Des centaines de clients d'ONICOR arnaqués par Aby et ONICOR. En septembre 2024, ONICOR nous annonçait fièrement l'arrivée imminente de 6 000 tonnes d
Lettre anonyme d’un client d’ONICOR
Je prends ma plume, non pas par choix, mais par désespoir et par colère. Je suis un client d'ONICOR, ou plutôt, une victime parmi tant d'autres de ce qui est aujourd'hui devenu un véritable scandale national.
En septembre 2024, ONICOR nous annonçait fièrement l'arrivée imminente de 6 000 tonnes de riz. En pleine pénurie, nous avons tous cru à ce mirage. J'ai vidé mon fonds de commerce, contracté des crédits, et mes clients eux-mêmes ont emprunté auprès de proches pour investir. Nous étions sûrs : une semaine, et le riz serait là. C'est ce qu'on nous a promis. Mais cette semaine est devenue neuf mois d'attente, de silence, de mensonges.
Et quand, en décembre, une petite quantité a enfin débarqué, ce n'était que 25% de nos commandes. Du riz vert, de piètre qualité, invendable. Nos magasins sont pleins de sacs que personne ne veut. Nos portes sont fermées. Nos dettes s'accumulent. Nos familles souffrent.
Nos clients nous menacent. Les banques nous étranglent.
Mais ce qu'il faut dénoncer avec force, c'est la méthode utilisée. Jamais les précédents directeurs d'ONICOR n'ont osé jouer avec l'argent des clients. Avant, le riz était importé, arrivé au port, et ensuite seulement les ventes s'ouvraient. Mais ce nouveau directeur, sans scrupules, nous a menti en pleine face. Il a exigé des paiements anticipés sur une cargaison inexistante. Ce n'est pas de l'incompétence, c'est un crime moral.
Et le coup de grâce est tombé la semaine dernière : un appel de la Banque BDC. On m'informe qu'une nouvelle cargaison de riz ONICOR est attendue, et que les ventes se feront directement à la banque. Mais le plus choquant, c'est que c'est ONICOR elle-même qui a eu le culot de transmettre nos coordonnées à la BDC. Oui, les mêmes clients ruinés, humiliés, en dépression, aux magasins fermés, aux foyers brisés, sont recontactés pour acheter à nouveau le riz... qu'ils ont déjà payé il y a neuf mois ! Quelle audace | Quelle humiliation !
Ce nouveau directeur n'a pas seulement assommé les clients, il veut maintenant les achever en les mettant sur la touche et en cédant le reste du riz à une banque qui se transforme, sous nos yeux, en une institution commerciale. La BDC, au lieu de soutenir les entreprises en crise, devient revendeur officiel d'un produit financé par la sueur et les sacrifices de ses propres victimes.
Les autorités savent mais tout le monde se tait. Je les prends à témoin : ce silence complice alimente une colère populaire qui pourrait bientôt exploser. Ce riz, c'est le nôtre. Il ne peut pas être vendu à la BDC sans que justice nous soit rendue.
Il est encore temps d'éviter le pire. Que l'État agisse. Que le riz revienne à ceux qui l'ont payé. Que ce directeur réponde de ses actes devant la justice avant qu'il ne soit trop tard.
Un client brisé. Mais encore debout.

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