Convoquer le peuple pour mieux l’empoisonner : assez de mascarades ! Il est temps d’arrêter de participer à cette mascarade. Le peuple comorien mérite
Convoquer le peuple pour mieux l’empoisonner : assez de mascarades !
Jouer avec la Constitution, c’est déjouer la République. Azali Assoumani a fait de cette pratique un art dévastateur. À chaque poussée de mégalomanie, il convoque des « assises nationales » sous couvert de cohésion, de réconciliation, d’évaluation ou de dialogue. Un décorum pompeux, des moyens colossaux, des journées de travail, des experts mobilisés, un épais livret de recommandations. Et au final ? Une seule urgence : la réforme constitutionnelle. Toujours orientée dans un seul sens : prolonger son maintien au pouvoir.
Ce stratagème n’est plus un secret. La répétition l’a rendu prévisible, presque banal. Or, c’est là le piège : à force de détourner le dialogue national à des fins personnelles, on décrédibilise toute idée d’un avenir commun réfléchi ensemble.
Les dernières annonces de « réconciliation nationale » ne trompent plus personne. Tout le monde comprend qu’il ne s’agit que d’un nouvel acte d’un théâtre politique où les courtisans se partagent les rôles, et où la population reste spectatrice d’un jeu de dupes. Une comédie sinistre où les loups du pouvoir se dévorent, pendant que le pays s’enfonce.
Il est temps d’arrêter de participer à cette mascarade. Le peuple comorien mérite mieux que d’être convoqué pour valider, à son insu, une ambition personnelle déguisée en projet national.
La vigilance citoyenne devient une obligation morale. Le refus de se prêter à ces jeux est un acte de salubrité publique.
Aujourd’hui, l’indignation doit se transformer en mobilisation. C’est en reprenant la parole, en refusant les faux dialogues, en dénonçant les manipulations, que nous redonnerons du sens à l’idée même de République. Le pays n’a pas besoin de nouvelles assises instrumentalisées. Il a besoin d’une vraie respiration démocratique. Et celle-ci ne viendra que du peuple.
Dini Nassur

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