La hausse des droits de douane : un fardeau de plus pour le citoyen comorien. Aux Comores, le taux de chômage atteint des sommets alarmants. La vie de
La hausse des droits de douane : un fardeau de plus pour le citoyen comorien
Aux Comores, le taux de chômage atteint des sommets alarmants. La vie devient chaque jour plus chère, tandis que les maigres salaires peinent à suivre une inflation galopante. Dans ce contexte déjà difficile, on assiste pourtant à des vagues de licenciements massifs dans les sociétés d’État et les administrations publiques, aggravant la précarité de nombreuses familles.
Pendant ce temps, le gouvernement continue d’utiliser les recettes publiques pour financer des cérémonies festives et des voyages jugés inutiles, laissant le peuple supporter seul le poids des crises successives.
C’est dans ce climat de détresse que la Direction Générale des Douanes, par note de service du 23 juin 2025, a annoncé l’application, à compter du 1er juillet 2025, d’une mesure gouvernementale imposant des taxes supplémentaires (TC, AI, etc.) au cordon douanier. Cette décision entraîne une hausse des droits de douane à l'importation, ce qui se traduira inévitablement par une augmentation significative des prix à la consommation.
Dans un pays où presque tout est importé, et où les droits de douane varient déjà entre 20 % et 35 %, on se demande ce qui pourrait justifier une telle surtaxe supplémentaire de 15 %. Quel est le véritable objectif de cette mesure, si ce n’est financer davantage les fastes du régime ? Cette décision n’a ni vocation à protéger les consommateurs, ni à soutenir les producteurs locaux, qui eux-mêmes la rejettent fermement.
Quand d’autres pays comme les États-Unis choisissent d’augmenter les droits de douane, c’est généralement dans un cadre de protectionnisme économique : pour protéger leur industrie nationale et préserver leurs emplois.
Mais aux Comores, où l’industrie locale est quasi inexistante et où la population dépend presque entièrement des produits importés, une telle mesure est non seulement injustifiée mais profondément dangereuse. Elle ne peut qu’étouffer davantage le pouvoir d’achat déjà fragile des citoyens.
Les Comores, qui affichent déjà parmi les droits de douane les plus élevés au monde, ne peuvent plus se permettre d’alourdir encore la pression fiscale sur leur population, sans politique parallèle visant à développer intelligemment l’industrie locale ou à renforcer la protection sociale.
Il est important de se rappeler la véritable mission des douanes et de replacer les priorités nationales au service du citoyen, et non au service de la vanité politique.
Mohamed Abdoul Bastoi

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