime. Elle reste spectatrice des dérives qu'elle prétend combattre. La politique ne pardonne pas l'improvisatio ni la dispersion.
Et dans un pays comme le nôtre où les défis sont nombreux, pauvreté, chômage et insécurité, corruption, les citoyens n'attendront pas indéfiniment que l'opposition se décide à parler d'une seule voix.
En agissant ainsi, elle trahit l'espoir d'un peuple qui aspire à plus de justice. Il est donc urgent, non, vital, que des discussions d'union se mettent en place, l'heure n'est plus aux ambitions personnelles, ni aux querelles d'ego.
Mais , à un projet politique et économique réaliste et d'un leadership consensusuel. Ce à ce prix qu'elle pourra reconquérir la confiance populaire et devenir une véritable alternative.
Comme le dit si bien le proverbe Comoriens , Dieu ne donne qu'aux cœurs unis. L'histoire , elle, n'appartient que ceux qui savent entendre l'appel du destin, et y répondre ensemble.
Par Daoud Halifa

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