"Je ne suis pas d'accord avec la position de Me Fahmi Said Ibrahim". Tout d’abord, il est important de rappeler que les deux pays ne sont pas comparab
Je ne suis pas d'accord avec la position de Me Fahmi Said Ibrahim sur la question du commerce de détail.
En effet, l’idée d’imposer, comme en Tanzanie, des restrictions aux commerçants non nationaux dans le commerce de détail semble excessivement rigide et inadaptée dans le contexte comorien.
Tout d’abord, il est important de rappeler que les deux pays ne sont pas comparables. La Tanzanie compte environ 64 millions d’habitants, contre à peine 900 000 pour les Comores.
Ensuite, la Tanzanie bénéficie d’un niveau d’autosuffisance alimentaire élevé et joue un rôle majeur sur le plan agricole en Afrique.
Elle produit chaque année :
- 3 millions de tonnes de riz,
- 4 millions de tonnes de bananes,
- 2,5 millions de tonnes de patates douces,
- 4 millions de tonnes de maïs.
Un tel niveau de production lui permet, en effet, de justifier des restrictions dans certains secteurs du commerce de détail pour protéger ses intérêts nationaux.
Mais qu’en est-il des Comores ?
La production annuelle y est très inférieure. Environ 6 000 à 18 000 tonnes de bananes. Aussi une production très faible de maïs et de patates douces, non suffisante pour répondre à la demande locale.
Avec un tel niveau de dépendance alimentaire, peut-on réellement se permettre d’exclure les opérateurs étrangers du commerce de détail ? Je ne le crois pas.
Enfin, plutôt que d’imiter un modèle inadapté, il serait plus judicieux de développer une approche équilibrée, favorisant la cohabitation entre acteurs nationaux et étrangers, tout en renforçant les capacités locales dans les secteurs clés.
Dr Yhoulam Athoumani

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