Le masque du souverain : tragédie en un acte entre Paris et Moroni. Azali, tel un souverain dépouillé de son sceptre, se prête à la scène diplomatiqu
Le masque du souverain : tragédie en un acte entre Paris et Moroni
Au sommet de la Commission de l'Océan Indien, à Madagascar, un théâtre diplomatique s'est déroulé, où l’apparence et la réalité se sont entremêlées dans un geste aussi symbolique qu’il est vide de substance : Emmanuel Macron, en toute déférence, proposa l'intégration de Mayotte à cette organisation, tandis que le tyran sanguinaire Azali Assoumani, par un éclat d’hypocrisie, répliqua que Mayotte, inaltérable, demeurait comorienne. Si cette affirmation peut sembler, à première vue, une déclaration de souveraineté, elle cache sûrement un simulacre savamment orchestré, une danse macabre entre la France et ses exécutants locaux. La question n'est pas tant celle de la terre mais bien celle de la dignité des peuples, une dignité dont le masque semble avoir été forgé dans la fange de l’illusion et de la soumission.
Azali, tel un souverain dépouillé de son sceptre, se prête à la scène diplomatique avec des discours où la souveraineté semble incantée. Mais derrière ces mots, où se cache l’indépendance véritable ? Comment croire en la voix d’un homme censé incarner la volonté des peuples, lorsqu’il choisit, à la faveur des coulisses, de négocier avec son soi-disant « frère Macron » et se soumettre aux diktats d'un « partenaire » impérialiste ? Ce terme « partenaire » est une douce perfidie, un voile subtil destiné à masquer la réalité d’une dépendance honteuse. Car comment parler de souveraineté, quand l'on se résigne à négocier, loin des yeux du monde, pour mieux accepter les volontés du maître ? Et souvenons-nous de ses paroles, proférées à l’Assemblée générale des Nations Unies, où il aurait préféré, plutôt que de se battre pour la dignité des peuples comoriens, céder à la voie du compromis avec son partenaire colonial, la France.
Macron, stratège en diplomatie perfide, ne cherche pas à asseoir la souveraineté de Mayotte sur des principes nobles, mais bien sur des arrangements et des alliances tacites. Il comprend que Mayotte, dans cette danse, n’est qu’un pion dans un jeu plus grand, un jeu d’apparences. L’un demande, l’autre refuse, mais la confrontation réelle, celle qui pourrait briser les chaînes, reste indéfiniment suspendue. Le tyran sanguinaire Azali, comédien cynique, endosse le rôle du défenseur de la souveraineté, mais aucune action concrète ne vient soutenir ses mots. Il faut comprendre que cette façade diplomatique, bien qu’intellectuellement déplaisante, est là pour donner l’illusion de dignité et de résistance, tandis qu’en coulisses, la soumission est inéluctable.
Pourtant, les peuples des Comores, qu'ils soient Anjouanais, Mahorais, Mohéliens ou de Ngazidja-Comore, ne sont point dupe de ce théâtre. Ils savent que la souveraineté ne se proclame pas, mais se conquiert. La jeunesse éveillée, la diaspora consciente, perçoivent que la lutte pour Mayotte dépasse les frontières du langage diplomatique. Cette question est bien plus qu'une simple question territoriale : c’est un cri de résistance, un appel à la justice, un refus de la dépossession et de l'oubli. Les peuples comoriens ont vu leur territoire bradé, leur voix réduite au silence, et les actes de résistance, même les plus discrets, sont les véritables gages d'une nation en quête de rétablissement de son véritable destin.
Conclusion
Il est grand temps de déchirer ce rideau de fumée. Il ne s'agit plus d'une simple rupture diplomatique, mais d'une dénonciation farouche des accords léonins, tissés depuis 1978, qui ont emprisonné nos peuples dans des chaînes invisibles mais solides. Ces accords et cette coopération bilatérale, que l’on présente comme des gestes d’amitié, ne sont que des mascarades, des toiles tissées de fausses promesses. Elles ne sont que poudre aux yeux, une ruse pour maintenir les peuples comoriens dans la misère abyssale, dans la dépendance et dans le mépris. Que dire de la corruption des élites politiques comoriennes, complice et cynique, qui se sont faites complices d’un système d’exploitation ? Cette coopération factice n’a servi qu’à étouffer la potentialité de nos îles, et à laisser prospérer l’occupation sous des airs de partenariat.
Il est temps de secouer ces liens de servitude. Nous devons rompre avec ce simulacre, et réécrire notre histoire avec la force de notre détermination. Il est impératif de réactiver le Comité ad hoc des sept pays de l'OUA, pour défendre sans relâche l'intégrité des frontières de notre archipel, un archipel unifié, composé de ses quatre îles : Ngazidja-Comore, Anjouan, Mayotte et Mohéli. Ce n’est pas à travers des discours diplomatiques vides ou des concessions masquées que nous trouverons notre place dans le monde, mais à travers l’affirmation résolue de notre souveraineté, la fermeté de notre volonté collective, l’inébranlabilité de notre révolte.
L’histoire ne se trace pas dans les salons feutrés où se murmurent les compromis, mais dans les rues, les rassemblements populaires, dans les luttes quotidiennes pour l’autodétermination. La souveraineté des peuples ne réside pas dans des déclarations solennelles, elle se forge dans l’âme même d’un peuple, dans l’étreinte inaltérable de sa dignité, de sa liberté, et de son égalité. Nous devons agir avec la certitude absolue que notre indépendance n’est pas négociable. Si le monde se détourne de nous, refusant de nous entendre, alors nous élèverons nos voix avec une telle force que même les murs les plus épais finiront par céder.
Nos peuples, unis dans la beauté de leur diversité, portent une voix claire et indomptable. Elle résonnera jusqu’à ce que l’on reconnaisse enfin notre lutte, notre dignité et notre place dans l’histoire.
Anli Yachourtu JAFFAR
24 avril 2025

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