L’été de la honte…encore une fois. Comme chaque été, la diaspora comorienne rentre au pays en masse, avec l’espoir de retrouver les siens, de renouer.
L’été de la honte…encore une fois
Comme chaque été, la diaspora comorienne rentre au pays en masse, avec l’espoir de retrouver les siens, de renouer avec la terre natale, et d’apporter, une fois encore, leur pierre à l’édifice national. Mais comme chaque année, c’est un retour amer. Chaque saison estivale porte son lot de douleurs, d’humiliations et d’indignités.
Aucune mesure. Aucun dispositif. Aucun effort de la part des autorités pour accueillir comme il se doit ces Comoriens de l’extérieur. Pourtant, ces hommes et ces femmes sont les poumons économiques du pays durant cette période. Mais au lieu de reconnaissance, ils sont accueillis dans le chaos.
Et que dire des promesses non tenues ? Où est donc cette compagnie aérienne nationale tant vantée par Djaé et Msaïdie ? Des promesses creuses, encore, comme toujours. La diaspora est abandonnée à elle-même, sans aucune structure, sans aucun cadre.
Cette année, c’est pire. Pire que tout ce que nous avons connu jusqu’ici. À l’aéroport, c’est un cauchemar éveillé. Un accueil infernal, digne des pires enfers. Plus de cinq heures d’attente. Des familles entières exténuées, des enfants qui pleurent, des anciens qui souffrent en silence.
Les bagages ? Livrés à eux-mêmes. Aucun contrôle. Chacun se débrouille pour retrouver ses valises dans un capharnaüm invraisemblable. Et si les valises qui se "perdent" étaient tout simplement récupérées par d'autres, dans l'indifférence totale ? Qui contrôle ? Qui répond de ces vols ?
À Naribarikishe Yi Komori, nous refusons de nous taire. Nous avons une proposition simple : que l’armée, qui ne sert hélas qu’à réprimer les manifestations ou les voix dissidentes, soit mobilisée à l’aéroport. Qu’on mette un peu d’ordre et de discipline dans ce chaos. Que l’on respecte enfin ces Comoriens de l’étranger, qui ne demandent qu’un accueil digne, un minimum d’électricité, de l’eau potable, un peu de considération.
Ils ne mendient pas. Ils donnent. Ils soutiennent l’économie comorienne de leurs mains, de leur sueur, de leurs sacrifices. Il est temps de leur rendre l’ascenseur. Ce n’est ni compliqué, ni coûteux. C’est une question de respect. D’honneur. De justice.
Toute ma solidarité va à ces Comoriens de la diaspora, venus en vacances au pays et qui subissent, encore une fois, l’incompétence d’un État absent, d’un pouvoir sourd, d’autorités méprisantes.
Assez. Trop, c’est trop.
Mahafidh Eddine

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