L'Héritage Éducatif de Mouigni Baraka : Une leçon pour l'avenir des Comores. L'approche de Mouigni Baraka était à la fois globale et pragmatique. Il a
L'Héritage Éducatif de Mouigni Baraka : Une leçon pour l'avenir des Comores
Dans le contexte actuel de l'éducation aux Comores, les chiffres parlent d'eux-mêmes : des menaces de fermeture d'écoles, des résultats d'examens nationaux qui s'effondrent. C'est dans cette période de doute et de crise que se dessine l'importance de se souvenir de ceux qui ont su, par leur volonté politique et leur amour du savoir, tracer une voie de réussite. L'ancien gouverneur de Ngazidja, Mouigni Baraka Said Soilihi, incarne cette vision. Son action à la tête de l'île de Ngazidja a été un véritable catalyseur pour le système éducatif, démontrant qu'il est possible de faire de l'éducation la pierre angulaire du développement d'une nation, même avec des ressources limitées.
Le bilan de son mandat est éloquent et contraste fortement avec la situation actuelle. Il n'est pas question de simple nostalgie, mais bien de tirer les leçons d'un leadership qui a placé l'humain et l'avenir au cœur de ses priorités. C'est un message clair à l'intention de ceux qui, aujourd'hui, manquent de cette volonté politique.
Des réalisations concrètes et impactantes
L'approche de Mouigni Baraka était à la fois globale et pragmatique. Il a su identifier les leviers essentiels pour améliorer la qualité de l'enseignement et le quotidien des élèves, des enseignants et des parents.
* Soutien direct aux élèves et aux enseignants : Dès 2013, il a instauré la gratuité des fournitures scolaires pour tous les enseignants, puis pour tous les élèves des écoles primaires publiques de Ngazidja. Une initiative simple, mais ô combien significative pour alléger la charge des familles et motiver le corps enseignant.
* Protection et bien-être : Dans une démarche novatrice, il a mis en place une couverture santé pour les enfants scolarisés, une mesure qui témoigne de sa vision holistique de l'éducation. Il a compris que l'apprentissage ne peut se faire sans un corps et un esprit sains.
* Accessibilité et équité : La suppression des frais de scolarité et des taxes sur les diplômes, couplée à la distribution de manuels pédagogiques à coût symbolique, a rendu l'éducation plus accessible pour tous, sans distinction de revenus.
* Innovation pédagogique : L'intégration du « Kourassa » dans les écoles publiques et coraniques rénovées est un exemple de son engagement à préserver les traditions et la religion tout en modernisant les méthodes d'apprentissage.
Soucieux de l'avenir de la jeunesse de Ngazidja, le gouverneur Mouigni Baraka avait mis en œuvre des solutions éducatives concrètes, tant sur le territoire national qu'à l'international :
* Le développement de la formation professionnelle sur l'île : Le projet de l'école technique de Singani a formé des mécaniciens et électriciens automobiles pendant trois générations avant sa fermeture et son abandon après l'élection d'Azali Atoumani en 2016. En plus, le gouvernorat de ngazidja a pris une part très importante dans la construction de l'école technique de Djomani dans le Mboudé ( formation à la maçonnerie et plomberie) avec l'appuie de la coopération française. Cet établissement, qui forme toujours des jeunes en maçonnerie et en plomberie, témoigne de sa volonté de créer des opportunités locales et de combler le déficit de main-d'œuvre qualifiée à Ngazidja.
* L'accès à l'excellence à l'étranger : Conscient des limites des infrastructures locales, le gouverneur a activement cherché des partenariats à l'international. Il a notamment établi un accord avec la Côte d'Ivoire, via l'Institut Félix Houphouët-Boigny, pour permettre à des étudiants comoriens d'intégrer des universités et de grandes écoles ivoiriennes. Parallèlement, 40 bourses d'études ont été octroyées à des jeunes méritants, leur offrant la chance de poursuivre leur cursus supérieur dans divers domaines scientifiques en Côte d'Ivoire.
L'âge d'or des écoles publiques
Sous sa gouvernance, l'école publique a connu une véritable renaissance. On a assisté à une tendance inverse de celle d'aujourd'hui : les établissements privés perdaient des élèves au profit des écoles publiques, redevenues attractives et respectées. Le taux d'absentéisme des enseignants a chuté et la présence régulière des autorités éducatives a instauré un climat de sérieux et de discipline.
Les résultats d'examens nationaux de l'époque sont la preuve tangible de cette politique réussie. Les scores d'admission à l’examen de passage en 6eme de 2013 à 2015, avec des taux atteignant les 94,40%, sont des performances inégalées qui démontrent qu'une bonne gouvernance peut produire des résultats exceptionnels.
Un appel à l'action
L'héritage de Mouigni Baraka Said Soilihi n'est pas un monument du passé, mais un miroir pour le présent. Il nous montre que l'éducation ne doit pas être une victime des contraintes budgétaires, mais une priorité absolue. À ceux qui sont tentés de baisser les bras face aux difficultés, son bilan rappelle qu'il n'y a pas de fatalité. L'éducation est l'investissement le plus sûr pour l'avenir des Comores. C'est un appel à l'action pour une nouvelle génération de leaders, une leçon de courage et de vision pour reconstruire un système éducatif à la hauteur des aspirations de la jeunesse comorienne.
Aujourd'hui, face à la menace de la fermeture d'écoles et aux résultats médiocres des examens nationaux, il est impératif de se souvenir de cet héritage. Il nous enseigne qu'avec de la volonté, de la vision et de la rigueur, il est possible de bâtir un système éducatif solide et performant, capable de former la jeunesse et de propulser le pays vers un avenir meilleur. Cet hommage n'est pas un simple exercice de nostalgie, mais une leçon de leadership et un appel à l'action. Il est un rappel que l'éducation n'est pas une dépense, mais un investissement, le plus crucial de tous pour l'avenir des Comores.
Cette capacité à produire de tels résultats à l'échelle d'une île pose naturellement la question : qu'aurait-il accompli s'il avait été élu président de la république en 2016 ? Son mandat de gouverneur a été un laboratoire de réussite. S'il avait accédé à la magistrature suprême du pays, il aurait eu la possibilité de généraliser ses initiatives à l'ensemble du pays.
De BACAR Mmadi

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