Rumeur ou réalité ? La décision d'exclure les enfants ayant échoué à cet examen précoce pourrait bien, si elle est avérée créer un cercle vicieux d'ex
Rumeur ou réalité ?
Une information tourne actuellement sur des réseaux sociaux laissant croire que des mesures seraient envisagées par le ministère de l’Éducation Nationale visant les élèves échouant à l’examen d’entrée en 6ème. L'éducation est un droit fondamental, un pilier du développement personnel et sociétal. Cependant, une décision allant dans le sens contraire ne ferait que créer la polémique : l'interdiction pour les élèves ayant échoué à l'examen d'entrée en 6ème de poursuivre leur scolarité. « Ce choix », murmure-t-on viserait à rehausser le niveau scolaire. Mais il pose clairement la question de l'avenir des enfants concernés et des conséquences sur la société comorienne.
L'exclusion scolaire : Un cercle vicieux
La décision d'exclure les enfants ayant échoué à cet examen précoce pourrait bien, si elle est avérée créer un cercle vicieux d'exclusion. À l'âge de 9 ou 10 ans, ces enfants ne comprennent pas encore l'importance de l'école et se retrouvent, dès leur premier échec, coupés de toute opportunité éducative. Que deviennent-ils ensuite ? La plupart rentrent chez eux, sans accompagnement ni alternative, risquant ainsi de devenir des laissés-pour-compte. Quelles alternatives pour des enfants de tel bas âge ?
Les conséquences socio-économiques
Cette mesure ne fait pas qu'affecter les enfants ; elle pèse également sur les familles. Les parents, souvent déjà en difficulté financière, se retrouvent face à un dilemme : comment faire face à l'échec scolaire de leur enfant ? L'absence de solutions alternatives pourrait les pousser à abandonner totalement l'école publique au profit d'écoles privées sans pouvoir en assumer l’avenir, creusant ainsi encore plus les inégalités entre les couches sociales.
Une éducation Inclusive
Les enfants ne doivent pas être punis pour leurs échecs, mais plutôt guidés et soutenus vers leur réussite à l’école et dans la vie. Des dispositifs d'accompagnement, tels que des cours de rattrapage ou des programmes de tutorat, devraient être mis en place pour aider ces élèves à surmonter leurs difficultés. On ne fuit pas les problèmes en en créant d’autres encore plus graves.
La responsabilité des autorités et de la société civile
Les autorités doivent prendre conscience des conséquences à long terme de cette mesure. L'éducation est un enjeu majeur pour le développement économique et social du pays, et chaque enfant doit avoir la chance de réussir. La société civile, quant à elle, a un rôle crucial à jouer en sensibilisant les parents et les communautés sur l'importance de l'éducation et en proposant des alternatives viables pour ces jeunes.
L'avenir de ces enfants ne doit pas être compromis par des décisions hâtives. Au lieu d'exclure, il est temps d'inclure, d'accompagner et de soutenir. Les autorités, la société civile et les parents d'élèves doivent se mobiliser pour garantir à chaque enfant, indépendamment de ses résultats scolaires, le droit à l'éducation. En investissant dans l'éducation, nous investissons dans l'avenir des Comores.
Abdoulatuf Bacar

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